F. IJosc, op. cit., 8G
250 UN CAS DM.l.OCllIIUE
la prodiiclion de rallochirio, pnisfjuc celle-ci ne s'est développée cpi'ii la suite de ces lésions, (^iiand il s'afrit d'allochirie hystérique, connue dans (juelques-uns des cas précédents, dans une observation de M. Bosc et dans celle de M., il est i)ien évident que l'altération cérébrale, quelle qu'elle soit, qui constitue l'hystérie, détermine également l'allochirie. Mais n'est-ce pas là nne explication bien vague et sans aucune utilité?
C'csl ([u'il est dillicile dans cette voie d'aller j)lns loin, car on ne se préoccupe aucunement des lois de la localisation normale qui devraient pourtant être le point de départ de l'explication. C'est aussi que l'on part d'une véritable pétition de principes qui serait celle-ci : Toute localisation fausse suppose une déviation des courants nerveux qui se rendent de la périphérie h l'encéphale et cette déviation doit avoir sa raison d'être dans la partie inférieure de leur trajet, dans la moelle, dans le bulbe ou dans les fibres de projection du cerveau. Rien n'est moins prouvé ; toutes les illusions, toutes les hallucinations réclament-elles une pareille modification.' Ces phénomènes comme les perceptions et les localisations elles-mêmes dépendent d'une opération psychologique plus ou moins compliquée et par conséquent d'un travail coitical très conqilexe, dans lequel interviennent très certainement plusieurs régions du cerveau et non uniquement celle à laquelle aboutit la fibre périphérique excitée. On n'explique donc pas l'allochiiie en supposant simplement et, dans la plupart des cas d'une manière tout h fait arbitraire, un changement de direction dans les fibres neiveuses qui se rendent aux hémisphères ; il faut d'abord chercher la nature du fait psvchologique qui se produit et ensuite, si c'est possible, la localisation anatomique de ce fait qui sera probablement toute autre qu'on ne le supposait a priori. C'est cette méthode d'interprétation psychologique dont je soutenais la nécessité dans une première communication en 1800. .le suis heureux de ietr(uiver la même méthode dans un article intéressant de M. llead, sur la localisation de certaines douleurs viscérales à la surface de la peau. « La localisation d'une sensation, dit-d, n'est pas uniquement un phénomène physique, mais un [)héiiomène psychique. Elle ne dépend pas du nombre des fibres ou des cellules... mais c'est un phénomène d'association', »
1. Hcnrv Hcad, On cHslurhanccs ol' seiisaliuii uilli cs|)ecial rclcrencc lu llic l'ain of viscéral disoase. liraiii, 189IJ, p. i2i.