‹ Nérvoses et idées fixesChapitre 87 sur 326 · Oj!. cit.. j). 145 et clinj). iv do cet ouvrage · texte numérisé non relu

Oj!. cit.. j). 145 et clinj). iv do cet ouvrage

STICMATES HYSTÉRIQUES

docello-lh mais plus curieuse. L'efiPort d'attention visuelle amenait un trouble non pas uniquement subjectif mais objectivement aiipréciable dans l'aspect des yeux de la malade. Les veux ont d'ordinaire un aspect normal, dirigés parallèlement avec des pupilles de grandeur moyenne, la pupille droite presque toujours plus petite que la gauche, quel que soit l'éclairage.

Quand le sujet fixe un objet pendant quelques instants, nous constatons trois modifications : 1'^ les deux yeux convergent dune manière exagérée jusqu'à se placer fortement en strabisme interne, l'œil droit plus encore que l'œil gauche ; 2" les pupilles se resserrent, et dans les deux yeux elles deviennent punctiformes ; 3° enfin la malade se plaint que l'objet considéré devient tout petit

FiG. 30. — \. les yeux de Justine à l'état normal, d'après une photographie, la pupille droite plus petite que la pupille gauche. B. aspect des yeux de Justine au moment du spasme de la convergence, d'après une photographie des veux à ce moment.

et s'éloigne démesurément, elle étend le bras pour le toucher bien au delà de sa position réelle. On admet en général, et c'est l'opinion soutenue par M. Parinaud que cette apparence d'éloignement et de petitesse, cette micropsie est liée à un spasme de l'accommodation, une contracture du muscle ciliaire. Nous notons donc trois phénomènes simultanés, strabisme interne, nivosis et spasme de l'accommodation. Les yeux prennent alors un aspect bizarre dont on peut se faire une idée parla seconde partie de la figure 30. Je remercie vivement ^I. le D"^ Vincent de l'oblioeance avec laquelle il a bien voulu dessiner cette figure d'après deux photographies.

.j-< UN CAS D'IIKMIANOI'SIK IIYSTPJUQUE

M. l'niiiKUid a smloiil étiuliélc plu'iioiiiriic inverse, \\\ paralysie de 1(1 rorn'('rm'nce\ ([ni est fréquciil eliez les hystériques; ii propos (le sujets (lui seinl)l<Mil présenter de la yM/<7///.S7V' <^/e /« divergence, il iii(li(nii^ la possibilité iliine contracture de la com>eri:;ence. Dans une autre élude' il signale avee plus de pr<'eision des cas où eell(^ eoulracture »^st manifeste : il insiste avee laisoii sur la diiilopie binoculaire (jui eu résulte. Cette diplopie ne se luanifeste chez notre malade (jiu- dillieilement, d'abord parce que le strabisme est extrême et ensuite parce qu'elle fait abstraction des inuK'-es iourni<'s par un œil. Sauf sur ce poiut l'observation de Justine est analogue à celles publiées par M. Parinaud, elle me semble seulement plus complète, car au spasme de la couvfMgence qui est extrême s'ajoutent non seulement le spasme de l'accommodatiou mais encore le myosis.

Il est facile de remarquer que ces trois phénomènes existent chez l'homme normal qui fait un etFort d'attention visuelle, les veux convergent, les pupilles se contractent et le cristallin s'accommode; mais ici il v a une exagération énorme de ces phénomènes qui, une fois commencés, se développent démesurément et persistent malgré la volonté du sujet. En effet, ce spasme peut persister chez elle, et nous l'avons vu se prolonger une demiheure. Tout d'un coup le malade sursaute, pousse un cri en portant les mains à ses yeux, c'est que le spasme s'est défait brusquement, et cette cessation cause une grande douleur dans les muscles de l'œil. Le même phénomène oculaire se produit quand il V a attention auditive, ou même attention intellectuelle. Comme toujours on note dans l'hvstérie une dissociation des centres et des fonctions qui s'exercent isolément l'une de l'autre, c'est la fonction de la convergence et de l'accommodation oculaires dans l'attention qui ont pris une sorte d'indépendance pour produire ce spasme de la convergence.

Le trouble précédent est loin d'être constant chez notre malade, il est plutôt rare, car d'ordinaire elle est bien loin de faire des efforts de convergence exagérés, elle présente au contraire un autre trouble de la vision tout à fait inverse (|ue j'ai étudié autrefois sur elle avec l'aide de M. Parinaud.

1. II. Piirituiiifl, l'aral\sisof llie movcmeiit ol' llio convergence of Ihe cves. Brain, [)ntt. \\V, 18H6.

2. H. Parinaud. Paralysie et contracture de la cniiver^ence, 1890.

Elle manque presque complètement, surtout clans les périodes de fatigue, de la vision binoculaire. Quoique les deux veux soient ouverts et que chacun d'eux soit capable de voir si on l'examine isolément, les images iournies par les deux yeux ne fusionnent pas, et la malade n"a en réalité que la vision monoculaire alternante ; elle voit tantôt d\in œil tantôt de l'autre, et de préférence elle voit par Tœil gauche. Je ne puis étudier ici chez elle cette absence de vision binoculaire qui nous entraînerait trop loin. M. Parinaud disait fort bien, comme vous le savez, que la vision monoculaire est la vision animale, tandis que la vision binoculaire est la vision proprement humaine et que chez les déoénérés celleci disparaît pour ne plus laisser subsister que la vision élémentaire, animale. J'ai essayé de montrer aussi que cette vision binoculaire demande dans l'esprit un effort de synthèse, un fonctionnement cérébral supérieur, et que l'absence de cette synthèse caractérise tous les phénomènes hystériques *. Vous n'êtes pas surpris de voir ce trouble de la vision juxtaposé au précédent. Les hvstéri(pies semblent avoir le monopole de ces contrastes, elles unissent fort bien les paralysies et les contractures qui sont d'ailleurs des phénomènes fort voisins l'un de l'autre. Si la fonction s'exerce indépendamment, comme je vous le disais, le sujet en perd la libre disposition. Aussi ne devez-vous pas être surpris de voir la même malade présenter des spasmes de la convergence, quand elle est d'autre part incapable d'exercer la vision binoculaire.

Quoi qu'il en soit, cette perte de la vision binoculaire est à retenir, car elle explique un des caractères embarrassants de l'hémiopie que nous considérons. En effet, vous avez déjà été frappés d'un fait curieux, c'est la contradiction au moins apparente entre le langage de la malade et l'examen objectif des champs visuels. La malade se plaint en entrant de ne voir que le côté gauche des objets, vous avez tout de suite pensé à une hémianopsie homonyme du côté droit et vous vous attendiez à trouver le schéma du champ visuel également rétréci des deux côtés droits. Au lieu de cela, c'est une hémianopsie nasale que nous présente le schéma. Je ne puis pas vous prouver le fait par un exemple, car les cas d'hémianopsie nasale sont rares; mais je ne crois pas qu'une hémianopsie nasale donne au malade, quand^les deux yeux sont ouverts, la sensation d'une hémianopsie droite. Le malade devrait bien plutôt, à

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