lie^ue /}hilosoi)Ii/(/uc, février 189'i, p. Ii
070 UN (AS IVIII-.MIWOPSIE HYSTÉRIQUE
mon ;nis, voii- le cùlt' droit cl le côté guuche des objets, mais être o-tMié par une bande phis ou moins sombre qui eaeherait leur milieu. La déclaration de notre malade est donc au moins singulière.
Eh bien, c'est, à mon avis, le trouble précédent de la vision binoculaire qui détermine l'apparence que prend ici l'hémiopie ; car la malade, quoique ayant les deux yeux ouverts, ne perçoit en réalité que les sensations de l'œil gauche et fait abstraction de celles de l'œil droit. Le phénomène de Thémianopsie s'accompagne donc ici d'un phénomène hystérique intimement lié avec lui.
Nous n'avons pas terminé ce qui a rapport à cette importante fonction de la vision binoculaire. Dans les rares circonstances où la malade fait fonctionner ses deux yeux elle éprouve un trouble nouveau ({ue vous devinez d'avance, elle voit double. C'est ici la fonction de fusionnement des images, comme dirait M. Parinaud, ([ul disparaît à son tour.
A côté de cette diplopie binoculaire s'en présente une autre plus dilllcile à interpréter, la diplopie monoculaire. Je ne puis entrer ici sur les discussions que comporte l'interprétation de ce fait. Vous savez que M. Parinaud le rapporte exclusivement au spasme de l'accommodation. Cela me paraît en partie vrai: ce spasme existe chez Justine, son amplitude d'accommodation est de moins d'une dioptrie; au point pour lequel les yeux de ces sujets sont accommodés, la diplopie monoculaire disparait j>our reparaître en deçà et au delà. En deçà, elle sera supprimée par l'usage d'un verre positif, au delà, par celui d'un verre négatif; chez une autre malade, Ma., la diplopie monoculaire disparaît simplement par l'usage d'un lorgnon. J'ai cependant soutenu avec d'autres auteurs que ce spasme n'était qu'une des conditions du phénomène. Ce spasme rend les sensations visuelles troubles et confuses, mais il faut, le plus souvent, admettre en outre une certaine modification cérébrale qui détermine une interprétation particulière de ces sensations insuffisantes'. La façon au moins slngulièie dont la diplopie monoculaire s'est présentée chez notre malade dans ces derniers temps me paraît confirmer cette hypothèse.
Voici comment Justine décrivait il v a quelques mois ses im-