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Archives de neurologie, mai

?«•,' IN CAS DIU'MI WOPSIE llYSTKIllOrF

clroilt', nous démontre (jifil s'agit là d un troul:)l(' de la perception personnelle, d'une anesthésie d'assimilation, en un mot, d'une aneslhésie hystérique.

V.h l)icn, les choses se passent exactement de la même manière pour les veux. Les deux yeux ouverts, la malade me regarde et déclare ne voir ([ue le côté gauche de ma figure (par rapporta elle), « le côté droit, dit-elle, est invisible ». J'approche doucement, ou bien une autre personne approche un petit morceau de papier blanc de nu)n front. Au moment où ce papier touche mon front ;i droite, le bras de la malade se lève quoi qu'elle déclare n'avoir

Liiiiilc (lu champ visuel conscient, visuel subconscient.

Limite du champ

rien vu. (^'est la même expérience et elle a, à notre avis, la même conclusion.

Cette expérience peut être faite avec plus de précision en usant du périmètre. Grâce ii des suggestions appropriées qui déterminent des mouvements subconscients quand des papiers blancs ou même de couleur sont visibles sur le périmètre, on peut déterminer chez cette femme le champ visuel subconscient et il est intéressant de le mettre en parallèle avec le champ visuel conscient qui est, comme vous savez, hémiopique ffig. 33).

Cette expérience est démonstrative, elle nous montre la persistance des sensations subconscientes malgré l'anesthésie rétiniennc et démontre la nature hystérique de cette hémianopsie.

Une notion importante résulte donc de cette longue démonstration. De même que l'hémianopsie peut se présenter dans la neiiiiisthr-iiic (l)éjerine et V'ialet), elle peut aussi se présenter

dans l'hystérie et dans ce cas ce symptôme, comme le disaient déjà MM. Déjerine et Vialet, n'a pas d'autre signification diaonosti(iueet pronostique que celle du rétrécissement concentrique du champ visuel.

5. — Influence des idées sur le champ visuel, idée fixe du trouble unilatéral de la vision.

Cherchons donc maintenant, en restant dans le domaine des phénomènes hystériques, à expliquer par ([uel mécanisme un tel symptôme a pu être réalisé. Sil s'agissait d'une hémiopie homonyme véritable, on serait justement tenté de chercher une explication anatomique et de rattacher le symptôme à un épuisement particulier de l'un des lobes occipitaux, épuisement fonctionnel qui ne supprimerait pas la sensation élémentaire comme ferait une destruction de ce lobe, mais qui supprimerait la conscience, la perception personnelle. Cette hypothèse et sa discussion pourraient être intéressantes. Mais j'avoue que dans ce cas, en présence d'une hémianopsie nasale de cette nature, une localisation anatomique du trouble singulier qui préside à sa formation me paraît bien audacieuse. Remarquez en effet que les troubles affectant une moitié du champ visuel n'ont jamais été chez cette malade homonymes pour les deux yeux, la moitié atteinte a toujours été la moitié droite pour l'œil gauche, la moitié gauche pour l'œil droit ou bien tout le champ visuel pour l'aMl droit. Il y a probablement un trouble dans le fonctionnement des centres occipitaux, surtout dans l'hémisphère gauche; mais quel est-il ? Comment peut-il produire les phénomènes que nous constatons ? Commençons par exprimer les faits avec le plus de précision possible dans le langage psychologique, c'est-à-dire par les décrire tels (pi'on les observe; il sera toujours facile plus tard de les traduire en langage anatomique. Il est surtout utile pour préciser les faits de bien déterminer ce qui, dans chacun d'eux, dépend des idées, des interprétations du sujet qui jouent, comme vous le savez, un si grand rôle. En éliminant ces apparences surajoutées ([ui, chez les hystériques surtout, compliquent toujours les symptômes, nous réduirons les faits à leurs caractères essentiels et nous préparerons leur localisations anatomique.

284 UN CAS D'Ill'MIANOI'Slp; HYSTÉRIQUE

Il est inconlcslnhlt^ ((iio los idées fixes, les émotions persistantes, nciivent jouer un lôle dans l'étendue et dans la fixation des limites du ehainp visuel. On n'a pas eneore décrit beaucoup de cas dans lesquels la forme du chanjp visuel ail été déterminée par les idées des malades, mais c'est peut-être que l'attention des observateurs n'a pas été attachée sur ce point. Permettez-moi de vous rappeler un fait qui m"a paru frappant et que je retrouve dans mes notes. Une malade, (lu..., à la suite de divers incidents (elle a vu le cercueil de son père entouré de fleurs rouges), a conçu une horreur invincible pour la couleur rouge. C'est là un fait fréquent chez les hystériques qui ont des associations d'idées extrêmement tenaces et puissantes quoiqu'elles ne s'en rendent pas toujours compte. Si on force ("lU... ;i legarder trop longtemps une couleur rouge, elle a une atta(jue d'hystérie dans laquelle elle voit encore le cercueil, les fleurs rouges, etc. En prenant des précautions, on peut déterminer

F IG. o4. — Cliiiinp visuel de (iii.

LimiU' (lu cliaiiip visuul pour la couleur blanchi

Liiiiilt! du cliamp visuel pour la couleur rouge.

chez elle le champ visuel conscient pour le jjlanc et les limites de ce même champ visuel pour le rouge. On constate alors que le champ visuel du blanc est fortement rétréci concentri([uement, tandis (jue le champ visuel du rouge est beaucoup plus grand que celui du blanc, presque normal du côté gauche (fig. 34). Cette persistance du champ visuel rouge en dehors de celui du blanc n'est dû évidemment (|u'à l'altenlion particulière attachée par la malade ;i cette couleur; et le champ visuel est évidemment ici modifié par l'idée fixe par l'émotion svsténuitique.

Nous j)ouvons arrivci- ;i la même notion au moyen des expé-

riences de suggestion. Je ne vous ai pas encore parlé des effets de la suggestion sur le champ visuel, car ces expériences ne servaient à rien pour établir le point délicat en question h savoir la nature hystérique du phénomène. Qu'un phénomène puisse être reproduit par suggestion, cela ne prouve en aucune manière qu'il est toujours de nature hystérique ; on a pu reproduire des vésicatoires par suggestion. Il faut démontrer la nature hystérique d'un phénomène par l'analyse même du fait indépendamment de ses reproductions ou imitations expérimentales. Mais, la nature hystérique du phénomène étant déterminée, on peut étudier les effets de la suggestion pour comprendre le mécanisme de sa production, pour voir si les idées peuvent jouer un rôle dans son évolution. C'est bien ainsi je crois que procédait Charcot dans ses analvses célèbres des cas de monoplégie brachiale hystérique.

Si nous étudions donc les effets de la suggestion sur le champ visuel, nous arrivons à un résultat facile à prévoir. Vous savez qu'en réalité la sensibilité rétinienne n'est pas supprimée dans l'hystérie, mais seulement troublée d'une manière particulière. Il est donc vraisemblable que suivant la direction de leur attention, suivant les idées qui modifient leurs perceptions conscientes, leur champ visuel peut se modifier de bien des façons. J'ai déjà montré, comme beaucoup d'auteurs, qu'il peut s'élargir énormément et redevenir momentanément normal, qu'il peut se rétrécir aussi par suggestion, se réduire à un point et même disparaître dans Tamaurose complète. Tout cela est incontestable.

Peut-on maintenant le déformer d'une façon plus irrég-ulière, en supprimer seulement une partie. Je vous rappellerai seulement à ce sujet une expérience bien connue, celle des anesthésies svstématisées. On peut par suggestion fiiire disparaître telle personne, tel objet même considérable ; n'est-ce pas en réalité supprimer une partie plus ou moins considérable du champ visuel, faire en sorte (jue le sujet ne voie pas ce qui est à sa droite ou h sa gauche. Si ces expériences sont possibles, il doit être également possible de supprimer par suggestion directe la moitié du champ visuel.

C'est d'ailleurs ce que l'expérience vérifie très facilement. J ai suggéré à une hvstéri([ue qu'elle était devenue à moitié aveugle d une manière singulière, (pielle ne voyait plus que la moitié des objets. Le fait s'est parfaitement réalisé, autant du moins (pie 1 ou pouvait le constater par son attitude et son langage, car un plié-

•?S(; UN CVS I)I1KMI\N0I>SIK IIVSTKrilQUF

nomt'iu" siihicclir comme la porcoption des objets ne peut pas se constater autrement. Mais, dira-t-on, cette hémiopie n'est pas constatée par des procédés ol)jectifs, par Texanien objectif, c'est là un mot (jue jai souvent vu em|doyé à propos de l'examen du champ visuel, l^ntendons-nous, l'examen du champ visuel par le procédé du périmètre n'est pas du tout un examen objectif, un examen physique dans lequel les sentiments subjectifs du sujet ne jouent aucun rôle, tel (ju'est, par exemple, l'examen du fond de l'œil. C'est toujours une interrogation du sujet qui est simplement un peu plus j)réeis('. l'^h bien, riiémianopsie suggérée se constatera

FiG. .jI). — Hcniianopsie droite homonyme déterminée par suggestion cliez Bri.

par l'examen au périmètre, si la suggestion est donnée avec assez de précision ; deux fois j'ai constaté des hémiopies suggérées que je pouvais parfaitement relever au périmètre et dont je donne ici un exemple (fig. 3.5). Cette dernière constatation répond donc à la question que nous nous sommes posée ; oui, le champ visuel peut être modifié par les pensées, les émotions du sujet et une hémianopsie peut être réalisée par idée fixe, quelle que soit d'ailleurs la modification inconnue (|ue la suggestion, l'idée ou l'émotion d(''t('rminciit dans les centres occipitaux.

Mais en est-il bien ainsi dans le cas de Justine? Quelle est la singulière idée fixe «[ue plus ou moins consciemment cette personne peut avoir eue relativement à un fait aussi peu habituel. Il est l)ien dilfieile de rien pi-éciser, je me garde sur ce point d'aucune alfirniation et je me borne à vous proposer quelques remar([U('s.

Le fait principal, ne l'oublions pas, c'est l'hémianopsie droite, la perte de la vision du côté droit qui se manifeste soit dans la vision monoculaire par l'œil gauche, l'œil le plus valide, soit même dans la vision binoculaire, car dans cette vision binoculaire l'œil droit est annihilé. Or le côté droit est celui qui depuis fort longtemps a été atteint de tous les troubles les plus marqués. L'œil droit surtout dont nous avons encore peu parlé, a présenté et présente un ensemble de troubles fonctionnels extrêmement curieux.

Cet œil droit présentait autrefois, à de certains moments d'une manière complète dans toute l'étendue du champ visuel, les troubles que nous avons notés dans la moitié droite du champ visuel de l'œil gauche. 11 a présenté de la macropsie, de la micropsie, de la diplopie monoculaire (quelle que soit l'origine de ces phénomènes dont nous n'éludions pas aujourd'hui le mécanisme). Aujourd'hui cet œil droit voit de moins en moins, il présente dans toutes ces fonctions des troubles fort graves en rapport, cependant, avec l'état hystérique. Le plus net est le resserrement de la pupille, le myosis. La pupille droite est presque toujours plus petite que la gauche. Les réflexes pupillaires de l'aMl droit sont aussi altérés, car la pupille ne se décontracte pas dans l'obscurité, elle reste toujours en contraction exagérée ; c'est un trouble des réflexes par spasme plutôt que par paralysie. Cette exagération du réflexe pupillaire à la lumière est d'autant plus singulière qu'elle s'accompagne non d'une augmentation de la sensibilité rétinienne, mais d'une diminution considérable de l'acuité visuelle. Quoi qu'il en soit, cette inégalité pupillaire, ce myosis, ce trouble des réflexes, enfin l'hémianopsie dont se plaint la malade ; voilà un ensemble de symptômes qui, s'ils n'étaient pas analysés avec soin, éveilleraient tout naturellement la pensée des plus graves lésions encéphaliques. Le cas pourrait être ajouté à ceux qui ont été si bien étudiés dans la thèse de M. Souques. II s'agirait cette fois de syndromes hystériques simulateurs des affections encéphaliques.

Il ne s'agit d'ailleurs que de simulation, comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire remarquer '. Un examen attentif, que M. Sauvineau a bien voulu faire de cette malade, démontre qu'il n'y a aucune lésion du fond de l'œil. Tous ces symptômes, même les troubles pupillaires, sont transitoires. Le myosis augmente, les

1. Pierre .Tanet, Ro\'ue phllosopliique. février 18'Ji, p. I'i8.

•?8S IN r.\S DMIl'MIANUI'SIK IIYSTI^IHIQUE

|);ii(Mits (le la malade Tavaionl tl(''jà rem arqué depuis longtemps, (luaiul .lustiiu- est plus louriiientée par ses idées fixes. D'autres Ibis j'ai souvent constat»' <[ue, à la suite des suggestions qui elVaçaient les idées fixes, ;i la suite de sommeils un peu prolongés, (lui diminuaient l'épuisement cérébral, cette inégalité pupillaire disparaissait complètement. Ce ne sont là que des phénomènes hystériques de la même nature que ceux qu'il nous reste encore à signaler dans l'o'il droit.

Cet œil présente au plus haut point les troubles de l'accommodation (lui ont été si bien étudiés par ÎNI. Parinaud. Ce spasme de l'accommodation est difficile à observer et donne lieu h bien des contestations singulières, souvent même contradictoires. En efiet, il suffit dapplicjuer un verre sur les yeux de la malade pour produire une émotion, une suggestion si vous voulez, qui modifie tous les phénomènes. Il est probable que ces troubles de l'œil droit ont pour origine une infériorité réelle de l'œil droit, une mvopie qui existait je crois antérieurement aux phénomènes nerveux. Vous ne serez pas surpris de ces infériorités locales, de ces asvmétries organiques que M. Raymond nous signale si souvent chez les malades rangés sous le nom de dégénérés. Cette infériorité a-t-elle facilité une localisation de l'épuisement cérébral sur les centres de l'onl droit dans les deux lobes occipitaux. C'est une supposition vraisemblable peut-être sur laquelle il est difficile d'insister. Quoi qu'il en soit, tous ces troubles ont rendu peu à peu la vision difficile et à peu près impossible par l'œil droit.

Ajoutez à ces remarques sur les tronbles présentés par l'œil droit que toutes les autres sensibilités de ce c(îté sont également altérées, je ne fais que vous rappeler l'anesthésie tactile et musculaire, l'absence du goût et de l'odorat, enfin la surdité prestjue complète de l'oreille droite. La malade qui a été bien souvent examinée et qui a fini par remarquer avec tristesse tous ces troubles qui siégeaient du côté droit, s'est fait toute une théorie sur les malheurs de ce C()té droit : (( C'est le côté mauvais, le côté malheureux, » dit-elle. Par une illusion naïve, elle attribue aux objets eux-mêmes cette sorte de malédiction : a C'est ennuyeux, dit-elle, mon j)iano est mauvais du côté droit, tandis (ju'il est bon du côté gauche ». N'est-il pas possible (jue notre malade ait été plus loin dans le même sens jus(|ir:i se dire cjue le côté droit des objets était mal vu, devenait invisible ? N'est-ce pas là ce qui s'est passé (juand la malade attribuait au côté droit des objets même vus

uniquement par l'œil gauche, tous ces troubles, macropsie, micropsie, diplopiequi dépendaient en réalité de l'œil droit seul. Cette pensée d'abord vague, qui troublait peu la vision normale, serait devenue une idée fixe au moment de l'affaiblissement causé par les hémorragies de la ménopause et elle se serait manifestée par une hémianopsie droite.

Sans doute on pourra demander pourquoi toutes les livstériques hémianesthésiques à droite n'arrivent pas par le même raisonnement à l'hémianopsie droite. Sans insister trop sur une semblable discussion, je vous dirai qu il est rare de voir tant de troubles persister si longtemps dans un œil du même côté, que ces troubles ne sont pas d'ordinaire aussi remarqués, aussi étudiés par la malade, qu'il n'y a pas toujours en même temps une prédisposition aussi forte aux idées fixes. En un mot un ensemble de circonstances qui sont d'ordinaire rarement réunies, ont préparé cette malade à cette idée fixe peu ordinaire et ont réalisé le symptôme qu'elle présente.

Reste, direz-vous, l'hémianopsie gauche pour l'œil droit, qui semble toute différente. Nous remarquerons d'abord qu'elle ne se manifeste que peu dans la vision normale binoculaire puisque la malade ne se sert pas de cet œil. Elle ne se manifeste qu'au moment où l'on examine l'œil gauche. Elle est, à mou avis, la conséquence logique de l'idée précédente. Si l'œil gauche ne voit que le côté gauche des objets, 1 œil droit ne doit voir que le côté droit des objets, chaque œ'il voit de son côté. C'est encore un résultat de cette logique subconsciente passablement niaise qui est un des grands caractères des idées fixes.

D'une manière générale, dans son ensemble, l'anesthésie hystérique n'est pas le résultat d'une idée fixe, elle est la manifestation d'une réduction de la pensée, d'un rétrécissement de la conscience personnelle. Cette diminution psychologique doit correspondre à une diminution de l'activité cérébrale dont la nature est difficile h préciser actuellement. Cette activité semble être réduite dans son ensemble, comme si la quantité totale de force nerveuse disponible était restreinte. Elle peut encore provoquer l'éveil ou le fonctionnement de chaque centre, mais elle ne peut plus en éveiller plusieurs à la fois. C'est pourquoi je suis plus disposé à placer la lésion primitive dans les centres d'association et à considérer comme secondaire l'inertie des autres contres. S'il en est ainsi, les sentiments, les idées du sujet auront la plus grande in-

îno LN (;\s DiiiMi vNorsii; insTi-UKjLK

lliKMU-c sur la r(''|):ntiti()ii de l'activitr (iiii roslc dispouihic' ; les suggestions et les liléos fixrs, {|ul ne créent pas l'anesthésie de toutes pièces |)envenl fort bien déteiniiner dans des cas particuliers ses limites cl ses localisations, surtout lors([ue celles-ci sont précises el sin^uiicrfs. On ton\l)erall dans bien des errcuis, si l'on niait rinllucnc(> îles suggestions maladroites, des idées des sujets dans la répartition de leur engourdissement cérébral et dans la ilistribntion de leurs stigmates. Il est facile de remar([uer cetti^ influence de la suggestion même sur cette héniiopie actuelle qui est cep(Midanl spontanée. Depuis que l'on examine Thémiopie de Justine, 11 me semble qu'elle s'est précisée encore, la vision est devenue plus nette, plus large du côté gauche, le rétrécissement concentrique a disparu de ce côté, la vision est devenue plus nulle du côté droit, où elle ne dépasse plus que très peu la ligne médiane. Si je n'avais pas pris moi-même le champ visuel tout au début, si je ne lavais [)as fait prendre au même moment par M. l*arinaud, je craindrais vraiment d'avoir affaire maintenant à un phénomène suggéré. Eh bien, cette influence (|ue la suggestion a actuellement encore sur cette hémlople, il est probable que les idées du sujet, ses préoccupations bizarres l'ont eu déjà autrefois et (|u'elles ont contribué à donner cette forme spéciale à un épuisement général du cerveau et des centres visuels. Nous avons affaire ici, on résumé, à un phénomène qui a été jusqu ici peu observé, la détermination d'une forme du champ visuel par l'idée fixe.

Si cette explication très simple des faits a quelque Intérêt, c'est qu'elle conserve à cette malade son unité pathologique, intéressante. Justine continue à être une malade à idées fixes et ces idées fixes conservent la forme hystérique. Tous ses accidents, depuis des années, ont toujours été déterminés de la même manière. Je ne parle pas seulement de ses attaques hystériques et de ses impulsions, mais même de ses accidents d'apparence organique. Elle a eu des douleurs localisées singidièrement, des contractures de forme étrange, des parésles. Tout a été le résultat d'idées fixes subconscientes dont la malade se rendait rarement compte et tous les accidents disparaissaient (piand on traitait les idées fixes. Il est probable qu'il en est encore de même, les ellels du traitement viendront confirmer ou détruire notre supposition.

()uui ([u il en soit, l'obseivation reste intéressante en elle-même pour ntnis montrer ! Cxistence d'un svnq)tôme contesté de l'hys-

térie. De plus en plus l'hystérie est la grande simulatrice, comme le disait si souvent Charcot. Il est de plus en plus difficile d'affirmer qu'il est impossible de rencontrer un symptôme particulier dans l'hystérie.

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