CHAPITRE VIII
CONTRACTURES, PARALYSIES, SPASMES DES MUSCLES DU TRONC CHEZ T>ES HYSTÉRIQUES*
1. Observations de contractures, — 2. de spasmes, — 3. de paralysies des muscles du
tronc. — 4. Troubles des fonctions déterminées par les contractures et les spasmes des
muscles du tronc. — 5. Modifications respiratoires dans les paralysies des muscles du tronc. — fi. PathoÈfénie de ces accidents. — 7. Traitement.
Quand on ess.aye d'étudiei^ la physiologie des hystériques, c'està-dire les modifications dans le fonctionnement des viscères, on constate qu'un grand nombre de ces troubles, je ne veux pas dire tous, sont en rapport immédiat avec des troubles du mouvement, quelle que soit d ailleurs l'origine de ceux-ci et leur relation avec les troubles de la sensibilité. Dans les troubles de la diorestion, de la respiration, de la nutrition, à côté des troubles dans la sécrétion des glandes, dans la composition chimique des gaz, que nous espérons étudier plus tard, on note au premier plan comme importance et comme fréquence des altérations mécaniques. Ces troubles mécaniques ne siègent pas toujours, autant qu'on le pourrait croire, dans les viscères eux-mêmes. Cela arrive sans doute (ptel([U('fois dans des cas graves, mais souvent il s'agit simplement d'une altération dans les mouvements des muscles striés ([ui forment la paroi du corps et (pii enferment les viscères. C'est cette remar([ue qui m'a disposé à laisser de côté pour le moment dans cette étude les altérations proprement viscérales, celles
1. Tonte la partie do ce Iravjiil, (jiii a rapj)orl aux contraclurcâ des muscles du tronc et à leur traitement, a fait 1 ohji.'t d une communication à la Société de médecine de Pdiis et a été publiée dans la France médicale, du 6 décembre 1895.
même des mouvements du diaphragme qui, à mon avis, jouent un si grand rôle dans bien des phénomènes hystériques pour mettre en relief Timportance des troubles du mouvement dans les muscles du tronc, thorax et abdomen. L'altération la plus fréquente qui sera étudiée la première est la contracture, une autre plus rare est la paralysie, enfin le spasme des muscles abdominaux doit être signalé, mais ne peut ici être étudié complètement car il est difficile de séparer son étude de celle des spasmes du diaphragme.
i. — Observations de contractures des muscles du tronc.
Les contractures hystériques sont bien connues et en général assez facilement diagnostiquées lorsqu'elles siègent sur les membres; on connaît également les contractures des muscles de la face, le spasme des masséters, le spasme glosso-labié, le spasme palpébral, par exemple.
Mais je crois que l'attention n'a pas été suffisamment attirée sur un groupe de contractures fort importantes, celles qui siègent sur le tronc, sur différents muscles du thorax, des lombes, de l'abdomen. Ces contractures des muscles du tronc sont à peine signalées par Briquet; il remarque seulement la déviation permanente qu'elles peuvent produire quand elles siègent exclusivement d'un seul côté du corps*. C'est également à ce point de vue que se placent les auteurs plus récents, en particulier Lannelongue, Duret" et Vie ^ qui étudient la cyphose et la scoliose que ces contractures peuvent déterminer. Je renvoie pour l'étude de ces observations à la thèse intéressante de M. L. Hallion : Des déviations vertébrales nèvropathiques, 1892, p. 41.
Ce que l'on remarquait en effet le plus facilement c'était les déviations de la taille, produites par des contractures fortement prédominantes en un côté du corps. En voici une observation typique qui peut montrer l'importance de la contorsion ainsi déterminée.