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ic, Delà scoliose hystérique. T/ièse. Paris

MUSCLES nr tiionc ciikz les uystéuiques

OijsiiKVATioN I. — Gk., jeune fille de 22 ans, présente plusieurs accidents hystériques, des attaques particulières à forme de somnambulismes, des maux de tète terribles revenant par accès, des tics complexes et des contractures. Je ne m'occupe ici que de ce dernier phi-nomène. (lomme dans la plupart de ces observations nous avons à noter que le père est un alcoolique et la mère une nerveuse. A 1 âge de 2 ans l'enfanl présenta des phénomènes con-

FiG. Ml \ — Altiliuli' jioriiiaiiciitc (le (jk., coiilractuic des imiscles du tronc du côté gauche.

vulsils (pi'on qualifia de méningite, elle eut plus tard la rougeole, la variole, la coqueluche, elle resta nerveuse, excitable, mais fort intelligente. Réglée à 13 ;iiis, elle ne présenta aucun accident sérieux. Mais à l'âge de 15 ans, elle éprouva une violente émotion pour une cause futile. Entrant un jour dans une grange (lii elle croyait ne trouver personne, elle heurta du pied un

CONTRACTURES DES MUSCLES DU TRONC OfJÔ

homme endormi. Cet homme, qui n'était autre que son père en état d'ivresse selon sa coutume, se releva, l'appela et voulut la rejoindre. L'enfant allolée ne reconnaissant pas son père se sauva à toutes jambes. Un mois après cette émotion elle commençait des crises d'hystérie qui n'ont jamais disparu, mais se sont développées de diverses manières, s'accompagnant de somnambulismes, de tics, de maux de tète, d'anorexie, etc. Dans toutes

FiG. 3G B. — Alitude permanente defik .contracture des muscles du tronc du côté gauche-

ces attaques, dans tous ces sontnambulismes, elle volt un individu « avec une tète ébouriffée et des yeux terribles » (pii la poursuit, elle fait des efforts pour se sauver en tournant la tète en arrière pour voir celui qui la poursuit. A 22 ans, ces crises étaient presque quotidiennes. Mais à la suite des crises se développa.

oQfi MUSCLES nu TRONC CHEZ LES HYSTÉRIQUES

cr;il)ov(l passagôremcnt, puis crime manière peniianente, une attitude dont la (igurc 36 donne bien l'idée. Le tionc est fortement penché à gauche, la colonne vertébrale forme une courbe dont la concavité est à gauche, le ventre est plissé du côté gauche. Cette attitude est due à une forte contracture des muscles lombaires et des muscles de la paroi abdominale à gauche, lu contracture existe aussi dans les muscles de la hanche et dans les muscles adducteurs de la cuisse. Enfin, la tète elle-même est tournée vers la gauche et appuyée sur l'épaule gauche par la contracture des muscles cervicaux et du trapèze. Cette attitude, comme on le pense bien, gêne énormément la marche et détermine des troubles de la respiration et de la digestion sur lesquels je reviendrai plus tard. Je ne constate pas de troubles apparents de la sensibilité cutanée chez cette malade, la mesure avec l'iesthésiomètre donne des chiffres normaux et à peu près identiques sur les deux côtés du corps, quelle que soit la région de la peau étudiée. Le sens musculaiie n'est pas altéré dans les membres qui continuent à se mouvoir librement. Avec la main gauche, comme avec la main dioite la malade distingue une différence de 1 gramme en plus ou en moins quand elle soupèse un poids de 9, 10 ou 11 grammes. Les muscles contractures sont comme toujours anesthésiés, mais d'une manière incomplète: les contractures déterminent peu de fatigue, ces muscles deviennent très douloureux quand on essaye de vaincre la contracture.

Après les déviations latérales du tronc, ce qui frappa également les observateurs, ce furent les inclinaisons du tronc en avant. En voici quelques exemples.

Obsehvation il — Je rappelle seulement sans y insister une de mes anciennes observations recueillie à l'hôpital du Havre en 1887. « Lin jeune marin de dix-neuf ans, Lem., ayant eu des crises d'hystérie et anesthésique de presque tout le corps, reçut sur la poitrine et l'abdomen le choc d'une barrique qui roulait sur le pont. Il n'eut en réalité aucun mal, mais il plia sous le choc et depuis ne peut plus se redresser. Tous les muscles fléchisseurs du tronc sont contractures et la contracture des muscles de l'abdomen semble s'exagérer et devient très douloureuse dès qu'on essaye de redresser le malade ; cette pénible situation durait depuis un mois, quand M. le D"" Pillet, médecin militaire de l'hôpital du Havre, me permit obligeamment de l'examiner. Le malade put être hypnotisé très facilement et il me suffit alors de quelques mots pour

le redresser complètement'. » Contrairement h ce qui arrive d'ordinaire, la guérison a été définitive et la contracture ne s'est pas reproduite.

Observation III. — Je sio-nale éofalement ici l'observation intéressante d'un malade que iNI. le professeur Raymond a présenté cette année à Tune de ses leçons du mardi et qu'il m'a autorisé h rappeler ici parce qu'elle est sur bien des points analogue h l'observation précédente. D., un jeune homme de 22 ans, employé dans une raffinerie, tombe dans un escalier sur le dos ; on le relève et on le transporte chez lui, car il ne peut marcher. Il est resté couché un mois se remuant très difficilement ; quand il se relève, la marche est bien rétablie, mais le dos est courbé et le malade ne peut se redresser. Il arrive à la Salpêtrière en s'appuyant sur deux bâtons, le dos fortement courbé. On ne constate aucun symptôme d'une lésion médullaire, les réflexes sont normaux, la miction n'a jamais été troublée, aucune atrophie. L'attitude du malade est due à deux choses : à une contracture incomplète des muscles abdominaux et à une hypéresthésie intense de la région dorsale moyenne. Quand on appuie sur cette région le malade se sent étouffé, comme s'il allait tomber en attaque. M. Raymond montra qu'il s'agissait d'une contracture hystérique; il cita à ce propos les observations antérieures de scoliose hvstérique et rappela l'observation d'un jeune marin qu'il avait examiné à Lariboisière. Celui-ci, après une chute du haut d'un màt avait conservé une scoliose uniquement déterminée par la contracture des muscles lombaires, qui avait cédé rapidement à un traitement par le massage et par la suggestion.

OBSEnvATiON IV. — No., femme de 33 ans, fille d'un père épileptique et alcoolique, mort dans le délirium, resta normale jusqu'à l'âge de 17 ans. A ce moment, ses règles qui avaient commencé sans accidents à l'âge de 11 ans furent arrêtées par un refroidissement, et depuis restèrent fort irrégulières. No. devint plus émotive, plus nerveuse, eut à chaque instant des accès de rires ou de pleurs sans motifs, et à diverses occasions quelques petites crises de nerfs. Elle se maria cependant, mais elle n'eut pas d'enfanls; elle resta nerveuse mais ne présenta guère d'accidents hvs-

1. Pierre Janet, Les actes inconscients et la mémoire pendant le somnambulisme. Revue philosophique, mars 1888, p. 245. Automatisme psychologique, 1889,

p. nei.

•:;:S MLSllLKs Dl IKOM; CÏ\V7. I.KS insTKIUOI KS

téiicjucs sérieux. A ',U ans, elle lil une chute grave clans un escalier et se contusionna lortenient le flanc droit. A la suite de cette chute elle perdit connaissance et eut une violente attaque d'hystérie. Depuis elle conserva des douleurs violentes dans le côté malgré la guérison des contusions, se sentit gênée pour se tenir debout et ne restait droite que dans son lit. Une opération chirur-

FiG. :)7. — Alliliuic piMin.iiKMili' (1(! \(i.. Ilcxioii ilu tronc en avant et à droite clélcrniinée

par fies contractures.

gicalc quelle dut subir Tannée suivante pour une salpingite aggrava encore la situation. Elle se plaignit de douleurs continuelles dans la tète et dans le ventre et ne marchait plus que courbée en avant. Cette position étrange (fig. 37 et 38) devint bientôt définitive : la malade s'avance, fortement penchée en avant et un peu à

CUNTR.VCTUHES DES MUSCLES DU TRONC

droite et, en outre, en boitant de la jambe droite. On constate facilement une hyperesthésie énorme de la peau du flanc droit et une contracture de la hanche droite et des muscles abdominaux antérieurs avec prédominance à droite. Cette contracture qui avait déjà disparu pendant le sommeil chloroformique peut être facilement détruite pendant le sommeil hypnotique.

FiG. ;)iS. — La même malade No. vue de prolil, du cote droit.

Des observations de ce genre sont assez fréquentes et nous pourrions, par exemple, ajouter à cette liste celle que MM. Paul Richer et A. Souques viennent de publiera

I. Paul Hiclier ot A. Souques. Un cas de contracluro liystéro-traunialiquo des muscles du tronc. Nouvelle iconographie de la Salpétrière, mars cl avril 1897, p. 109.

300 MUSCLES PU THO.NC CIIKZ LKS HYSTÉRIQUES

Mais il ('('(tr do ces (■onliacliiros des imisclcs du tronc bion connues parce qu'elles dévient la taille d'une façon très apparente, je crois qu'il en existe d'autres beaucoup plus fréquentes et très importantes, (pii sont moins connues cl moins apparentes. Elles sont plus o('n(Males, plus svmélilques et (pionurdles déterminent en néncral une certaine inclinaison du corps en avant elles ne se manifestent pas par de ornudes déviations. C est sur ces contractures plus caché'os (pie je voudrais insister.

Onsi-iiVAiioN A'. — Co. est une jeune femme de 32 ans, entrée à la Salpètrière cette année dans le service de M. le professeur Ravmond pour des attaques de sommeil hystérique que j'ai déjà décrites dans une précédente étude'. C'est une hvstérique indiscutable et ])ar son liistoire antérieure, chorée, attaques, somnambulisme, délires, et par l'accident actuel qu'elle présente, attaques de sommeil, et par les stigmates, anesthésie presque complète à gauche, amblvople de l'œil gauche, etc. Pendant son séjour à la Salpètrière, quand ses attaques de sommeil disparaissaient rapidement à la suite du traitement que j'ai décrit, elle a présenté des symptômes en apparence tout à fait différents des précédents.

Le i février elle reste couchée, se plaignant d'une courbature générale, de mal de tète, de toux, d'oppression respiratoire. En réalité, le lacies est mauvais, la figure est pâle et tirée, les lèvres sèches, la langue pâteuse, la respiration semble difficile et rapide (45 respirations par minute), la malade a continuellement une petite toux sèche qui la fatigue et elle est couverte de sueur. La température est cependant peu élevée (38,2 dans le vagin), le pouls est à 75 et l'examen de la poitrine ne donne pas d'indications qui expliquent cet état général mauvais. (Cependant l'aspect de la malade, sa toux continuelle, son oppression éveillent l'idée d'une bronchite légère, peut-être d'un début de grippe et la malade est traitée en conséquence.

Les jours suivants laspect de la malade ne se modifie en aucune manière; huit jours après, le 9 février, Co. est absolument dans lé même état. Depuis huit jours elle est essoulllée, anxieuse, elle refuse de manger, elle est d'ailleurs extrêmement constipée et a la langue saburrale, enfin elle ne peut dormir la nuit. Cependant lien ne justifie cet ('-tat, la tempéiature est cette fois tout à fait

t. Pinrrc .Iniict, Los idées fixes de forme liystérùjuc (observation II). La Presse médicale. \''' juin 189'), p. 202 cl cliapilro v de cet ouvrage.

normale (37°8) et rauscultation de la poitrine est absolument négative.

, C'est alors que laissant de coté le premier diagnostic, j'ai examiné plus soigneusement la malade à un autre point de vue. La veille du début de cette aflfection, Co. avait eu une ([uerelle avec une autre malade et avait eu une violente colère ; elle s'était couchée toute tremblante, elle semblait sur le point d'avoir une attaque, mais en réalité elle était restée toute la nuit immobile. Elle avoue que depuis le moment de cette colère elle n'a pu retrouver la respiration normale et qu'elle est restée comme suffoquée. Quand on examine la poitrine, on constate qu'elle est à peu près immobile : les côtes ne s'élèvent, ni ne s'abaissent, et quand on commande à la malade de faire un effort respiratoire, de bâiller, de pousser un soupir, elle ne peut y parvenir; elle conserve toujours sa petite respiration courte et fréquente. Quand on appuie sur les cotes, on constate que toute la poitrine est dure et ne peut être remuée. D'ailleurs la malade pousse des cris quand on essaye d'appuyer sur un espace intercostal.

Le ventre est également dur et douloureux sans être gonflé (je n'étudie pas dans ce travail les cas de météorisme proprement dit). La peau du ventre est insensible du côté gauche, mais même de ce côté on provoque une violente douleur dès qu'on essaye d'appuyer sur l'abdomen. Les muscles droits surtout forment deux cordes rigides et on distingue au toucher que ces muscles constituent au-dessus de l'ombilic deux masses dures superposées qui semblent correspondre aux segments séparés par les intersections aponévrotiques. Je n'insiste pas sur ces caractères de l'abdomen que nous retrouverons plus accentués chez d'autres malades.

Si nous faisons lever la malade, elle peut remuer les jambes et marcher, mais elle se tient raide et ne peut plier les reins ; la colonne vertébrale quoique raidie est d'ailleurs tout à fait droite, sans courbure latérale accentuée. Les mains et les avant-bras sont parfaitement mobiles, mais le mouvement des bras est gêné, car ceuxci sont collés au corps et ne peuvent que peu se mouvoir en avant ou en arrière, le mouvement d'abduction des bras et d'élévation au-dessus de l'épaule est impossible. L'état de la sensibilité ne s'est guère modifié : l'anesthésie est complète sur le côté gauche (hi Irouc, la sensibilité persiste à droite, la pression des muscles est beaucoup plus douloureuse de ce côté.

En un mot, on constate une contracture à peu près complète de

:\0: MLSCI.ES DU TKONC CIIFZ l.F.S IIVSTKIUQUES

tous los nuiscles du thorax, y compris les pectoiaux (jui imniobîlisont l'opaulo, et des muscles de l'abdomen. Ce sont ees contractures (jul provoquent la courbature, les douleurs, la gène respiratoire et les troubles digestifs. On verra en efFet que tous ces troubles viscéraux disparurent immédiatement dès ([ue j'eus réussi à détruire les contractures.

D'autres malades vont nous présenter- les mêmes accidents d'une manièie moins complète avec une localisation plus précise, soit à la poitrine, soit à l'abdomen, soit même à des muscles déterminés.

OiiSKHVATiox VI. — Leq., une femme hystéri([ue âgée de 27 ans, hémianesthésique à droite, qui est restée longtemps dans le service de Charcot îi la Salpètrière, présentait souvent après les attaques des troubles respiratoirespermanents. Le 7 décembre 1893, elle est couchée depuis deux jours, car depuis une violente attaque elle ne peut respirer. La respiration très courte et précipitée, 60 par minute, s'efï'ectue sans que la poitrine paraisse remuer. Le thorax est bombé dans l'état d'inspiration forcée et il reste absolument immobile. Le ventre au contraire est souple et fait seul les mouvements respiratoires.

Dans une autre circonstance, quelque temps après un accouchement, la même malade présente les phénomènes inverses. Le thorax es^ mobile, mais l'abdomen est immobilisé par la contracture des muscles droits. Aucune motlification de l'hémianesthésie qui reste uniquement du côté droit.

Mnfm, en mars 1894, cette malade, à la suite d'un choc peu grave sur le ventre du côté gauche, présente une contracture des muscles obli({uesel des fléchisseurs latéraux de la colonne lombaire du côté gauche, la mahide est courbée à gauche, avec déviation marquée de la colonne vertébrale. On observe, cette fois, une modification impoitante de la sensibilité, l'anesthésie siège maintenant du côté auche.

Orservation vil — Une jeune fille de 17 ans, entrée dans le service de Charcot au mois de décembre 1891, que j'ai déjà décrite sous le nom de Célestine, présente surtout des attaques intéressantes. Ce sont, comme j'ai déjà eu l'occasion de le montrer ', des attaques de colère qui se sont peu à peu translormécs suivant les lois générales de l'automatisme psychologique. Cette jeune fille est anesthési(pie sur t(mt le corps et présente un

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