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LES PAIULYSIES DES MUSCLES DU TRONC

('taiont des alcooliques. Du côté de la mère nous notons une tante morte jeune d'un accès de chorée paralytique (?), la mère elle-même a présenté d'assez graves accidents hystériques, des vomissements incoercibles et des crises, elle a conservé longtemps des symptômes d'anorexie ne voulant se nourrir que de vinaigre, d'alcool ou même d'aliments malpropres. Après la naissance de cet enfant tous les symptômes nerveux de la mère ont disparu complètement, (( c'est la petite qui a pris toute la maladie, disent les parents ».

Juliette fut toujours une enfant maladive, pendant les premiers mois il sem])lait impossible de la faire dormir, plus tard elle eut des diarrhées graves et resta très faible. Cependant elle eut un développement intellectuel plutôt précoce et apprenait très facilement : elle était seulement très émotive et très colère. A l'âge de cinq ans, elle fut la victime d'un accident grave qui me semble bien être le point de départ de tous les bouleversements nerveux survenus plus tard. En jouant avec d'autres enfants elle tomba dans un puits de douze mètres de profondeur. Il fallut une demi-heure pour la rechercher et on la trouva au fond cramponnée à la paroi faisant des effort désespérés pour s'accrocher aux pierres. L'homme qui pratiqua ce sauvetage la tint d'abord par un bras, mais elle lui échappa et retomba dans l'eau, il parvint alors à la saisir par un pied et c'est par ce pied qu'il la tira pendant une partie de l'ascension.

L'enfant fut ramenée dans un état de terreur facile à concevoir, mais surtout extraordinairemeut agitée ; sans délirer précisément elle parlait continuellement, et ce bavardage plus ou moins incohérent dura trois jours. Pendant trois semaines elle resta encore fort troublée ; dès qu'elle s'endormait elle faisait de nouveau avec les pieds et les mains des mouvements comme pour s'accrocher et grimper, et elle poussait des cris de terreur. Cependant tout parut se rétablir, l'enfant resta seulement plus nerveuse, plus colère, mais cependant très intelligente et de beaucoup la première de son école.

A 7 ans, Juliette est atteinte de fièvre typhoïde : un grand délire dure pendant deux mois, elle se rétablit cependant encore et son intelligence ne paraît pas touchée ; au contraire, on constate une excitation cérébrale et une mémoire extraordinaire. Sa facilité de travail intellectuel semble anormale et le médecin cherche à le restreindre et à diminuer les études.

A 11 ans, premier début des règles qui, à un grand intervalle, n'apparaissent que deux fois.

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A II* ans, \()i('i iiiic Imlc allcinte (rinllucii/.a (jiii achève la drsor^aiiisatioii ('('rchiale et devient le point de dépaii des accidents nerveux. I/enfant est faible, mange peu, elle s'ennuie, remue tout le temps et prétend cpielle étoufïe. Des crises d'Iivstérie conimencenl et se répèlent tous les jours pendant (jualre mois. Ces crises convulsives sont assez graves et laissent souvent à leur suite pendant quel([ues heures de la cécité et du mutisme. Dans le cinquième mois les crises s'espacent, mais on voit se développer des mouvements choréiques, surtout dans le bras et la jambe droite, puis à la suite d'une légère émotion, l'annonce d'un incendie chez la grand'mère, des secousses dans le thorax et dans l'abdomen. Un peu plus tard l'enfant est faible, ne peut plus, dit-elle, soutenir sa tète qui retombe ; elle refuse de manger et n'accepte qu'à boire. Elle se met bientôt à boire énormément, cinq litres d'eau par jour, et commence à engraisser. En deux mois elle devient énorme et peu à peu cesse de pouvoir bouger de son lit, la paralysie se développe en même temps que l'obésité.

Cette obésité assez considérable, 74 kilos pour une enfant de 1 1 ans (pii est de petite taille, n'est pas absolument générale ; comme on le voit un peu d'après la photographie, les bras et surtout les jambes sont restés assez minces et sans couche adipeuse, la figure est celle d'une enfant de cet âge sans grosseur exagérée. Au contraire, le thorax et l'abdomen sont difformes, les seins sont énormes et l'abdomen paraît gonflé, quoiqu'il n'y ait point de météorisme, tellement la couche adipeuse est développée. La peau des seins, du ventre, de la partie supérieure des cuisses est couverte de vergetures comme chez une femme enceinte.

La paralysie a la même localisation que l'obésité. La face est absolument intacte, la malade ferme les yeux, ouvre la bouche, change sa physionomie sans dlfiiculté, elle peut parler et manger très facilement. Les mouvements des bras sont normaux et la malade; p(!ut s'en servir de toute manière. Les mouvements des jambes sont plus altérés. Quand on tient la malade debout, ce qui n'est pas facile, on voit qu'elle ne sait plus marcher, elle fait des mouvements incohérents et les jambes s'embarrassent l'une dans l'autre. Mais les jandies ne sont pas paralysées, elles font, (piand la malade est couchée, tous les mouvements que l'on demande et avec une certaine force. Il s'agit, en un mot, d'astasieabasie : c'est un |)()int de l'observation que M. le professeur Raymond a déjà traité et sur Ictpici je n'insiste pas maintenant.

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