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tence frivole et vide que mènent la plupart de celles de la classe aisée; tout contribue à les livrer sans défense aux causes morbifîques qui menacent le système nerveux.
L'homme. — Si Thomme échappe à ces diverses opportunités maladives, il n^est pas sans en, subir quelques autres pour son propre compte. Sa vie active et extérieure l'expose aux intempéries, aux refroidissements, à l'humidité dont le rôle n'est pas sans importance dans la genèse des diverses affections nerveuses. Les maladies constitutionnelles, Tarthritisme, par exemple, se font sentir dans son organisme avec plus d'énergie, et sont la source de nombreuses manifestations névropathiques. Enfin, il se livre plus habituellement à toutes sortes d'excès, excès de travail, de veilles, de jouissances; d'où un épuisement de l'appareil cérébrospinal dont les conséquences sont les mcL:fes que celle de la pléthore nerveuse que nous avons constatée chez la femme. Les extrêmes se touchent.
« Les maladies du système nerveux, lisonsnous dans un livre récent rempli de vues originales, sont en général de 23 pour loo plus funestes aux hommes qu'aux femmes. Ces faits sont pour nous de la plus haute importance. Personne ne niera assurément que dans les con ditions sociales actuelles, les hommes subissent plus directement et plus fortement que les femmes, par suite de leur genre de vie, de leurs occupations, de leur rôle dans la famille et la société, l'influence morale excitante c(e la vie
sociale, de la complexité des relations humaines, de la civilisation en un mot, — civilisation qui leur demande beaucoup plus qu'aux femmes cette activité fiévreuse, cette tension intellectuelle, cet abus de la force nerveuse, qui entretiennent le cerveau dans un état d'irritation permanente (i), »
Parallèle. — De ces divergences dans les dispositions morbides des deux sexes résultent quelques différences dans les réactions nerveuses qu'ils subissent. La douleur caractérise les névroses de rhomme, les spasmes celles de la femme. La neurasthénie revêt souvent chez l'homme la forme de névralgie générale qu'on lui a donné quelquefois; chez la femme, elle mériterait plutôt le nom de 7iévrospamie sous lequel on l'a aussi désignée. L'hypocondrie, affection de la sensibilité physique et morale, est le lot de l'homme, et Fhystérie, affection convulsive par excellence, celui de la femme.
Enfin, la folie-névrose est sensiblement plus fréquente chez la femme que chez l'homme. Mais les maladies organiques du cerveau et les formes d'aliénation mentale qu'elles entraînent viennent rétablir l'équilibre entre les deux sexes. C'est ainsi que l'apoplexie est de moitié et la paralysie générale de quatre à cinq fois plus fréquente chez l'homme que chez la femme.
avec
(i) P Jacobi, Études sur la sélection dans ses rapports wc Vhérédité che^ rhomme, Paris, 1881.
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l'hérédité
Les lois. — L'hérédité est une loi biologique en vertu de laquelle tous les êtres doués de vie tendent à se répéter dans leurs descendants (i). Par conséquent, dans le domaine névropathique, rhérédité sera caractérisée par ce fait, qu'on retrouvera chez les descendants les mêmes maladies nerveuses que chez les parents. Cependant les choses se présentent rarement sous cet aspect si simple, et appliquée au cas que nous examinons, la formule bien connue : le semblable engendre son semblable, ne peut être acceptée que dans un sens très général. L'expérience en effet démontre qu'entre toutes les maladies nerveuses il y a une parenté étroite, et que par la génération elles se transforment les unes dans les autres beaucoup plus qu'elles ne se transmettent sous une forme similaire.
Si, lorsqu'on est en présence d'une névrose héréditaire, on étudie les conditions dans lesquelles s'est fait sentir la prédisposition, on s'aperçoit aussitôt que ces conditions sont très variables.
Tantôt c'est un fils qui a reçu de son père le
(i) Th. Ribot, L'hérédité psychologique, Paris, 1882. — Voyez aussi Lucas, Traité de l'hérédité naturelle. Paris 1847-1850.
germe pathologique, ou une fille qui le tient de sa mère : on a alors affaire à [liérédité dir^ecte. Quand c'est la fille qui a hérité du père et le fils^ de la mère, on dit alors que l'hérédité est croisée.
Tantôt on constate que les parents d'une personne frappée d'une maladie nerveuse sont indemnes, mais que la même maladie se rencontre chez les grands-parents, ou chez les oncles et les tantes. C'est Vhérédité en retour^ ou atavique : dans le premier cas, elle est directe, dans le second, collatérale. On se demandera peut-être comment il se fait que la pathologie ait aussi ses oncles d'Amérique. S'il semble naturel d'hériter des avantages pécuniaires de ces derniers, il le paraît moins d'endosser leurs dispositions morbides. Rien n^est plus simple cependant : il ne s'agit pas en effet d'une transmission véritable, mais d'une simple coïncidence ayant sa source dans le passé de la famille : un ancêtre commun souvent resté inconnu a transmis à l'oncle, puis au neveu une même prédisposition héréditaire.
Dans les divers cas que nous venons d'énumérer, la maladie peut revêtir chez l'ascendant et le descendant la même physionomie : c'est la loi de V hérédité similaire. S'il y a divergence de forme, c'est la loi de ïhérédité dissemblable.
L'expérience semble démontrer que beaucoup de névropathies ont une tendance marquée à se développer chez les enfants à un âge plus précoce que chez les parents. Cependant, il n'est