‹ Nervosisme et névrosesChapitre 21 sur 48 · VILLES ET CAMPAGNES \0J · texte numérisé non relu

VILLES ET CAMPAGNES \0J

silence, le repos absolu, Teffet tonique et calmant du milieu champêtre. Il faut que les nerfs déséquilibrés y trouvent l'absence d'excitations, un relâchement complet de leurs fibres, le milieu indifférent et neutre où ils pourront se retremper et recouvrer leur tonicité perdue. Le corps épuisé de tous les névropathes y recherchera enfin le bain permanent d'air pur et de pleine lumière dont Faction réconfortante vaut bien celle des reconstituants extraits de rofficine pharmaceutique.

La vie aux champs doit être tout extérieure et employée à un exercice modéré, en rapport avec les forces physiques de chacun. Le mouvement est le meilleur auxiliaire de l'action vivifiante qu'exerce sur l'économie le milieu champêtre : outre qu'il produit au profit des muscles une dérivation salutaire du courant nerveux, il favorise, par l'activité qu'il imprime à la circulation, les échanges nutritifs dont l'énergie devient plus grande au contact d'un sang richement oxygéné.

On prolongera le plus longtemps possible le séjour à la campagne. Toutefois, il importe d'éviter l'influence fâcheuse du froid humide et des grands vents sur les natures impressionnables, et on restera à la ville pendant les époques où la température est trop changeante, comme le début du printemps ou la fin de l'automne.

Quand on quitte la ville pour la campagne, il ne faut pas oublier que, malgré l'identité de latitude et de climat, on trouvera entre les deux milieux une différence notable de température,

surtout le soir et la nuit. La campagne n'est échauffée que par la lumière solaire, et le rayonnement qui, après le coucher du soleil, se produit librement vers les espaces célestes, amène promptement un refroidissement notable du milieu ambiant. Dans les villes, au contraire, la chaleur solaire est absorbée par les mille surfaces que lui présentent les édifices et les murailles; le rayonnement ne s'en opère qu'avec une lenteur successive, de telle sorte que l'équilibre de la température se conserve plus longtemps. Ce n'est pas tout : dans les villes, il faut encore tenir compte de la chaleur déversée dans l'atmosphère par les animaux et les hommes. Sait-on qu'à Paris la chaleur que dégagent en un jour les habitants dans Pair ambiant serait suffisante pour faire bouillir trente-six mille mètres cubes d'eau ? La chaleur abandonnée par les animaux n'est pas moins considérable; il faut y ajouter encore les quantités de calorique déversées par les feux, l'éclairage, les combustions de toute nature. Aussi, comparée à celle de la campagne, la température des villes est-elle plus chaude Tété et moins froide l'hiver.

Il est des hommes que la campagne n'a pas le don de séduire. A peine y sont-ils depuis quelques heures qu'ils sont pris de la nostalgie du bruit et de l'agitation des villes; leur esprit désemparé éprouve la sensation du vide dès qu'il est retranché du tracas des affaires, des combinaisons politiques et des intrigues mondaines. Plus d'une femme du monde est dans le

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