‹ Nervosisme et névrosesChapitre 22 sur 48 · VILLES ET CAMPAGNES IO · texte numérisé non relu

VILLES ET CAMPAGNES IO

même cas, et aussitôt sortie du tourbillon où s'agite sa vanité, où s'exerce son instinct de séduction, où se déploie son activité le plus souvent frivole et creuse, elle languit dans une sorte d'abandon plus énervant que sa vie habituelle. Pour ceux-là, le séjour à la campagne perd ses avantages; ce qui leur convient, ce n'est pas l'absence de toute excitation, mais des excitations nouvelles différentes de celles auxquelles ils sont habitués. Ce n'est pas la diète qu'il faut à leur système nerveux, mais un changement de régime. A cette indication spéciale répondent les voyages, les distractions, l'exercice, qui seront étudiés dans un autre chapitre.

Le même conseil convient encore à cette classe de gens nerveux pour qui, selon Reveillé-Parise, la solitude de la campagne est dangereuse : ce sont les affamés d'idéal. « Ces individus, ditil, se font un monde à eux, et souvent leur esprit se perd dans l'immensité de l'univers en voulant le comprendre et le mesurer. Il y a chez eux une fermentation cérébro-intellectuelle dont on doit beaucoup se méfier. Il est urgent de leur interdire les lieux solitaires, qu'ils recherchent si avidement, bien plus encore si le climat est irrégalier, le terrain bouleversé, les sites alpestres. C'est à eux de craindre le fond des bois et leur vaste silence^ car la brûlante pensée qui agite leur cerveau, bien loin de se calmer, y acquiert au contraire la plus énergique activité. Eloigner d'eux-mêmes de tels malades, rompre la série d'idées qui les entraîne et les absorbe, enlever le trop plein du cerveau, de l'intelligence, voilà

l'indication à remplir. » (Reveillé-Parise.) Je m'imagine que ce type tend à disparaître. A notre époque positive et réaliste, il constitue un anachronisme, une simple réminiscence des environs de l'année i83o.

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