CONDIMENTS
giques les épices, le sel, les acides, certains mets fortement relevés, la charcuterie, les salaisons, c'est vouloir les forcer à une abstinence à peu près complète, et les condamner à mort pour les guérir. Au surplus, de pareils conseils ne sont jamais suivis par les patients, à moins que le préjugé ne s'en mêle et qu'ils ne partagent à ce point de vue les théories de leur médecin. On rencontre cependant parfois des gens dont la digestion est lente et douloureuse, et dont la méticuleuse prudence recherche dans l'assiette placée devant eux les grains de poivre dont une main trop libérale à leur gré a saupoudré les mets; qui s'abstiennent comme de la peste de substances crues, et qui considèrent le vinaigre et les acides comme des liquides corrosifs et incendiaires. Ces personnes, vouées à la guimauve, sont tourmentées par le pyrosis et infestées des doctrines populaires sur rinflammation. Mais il est plus fréquent de voir la tendance contraire. Il appartient alors au médecin ou au malade de la réglementer, afin d'éviter l'abus, car plus on exagère la stimulation de l'estomac, plus il devient paresseux, et plus il faut augmenter les doses pour leur rendre leur efiîcacité.
Sel. — Le sel n'est pas seulement un condiment, c'est un aliment indispensable à l'économie. Oq le rencontre dans tous nos tissus, dans toutes nos sécrétions ; il joue un rôle important dans la composition du sang, et est à peu près indispensable à l'accomplissement des fonctions digestives. « Il donne^ dit Becquerel^
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de la force, de la vigueur, favorise Tembonpoint, et convient aux constitutions faibles et délicates. » La seule limite à imposer à son emploi, c'est que la quantité ingérée n'aille pas jusqu'à provoquer la soif et irriter Testomac. Amédée Latour a démontré qu'à Taide du sel, on facilitait l'alimentation lactée, le sel libéralement ajouté au lait frais le rendant facilement digestible et augmentant ses propriétés reconstituantes.
Le sel gris, ou sel de cuisine, dont la composition comprend, outre le chlorure de sodium, une petite quantité de sulfates, de chlorures, d^iodures, des bromures de chaux, de sodium et de magnésie, devrait être préféré au sel blanc qui est du chlorure de sodium pur, et Lasègue en a vanté l'emploi dans le traitement des dyspepsies. Nous allons peut-être étonner plus d'un lecteur en lui apprenant, ce qui est pourtant parfaitement exact, que la saveur du sel gris a, pour certaines personnes, des qualités apéritives bien plus énergiques que celles du sel blanc.
Sucre. — Comme le sel, le sucre est à la fois un condiment et un aliment.
Comme condiment et à très faibles doses, il est agréable à tous les estomacs.
Mais employé d'une façon trop indiscrète, il n'est pas sans inconvénient. Il empâte la bouche, provoque de la satiété, du dégoût, et enlève Tappétit. En outre, beaucoup de gastralgiques ne peuvent manger un rriorceau de sucre sans éprouver un véritable pyrosis, conséquence de la formation d'une quantité surabondante d'acide