‹ Nervosisme et névrosesChapitre 34 sur 48 · BOISSONS EN GÉNÉRAL I 5 I · texte numérisé non relu

BOISSONS EN GÉNÉRAL I 5 I

son appétit ne répond à rien, n'est plus l'expression d'un besoin réel, mais d'un instinct maladif naturel ou acquis. Aussi aboutit-il à tous les accidents de l'alcoolisme. Tels sont, comme nous l'avons dit, certains névropathes que l'alcool attire : tel est encore le rentier ou le désœuvré qui, passant sa journée au café, se sature lentement sans jamais s'enivrer : un beau jour il a peur, voit dans son lit des serpents, des bêtes immondes, tremble, et tombe enfin dans le délire alcoolique.

Toutes les boissons alcooliques n'offrent ni les mêmes inconvénients, ni les mêmes dangers, aussi sera-t-il nécessaire de les passer en revue, pour assigner à chacune d'elles ses propriétés spéciales à l'égard du système nerveux.

Boissons aromatiques. — L'alcool est loin de suffire au besoin mcessant d'excitation qu'éprouve le système nerveux de l'homme. D'ailleurs il ne faut pas seulement que la stimulation soit continue, il faut encore qu'elle soit diversifiée; qu'elle varie le mécanisme de sa production et qu'elle aille éveiller successivement les divers modes de sentir, de penser et d'agir qui se superposent dans notre système nerveux.

Une nouvelle catégorie de ces stimulants se rencontre dans le café, le thé, le cacao et diverses autres substances, toutes tirées du règne végétal et fournies par les contrées les plus aifférentes. Des pays d'origine, où leur consommation est très répandue, elles ont pénétré au milieu des nations européennes qui suivant leurs affinités instinctives, leurs goûts particuliers, se ^sont adon-

nées à l'une d'elles à peu près exclusivement. Ainsi le thé est adopté en Angleterre, en Hollande, en Russie; le café enFrance, en Allemagne, en Suisse, en Turquie; le chocolat en Espagne et en Italie. Dans l'Amérique méridionale on fait usage du maté ; au Pérou, en Bolivie, au Paraguay, de la coca(i). Dans les contrées où se sont expatriés les Européens, ils ont conservé le goût delà mère-patrie : l'Amérique centrale boit le chocolat; les Américains du Sud, le café; ceux du Nord, le thé.

Ces habitudes ne sont pas purement le résultat du hasard. On a beau remarquer que le café et le thé sont d'origine récente, que des milliers de générations s'en sont bien passées, qui étaient aussi intelligentes et aussi civilisées que nous; cela est vrai, mais vivaient-elles comme nous? Les premières locomotives faisaient quatre à cinq lieues à l'heure, aujourd'hui elles en font vingt: est-ce que toutes choses égales d'ailleurs,

(i) Lecoca, feuille d'un arbrisseau cultivé dansune grande partie de l'Amérique du Sud, est employée par les naturels sous forme de chique. Elle contient un alcaloïde dont la composition est presque identique à celle de la caféine. Son parfum est analogue à celui du thé, mais plus pénétrant. L'infusion de coca, peu usitée, a des effets qui se rapprochent du thé ou du café additionné d'eau-de-vie- Chiquée, elle produit une stimulation analogue.

Le maté ou thé du Paraguay, est une poudre verte obtenue par la dessiccation des feuilles d'un ilex. On l'emploie en infusion dans une partie de l'Amérique du Sud. Le maté contiendrait de la caféine et un principe aromati que. Il semble surexciter les facultés intellectuelles à un plus haut degré que le thé et le café. (Voyez A. Marvaud, Des aliments d'épargne, Paris, 1874.)

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