CHAPITRE XII
l'éducation
Notre éducation actuelle tend à développer d'une façon excessive les fonctions du système nerveux et à entraver au contraire le développement de notre nature physique. Dans le premier âge, la sollicitude maternelle, trop souvent aveugle et inintelligente, entoure Fenfant d'un excès de soins et de précautions qui, au lieu de Taguerrir contre les influences nocives du monde extérieur et de favoriser l'épanouissement de ses forces, l'efféminent, l'affaiblissent et le rendent impressionnable aux moindres causes. Plus tard, dans les écoles et les maisons d'éducation, Timmobilité forcée, les attitudes vicieuses, l'air confiné, le manque de lumière, les fâcheux effets de la contagion morale et le surmenage intellectuel complètent un étiolement préparé de longue main, et conduisent l'organisme à une déchéance irrémédiable en le faisant passer par les névroses.
Effets du surmenage intellectuel chez les enfants. — Nous avons déjà indiqué les
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modifications que comporte notre système actuel d'éducation au point de vue physique ; nous voudrions maintenant montrer les inconvénients et les dangers d'un travail intellectuel excessif chez l'enfant et l'adolescent.
Depuis quelques années, les cris d'alarme jetés par les hygiénistes deviennent de plus en plus nombreux. Hier encore, le D'' Dujardin- BeauQietz appelait l'attention sur les effets désastreux du surmenage intellectuel dans les écoles. Médecin de l'école normale d'institutrices de la Seine, il rappelait que ces jeunes filles sont choisies au concours, au nombre de vingt-cinq sur cinq cents candidates; qu'elles font trois ans d'études; qu'il leur faut pendant ce court espace de temps conquérir trois brevets. Aussi ne prennent-elles qu'une demi-heure de récréation quotidienne et prolongent-elles parfois fort avant dans la veillée les heures de travail. Il en résulte que toute cette jeunesse est anémiée, nerveuse, chlorotique et qu'en plus de cet état général pitoyable, beaucoup de ces jeunes filles ont des lésions locales, la déformation scolaire de la clavicule, la saillie de l'épaule droite, la myopie.
Si l'on ajoute, dit le D'' Lagneau, que la profession d'institutrice est une de celles qui fournissent le plus de cas de folie, on sera édifié sur le danger d'un pareil régime de l'intelligence (i).
(i) En Angleterre plusieurs médecins ont fait des observations analogues; le D^ Goodhart, [^Med. Tunes and Ga- :^ette, 1884), remarque que les jeunes lilles et les jeunes gens qui se préparant au professorat, ont été malades par
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En s'appuyant sur les travaux et les statistiques fournis tant en France qu'à l'étranger, le dernier hygiéniste dont nous venons de citer le nom a montré (i) que le surmenage intellectuel qui résulte de nos méthodes d'enseignement universitaire et de notre système d'éducation est une cause puissante de débilité et d'infériorité physiques, engendre des états congestifs et même des inflammations du cerveau, provoque des déviations de la colonne vertébrale, et prépare enfin l'éclosion de la tuberculose.
Un médecin danois, le D'" Hertel, a constaté que dans les écoles supérieures de son pays, on trouve 29 pour 100 des garçons et 41 pour 100 des filles dont la santé est altérée par l'excès de travail intellectuel : les maladies les plus communément observées sont Tanémie, la scrofule et les maux de tête.
A Saint-Pétersbourg le D'' Bjstroff a fait des remarques analogues.
En Angleterre, le D' Mac Cabe (2) a observé que la surexcitation mentale produisait chez les jeunes sujets de la congestion cérébrale chronique indiquée par la coloration des joues, de la céphalalgie vespérale, de la dilatation des pupilles, une tendance à la myopie et des rêves
excès de travail intellectuel, ont en général un triste sort, et demeurent nerveux, faibles et sujets aux maux de tête.
(i) Lagneau, Du surmenage intellectuel et de la sédenta' rite dans les écoles {Annales d'hygiène , iS8b, tome XVI, p. 274.)
[1) Mental science, 1S75. — Voyez aussi : Crichton- Browne, Donkin, Gibbon, Ca.on, The médical Times and Galette, 1884.