LIVRE III
égard aux soins et aux peines qu’elle avait pris pour que l'ennemi astucieux de Ia religion fût expulsé. Si l'impie Nestorius n’a pas fait prévaloir sa doctrine, c'est qu’il n’a pu tromper cette fidèle observatrice de la vérité; lui, si habile à faire boire aux simples le poison de ses perfides discours, il s’est arrêté devant une humble servante du Christt. »
Il n'existait jusqu'alors dans la chrétienté qu’une seule église construite sous l’invocation de la mère de Dieu, la basilique d'Éphèse, où un récit traditionnel plaçait son tombeau : on en construisit de tous côtés, soit en Occident, soit en Orient. Augusta ne fut pas la dernière à célébrer ainsi son triomphe.
L'élargissement de Cyrille était une conséquence de l'approbation du concile d’Éphèse, puisqu'il était resté victorieux sur tous les points : Théodose ordonna donc sa mise en liberté. Mais déjà l’adroit Cyrille l’avait prévenu en s’échappant de prison, et, lorsqu'il arriva dans Alexandrie, le peuple le reçut avec de grandes démonstrations de joie’. Memnon fut également rendu
4. Quia non fefellit famulam et discipulam veritatis, quantum simplicibus infunderetur veneni per illa loquacis hominis colorata mendacia. Leo. Ep. 59.
2. Ingressus autem est Cyrillus episcopus Alexandriam, et suscepit eum civitas cum multa exultatione et gloria. Concil., II, p. 1057.
comme évêque aux Éphésiens avec sa cupidité et son insolente tyrannie. |
Nestorius cependant était enfermé dans son monastère d’Euprèpe, où il demeura quatre années. L'ancien archevêque avait cru y retrouver la vie paisible et studieuse de sa jeunesse; mais il amenaïit avec lui deux hôtes ennemis de la paix : le regret de sa grandeur déchue et l’ardent désir de se justifier. Il publia quelques livres qui réveillèrent l'attention des catholiques, il fit des prédications éloquentes qui attirèrent à Euprèpe beaucoup de gens distingués d’Antioche ; en un mot, il se remit en scène, et bien mal lui en prit. Des réclamations arrivèrent à Théodose de divers côtés ; le pape Célestin lui-même, poussé par les catholiques d'Orient, demanda instamment à l'Empereur que l'ennemi de la Vierge et de son fils, trop bien traité pour son crime, « fût retranché de la société des hommes qu'il s’obstinait à perdre? », et, non content d’employer son influence auprès de l'Empereur, il exhorta tous les évêques à joindre leurs efforts aux siens ?.
C'était plus qu’il n’en fallait sur l'esprit de Théodose, qui maintenant haïssait Nestorius. Jean d’Antioche luimême fut alarmé de ce mouvement fait autour d’un homme dont on l’accusait d’être l’ami et de tolérer les doctrines parce qu'il les partageait. En état de schisme
4. Refert ctiam Nestorius, quadriennio se illic commoratum, omni honore ac reverentia affectum fuisse. Evagr., I, 7.
2. Nestorium vestra clementia ab omni societate removeat, ut facultatem aliquos perdendi non habeat. Concil., III, p. 1073.
3. Elaborate, fratres carissimi, elaborate obsecro, ut vere tollatur de medio vestrum qui hoc opus fecit. Concil., III, p. 1071.