‹ Nestorius et EutychèsChapitre 107 sur 279 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

avec Cyrille pour la querelle des anathématismes. il eut peur que l’implacable persécuteur ne l'enveloppât lui-même dans quelque trame secrète, et il demanda comme les autres l’éloignement de Nestorius. Le préfet du prétoire Isidore reçut l’ordre de faire conduire à Pétra, en Arabie, l’exilé d’Euprèpe, dont les biens furent confisqués au profit des pauvres de Constantinople ; ses anciens amis et ses partisans furent compris dans sa proscription, particulièrement le comte Irénée. Pétra, située au milieu d’une triste solitude, fréquentée seulement par des Arabes scénites, païens pour la plupart, remplissait bien la condition mentionnée dans la lettre du pape Célestin, le retranchement de la société humaine ; cependant les ennemis de Nestorius le trouvèrent encore trop près du monde, et un nouveau décret le transféra dans l’Oasis d'Égypte.

On appelait de ce nom, comme on sait*, un ensemble de petits espaces habitables parsemés dans limmensité du désert libyque. Le lieu choisi pour l’exil de Nestorius portait particulièrement le nom d’Ibis. L'Oasis était la prison des grands criminels d’état et des courtisans disgraciés, prison qui se gardait elle-même sans geôlier, la plupart du temps sans soldats, mais dont a sûreté était garantie par un océan de sable sans végétation, sans eau, sans routes, où le fugitif était certain de périr*.

4. Postea autem edicto Imperatoris Theodosii in locum qui Oasis dicitur relegatus est. Évagr., I, 7.

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