Marcel. Com., Chron
182 NESTORIUS ET EUTYCHÉES.
docie. C'était ce même Égyptien, poëte distingué, dont nous possédons encore quelques pièces de vers, et qu’Athénaïs avait admis dans la familiarité de ses relations littéraires; le caractère de l’homme et ses mérites divers avaient fait le reste. Cyrus était devenu préfet de la ville, consul et patrice‘. Modeste et intègre autant que savant, l'Égyptien ne se laissa pas éblouir par l'élévation et la soudaineté de sa fortune. « Ma prospérité est trop grande, disait-il à l’instar des anciens sages, elle me fait peur. »
L'Empire dut à cet excellent ministre quatre ans d'une administration qui rappela celle d’Anthémius, et Constantinople d’utiles travaux qui le rendirent populaire. Ainsi il rebâtit durant sa préfecture plusieurs quartiers de la ville ébranlés ou détruits par des tremblements de terre, et construisit une muraille le long du Bosphore pour mettre le port à l'abri contre les incursions des pirates vandales, qui commencçaient à courir les mers de la Grèce. Ces divers travaux furent appréciés de la ville comme un grand bienfaït, et un jour que Cyrus assistait aux jeux du cirque, l'Empereur étant présent, le peuple cria : « Constantin a fondé Constantinople, Cyrus l’a renouvelée, et ce n’est pas tout ce qu'il saura faire*. » Ce cri blessa l’orgueil de
1, Cyrus Panopolites poëta sub Theodosio juniore vixit. Apud quem præfectus prætorio et præfectus urbi, consul et patricius fuit : in admiratione ab Eudocia Augusta, quæ poëmatum studiosa erat habitus. Niceph., XIV, 46. .
2. Et quum aliquando Imperator in hippodromo equestre exhibens certamen staret, Bizantii structura Cyri delectati, magnificam illam