LIVRE PREMIER
pute, vu l’effervescence orientale, ne se bornaït pas
toujours à des mots : on se battait, et le sang coulait.
Nestorius, qui n’aimait pas l’opposition, réprimandait parfois rudement ceux des fidèles qui concevaient des doutes sur ses idées. « Au fond, leur disait-il, cela ne devrait pas m'étonner, car ce peuple-ci est trèsignorant. On voit bien que ses pasteurs n’ont pas eu le loisir de l’instruire !. » Ce trait méchant tombait sur les prédécesseurs de l'archevêque, et allait frapper directement Chrysostome. Le clergé métropolitain s’en émut, et, puisqu'on l’accusait si solennellement d’ignorance ou d'incurie, il crut de son devoir de répondre et d’opposer la doctrine traditionnelle de son Église aux nouveautés que Nestorius venait y prêcher. C'était la guerre dans le sanctuaire même entre l'évêque et ses prêtres, guerre publique où l’on prenait les fidèles pour juges. Un prêtre nommé Proclus fut choisi par ses collègues pour être leur champion dans la lutte et planter en face du novateur le drapeau de la tradition à.
Le choix était heureux. Enfant de l’Église de Constantinople et pendant plusieurs années atiaché à la personne de Chysostome comme serviteur, Proclus était imbu de ses enseignements; on voyait en lui une personnification vivante de cette tradition qu’il
hæc, modo illa dicebant, idem affirmantes pariter et negantes. Socr., VII, 32.