LIVRE VI
Les premières mesures de Marcien firent voir qu'il abordait résolûment l’œuvre de la réparation religieuse, autant du moins qu'elle pouvait être accomplie par l'autorité séculière. La loi qui rendait obligatoire la reconnaissance du faux concile abrogée, les recherches inquisitoriales supprimées, les bannis rappelés, Eutychès chassé de son monastère, où un abbé catholique le remplaçait, inauguraient une nouvelle ère de reconstruction religieuse à laquelle le pape s’empressa de s'unir en levant plusieurs dépositions. scandaleuses prononcées sous l'inspiration de Dioscore. Dans le nombre furent celles d’'Eusèbe de Dorylée et de Théodoret !, mesures dictées par un sentiment de justice, mais plus équitables que canoniques, au jugement de beaucoup d’Orientaux. En marchant de ce pas, avec prudence, la réparation du mal pouvait s'opérer progressivement, sans secousse et sans éclat.
Dans l'état d'anarchie où les esprits étaient plongés, Léon pensa que cette médecine lente et modérée convenait mieux au malade que le remède bruyant d’un concile œcuménique. Revenant donc de sa première idée, sur laquelle il avait tant insisté du vivant de Théodose, il cessa tout à coup de la soutenir près de Marcien et finit même par la combattre : bonne avec un gouvernement ennemi déclaré, elle ne l'était plus avec un ami. Ses dernières lettres, que nous avons encore, furent un éloquent plaidoyer contre les premières?,