‹ Nestorius et EutychèsChapitre 189 sur 279 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

souveraine. Deux notaires du consistoire impérial, Béronicien, et Constantin faisaient l'office de secrétaires synodaux et d’interprètes lorsqu'il fallait traduire soit les pièces, soit les dépositions du latin en grec.

Les magistrats prirent place dans la nef de Ja basilique, adossés à la balustrade du chœur ‘; les évêques se rangèrent dans les travées, à droite et à gauche. A l'extrémité de la nef, du côté des portes et faisant face aux magistrats, étaient des enceintes réservées aux accusateurs, aux accusés, et aux témoins ou pétitionnaires admis à la barre, lesquels ne devaient point être confondus parmi les juges. Les légats du pape siégèrent en tête des évêques, à gauche des magistrats, place d'honneur chez les Romains”, Ils y siégèrent ensemble, l'évêque Paschasinus d'abord, Lucentius ensuite, puis Cælius Bonifacius, qui, bien que simple prêtre de l'Église romaine, se trouva primer par son rang le corps des évêques orientaux, Au dessous de Bonifacius venaient le patriarche de Constantinople, celui d'Antioche, l'archevêque de Gésarée et l'exarque d’Éphèse. Tels étaient les premiers rangs dans la travée de gauche.

En tête de la droite s'assirent le patriarche d'Alexandrie, Dioscore, Juvénal de Jérusalem, l'évêque d'Héraclée en Macédoine , remplaçant le patriarche de

4. Sedentes in medio ante cancellos sanctissimi altaris. Conc., IV, p: M.

2. Et ex læva parte sedentes episcopi et vicarii Deo amicissimi, sanctissimi et reverendissimi Leonis antistitis prise urbis Rome. Concil., IV, p. 93.

Thessalonique, et l’évêque de Corinthe. Les autres évêques se groupèrent par diocèses à la suite de leurs métropolitains: ceux d'Orient, de Pont, d’Asie, de Cappadoce, à gauche; ceux d’Égypte, de Palestine et d’Illyrie , à droite; de sorte que tout le parti de Dioscore se trouva concentré de ce dernier côté, tandis que l’autre était occupé par les Orientaux et leurs amis, qui représentaient à l'assemblée les adversaires du faux concile d’Éphèse et le parti de Flavien. Le livre de Évangiles fut apporté et dressé au milieu de la nef sur un trône ou un autel portatif, comme c'était l'usage.

Quand tout le monde eut pris place, les trois légats se levant de leurs siéges s'avancèrent en face des magistrats, et l’évêque Paschasinus, leur chef, prononca en latin ces mots qui furent traduits en ‘grec par le secrétaire Béronicien : « Les instructions du très-heureux et apostolique évêque de l’Église de Rome nous défendent de siéger dans ce concile avec Dioscore, archevêque d'Alexandrie , que nous voyons séant ici parmi les juges. Or l’ordre que voici est absolu — et il montra un rouleau de papier qu’il tenait à la main: — que votre magnificence commande donc à Dioscore de sortir, ou nous sortons à l'instant ?. » — «Une plainte particulière existe-t-elle contre le révérendissime archevêque d'Alexandrie, dirent les magistrats, pour que nous lui ordonnions de quitter le rang des évêques?

4. Antepositis in medio sacrosanctis et venerabilibus Evangeliis. Concil., IV, p. 94.

2. Si ergo præcipit vestra magnificentia, aut ille egrediatur, aut nos eximus. Concil., IV, p. 94.

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