‹ Nestorius et EutychèsChapitre 190 sur 279 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

— Il n’est pas appelé ici pour juger, mais pour être jugé, interrompit le second légat Lucentius!. — S'il n’y a pas d'accusation déposée, s’écria une voix, j'en dépose une. » Et Eusèbe de Dorylée, quittant sa place, dit aux magistrats : « J’ai été lésé par Dioscore, la foi a été lésée : Flavien a été tué, ce saint évêque dont je ne puis prononcer le nom sans verser des larmes. Enfin, j'ai été injustement déposé avec lui. J'accuse Dioscore de tout cela et j'ai adressé à ce sujet à notre pieux Empereur une requête qu'il vous a renvoyée. Par la tête des maîtres du monde, je demande qu’il en soit fait lecture à l'assemblée ?! » Et il alla s'asseoir dans l'enceinte réservée aux accusateurs et aux accusés. Dioscore, sur un avertissement des magistrats, y prit place non loin de lui.

La requête d’Eusèbe fut lue et contenait en les expliquant les griefs qu'il venait d'indiquer. L'ancien avocat était là dans son élément, et il demanda pour la régularité de la procédure qu’on lût après sa requête les actes d'Éphèse, afin que l'assemblée connût bien sur quels faits portait son accusation; Dioscore requit pareillement cette lecture, puis se rétracta. « Je crois, dit-il, que la première chose est d’examiner entre nous

4. Non patimur ut iste sedeat, qui judicandus advenit. Concil., IV, p. 95.

2. Eusebius transiens in medium dixit: Per salutem vos dominorum universi mundi, jubetc preces meas legi, sicut placuit piissimo Imperatori. Læsus sum a Dioscoro, læsa est fides. Occisus est Flavianus sanctus episcopus, lacrymis impleor,simul mecum injuste ab eo damnatus est. Concil., IV, p. 95.

Las

la question de foi 1. » C'était précisément ce qu’il avait repoussé au faux synode d'Éphèse comme une formalité superflue, et le concile y put voir une première preuve de sa duplicité. « Vous êtes accusé, défendezvous d’abord, » lui firent observer les magistrats. La lecture des actes d’Éphèse, alors commencée, donna : lieu à divers incidents où se dessina d’une façon toute particulière la physionomie du concile. |

Les actes ou procès-verbaux de ces assemblées ecclésiastiques étaient très-étendus et très-complets, et on y annexait d'ordinaire in extenso les pièces et correspondances qui faisaient corps avec eux. Au procèsverbal de l'assemblée d'Éphèse se trouvaient jointes es lettres de l’empereur Théodose II touchant la convocation du concile, et une entre autres fort injurieuse pour l’évêque.de Cyr, Théodoret, dont elle prononçait l'exclusion. Quand le secrétaire eut lu cette pièce, il ajouta : « Les choses ont changé depuis lors : notre pieux empereur Marcien a fait cesser l'exil du révérendissime Théodoret, et, sur sa demande, le très-saint pape Léon lui a rendu son rang d’évêque; il peut donc entrer ici, notre Empereur l'ayant d’ailleurs convoqué ?. »

4. Supplico per vestram magnificentiam, in primis quæ de fide sunt examinari. Concil., IV, p. 98.

2. Interim adversus accusationem te convenit respondere. Concil., IV, p. 98.

3. Ingrediatur reverendissimus episcopus Theodoretus, ut sit particeps synodi, quia et restituit ei episcopatum sanctissimus archiepiscopus Leo, et sacratissimus et piissimus Imperator sanxiteum adesse sanctæ synodo. Concil., IV, p. 102.

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