‹ Nestorius et EutychèsChapitre 194 sur 279 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

rédigé par écrit leurs déclarations, — il parlait sans doute des votes motivés qu'on leur arrachait, — si ce n’est eux-mêmes? Que votre magnificence les oblige à le dire‘. » Pour couper court à une altercation qui eût absorbé toute la séance sans résultat, les magistrats ordonnèrent qu’on poursuivit la lecture des actes.

La mention de la lettre du pape Léon à Flavien, dont on avait refusé la communication au faux concile d’Éphèse par une suite de subterfuges, donna lieu à de, nouveaux débats. Il en résulta que Dioscore était seul responsable de ce refus, et non, comme il l'insinuait, ses assesseurs Thalassius, Juvénal et les autres ; mais ces insinuations ne laissèrent pas d’irriter contre lui ses anciens collègues à la présidence, qui virent bien que son plan de défense était de rejeter entièrement sur eux une partie de ses fautes ou de les entraîner tous dans sa perte; ils songèrentalors àse dégager d’une responsabilité dangereuse. À un certain endroit des actes, les Orientaux ayant signalé une fausse déposition : «Il faut vérifier, dirent les membres du concile; qu'on fasse venir les notaires synodaux. — Demandez plutôt que Dioscore fasse venir les siens, interrompit Théodore de Claudiopolis, car il a chassé tous les autres, et n’a laissé recueillir de notes qu’à des hommes dont il était sûr?.— De quelle main sont libellés les actes? reprirent

4. Quia asserunt se non audisse quæ judicata sunt vel disposita sed simpliciter in oblata sibi pura charta subscripsisse cos supplico dicere eos præcipiat magnificentia vestra. Concil., IV, p. 145.

2. Deducat notarios suos; ejiciens enim omnium notarios, suos fecit scribere. Concil., IV, p. 127.

les magistrats. — Chacun, répondit Théodore de Claudiopolis, a fait écrire pour lui ses notaires; les miens l'ont fait pour moi, ceux de Thalassius pour lui, ceux de Juvénal pour lui’; il y avait également les notaires de plusieurs autres évêques qui écrivaient. »

Eusèbe de Dorylée, se levant alors, pria les magistrats de faire entendre Étienne d'Éphèse, qui avait des renseignements curieux sur cet objet. Requis de s’expliquer, Étienne le fit en ces termes : « Mes notaires, dit-il, pour fournir un exemple de la manière dont Dioscore traitait ou faisait traiter ceux des autres, tenaient des notes pour moi; ils étaient deux : Julien, maintenant évêque de Lébède, et Crispinus, diacre. Dès que Dioscore les aperçut, il envoya vers eux ses notaires à lui, lesquels s’emparèrent de leurs tablettes, qu’ils effacèrent, et faillirent leur rompre les doigts en voulant leur arracher leurs écritoires*. C’est pour cela que je n’ai point eu copie des actes, et je ne sais ce que sont devenues les notes qui m’étaient destinées. » Les manœuvres de Dioscore se dévoilaient ainsi à chaque ligne des actes, et tous les témoignages tournaient à sa confusion. |

Quand on en vint à la profession de foi d’Eutychès,

1. Unusquisque per suos notarios scripsit; mei mea; religiosissimi episcopi Juvenalis sui; religiosissimi episcopi Thalassii sui. Concil., IV, p. 130.

2. Excipiebant notarii mei, Julianus, qui nunc est reverendissimus - episcopus Lebedi, et Crispinus diaconus, et venerunt notarii reverendissimi episcopi Dioscori, et deleverunt tabulas eorum, et digitos -eorum pæne fregerunt, volentes tollere et thecas eorum. Concil., 1V, p. 430. .

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