LIVRE VII
de son épiscopat, nous menaça de la mort tous deux, si nous réclamions la moindre parcelle de cet héritage, et, par une persécution incessante, nous força tous de quitter Alexandrie, pour aller chercher à Constantinople la protection qui nous manquait chez nous. Le patriarche, en effet, effrayait les magisirals, et tous se taisaient devant lui; mais sa haine nous suivit à Constantinople. On nous calomnia près du ministre Nomus et de l'eunuque Chrysaphius, qui gouvernait tout alors et partageait avec lui le fruit de ses rapines. A notre arrivée, nous fûmes appréhendés au corps, jetés en prison, mis à la torture, jusqu'à ce que nous eussions donné tout ce que nous apportions avec nous; nous fûmes même obligés d'emprunter plusieurs sommes à gros intérêt.»
« Mon frère est mort de privations et de souffrance, et je suis demeuré avec sa femme, ses enfants et nos tantes,chargés des dettes de la famille et n’osant pas nous montrer, tant nous étionstous misérables. Cependant, de peur qu'il ne nous restât une retraite, Dioscore a jeté son dévolu sur nos maisons pour en faire des églises ; il a même enfermé dans le terrain ecclésiastique la mienne, qui est à quatre stades des autres et dont la situation ne convient point à un tel usage. Non coulent encore de cela, il m'a déposé de la prétrise sans aucun sujet, et depuis sept ans nous sommes
1. Sub eustodia habiti, diversis sumus pœnis subjecti, quousque omn'a que in mobilibus habebamus, daremus, ita ut cum tormentis non sufficeremus, quasi pro remedio cogeremur gravissimis usuris multos fæneratores inquirere. Concil., IV, p. 408.
332 NESTORIUS ET VF ,TYCHÈS.
usage le patriarehe emple : nos créanciers que par et ses ensevelisseurs de ” me la liberté de demeurer écrivait-il, j'ai vu lan” «ns les monastères. Je m'étais faisait vivre une t w la Métanée, à Canope, qui a de dus armés pour :sssile : Dioscore, ne pouvant m'en incendiée, mg ad que je pusse user du bain public, terre mis, pain ou aucune autre nourriture, de voulatr “our ne pas mourir de faim, j'en suis sorti ou p' / nt*, et maintenant, je suis réduit à menap” deux ou trois esclaves qui me restent. Les rs # qui ont été exigées de nous, tant de notre
1 des emprunts que nous avons faits, montent
Prison à 1,400 livres d’or, et ont passé dans les mains 005 persécuteurs. Tel est le destin des sœurs du pienbeureux Cyrille, nos tantes, de la veuve de mon
frere et de ses enfants orphelins. »
La dernière requête était celle d’un laïque, Sophronius. Elle témoignait que, si le patriarche se montrait indulgent pour lui-même en fait de mœurs, il n’était pas moins complaisant pour les vices des autres. Sophronius, à ce qu'il paraît, était mari d'une fort belle femme. Un officier de la préfecture d’Alexandrie en devint amoureux et l’enleva. Le mari fit sa plainte à l'Empereur, et un ordre arriva de la cour pour que sa femme lui fàt rendue et le ravisseur puni. Celui-ci se