‹ Nestorius et EutychèsChapitre 210 sur 279 · LIVRE VIl · texte numérisé non relu

LIVRE VIl

cité par trois fois, il s'était abstenu de comparaître, les légats déclarèrent que Dioscore, ci-devant évêque d'Alexandrie, s'était condamné lui-même aux peines portées par les canons, qu’il avait violés de tant de manières. « En conséquence, dirent-ils en terminant, le très-saint archevêque Léon et l’apôtre Pierre, qui est la pierre fondamentale de l’Église catholique et de la foi orthodoxe, par nous, les légats du siége apostolique, et par le présent concile, le dépouillent de sa dignité d’évêque et de tout ministère sacerdotal'. »

Après ces discours par lesquels ils formulaient leur avis, les légats prièrent les membres du concile d’opiner l’un après l’autre. Le patriarche de Constantinople, Anatolius, parla le premier, comme primat de l'Orient, et dit que, « suivant en tout les sentiments de Rome, il condamnait Dioscore à la déposition »; le patriarche d’Antioche en fit autant, « parce que l'accusé avait désobéi aux sommations du concile ? », et ce fut la formule qu'employèrent presque tous les orientaux. Quelques-uns ajoutèrent aux motifs tirés de la contumace « qu’il avait faussement condamné le martyr Flavien et amené sa mort », sur quoi Sabbas, évêque

4. Unde sanctissimus et beatissimus archiepiscopus magnæ et senioris Romæ Leo,per nos et per præsentem sanctam Synodum, una cum ter beatissimo et omni laude digno beato Petro apostolo, qui est petra et crepido catholicæ ecclesiæ, et rectæ fidei fundamentum, nudavit eum tam episcopatus dignitate, quam etiam et ab omni sacerdotali alienavit ministerio. Concil., IV, p. 426.

2. Quoniam super alia et tertio ad se facta regulari vocatione, inobediens visus est, non oçcurens. Concil., IV. p. 426.

de Palthes, l’appela un nouveau Caïn’. Beaucoup s’en référèrent dans leur vote à l'opinion du siége apostolique et à celle de l’archevêque Anatolius, quelquesuns au sentiment qu’ils voyaient régner dans l’assemblée. Le prêtre Bonifacius dit qu'il le condamnait en vertu de la définition de l'Église romaine. Il y eut un évêque qui opina et souscrivit en persan?.

La condamnation ainsi prononcée verbalement, puis confirmée par écrit, le concile la fit signifier au condamné et aussi à Charmosynus, prêtre et économe, à Euthalius, archidiacre, et à d’autres clercs d’Alexandrie qui se trouvaient à Chalcédoine, les avertissant de mettre sous le séquestre les biens de leur Église jusqu’à l'installation du nouvel archevêque. La sentence fut rendue publique par une affiche adressée à tout le peuple de Constantinople et de Chalcédoine, déclarant qu’il ne devait rester à Dioscore aucune espérance d’être jamais rétabli, quoi qu’il en püt dire, car l’ancien patriarche, aussi insolent après qu’avantsa déposition, affirmait à tout venant qu’il se souciait peu du concile, dont la sentence ne l'empêécheraïit pas de reprendre bientôt son trône patriarcal et son troupeau. Pour faire taire ce bruit, qui commençait à courir et pouvait agiter l'Égypte, l'empereur Marciense hâta de faire conduire le condamné à Gangres, en Paphlagonie, qu'il lui assigna pour lieu d’exil.

4. Juste et sancte sancti patres damnaveruntnovum Caïn Dioscorum Alexandrinæ magnæ civitatis quondam episcopum. Concil., IV, p. 439.

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