LIVRE VIl
siéges, qu’on les prenne, nous ne désirons plus être évêques; faites seulement que nous ne mourions pas‘! Donnez-nous un archevêque; nous souscrirons comme vous le demandez; et, si nous résistons, punissez- : nous. Oui, choisissez un archevêque; nous attendrons ici jusqu’à ce qu’il soit ordonné*. »
Cette scène déchirante, la vue de ces vieillards pleins de larmes, émurent les magistrats et les sénateurs. « Il nous paraît raisonnable, dirent-ils, que les évêques d'Égypte demeurent en l’état où ils sont, à Constantinople, jusqu’à ce qu’on institue un patriarche de leur province. — Eh bien ! reprit Paschasinus, qu'ils donnent donc caution de ne point sortir de cette ville jusqu’à ce qu’Alexandrie ait un évêque! » Les magistrats décidèrent qu’ils donneraient caution, du moins par leur serment. Cet épisode du concile de Chalcédoine fait voir qu’il existait dans l’Église orientale bien des organisations diverses, malgré l’unité des canons : disciplinaires, et cette diversité tenait à des traditions antérieures au christianisme ou du moins aux prescriptions uniformes des conciles. On y trouve aussi la confirmation de bien des faits de l’histoire, qui sem-
4. Sedes nostras volunt : tollant. Nolumus esse episcopi, solummodo non moriamur. Concil., t. IV, p. 518.
2. Date archiepiscopum, et si contradixerimus, punite nos. Consentimus eis quæ decreverit potestas vestra. Non contraditimus, sed eligite archiepiscopum : hic exspectamus usque dum ordinetur. Concil,, t. IV, p. 518.
3. Si præceperit gloria vestra, et jubetis illis aliquid præstari humanitatis, fidejussoribus datis, non exeant de ista civitate, quamdiu Alexandria episcopum accipiat. Concil., t. IV, p. 518.
blent à peine croyables, sur la tyrannie des patriarches d'Égypte, la soumission servile de leur clergé, la terreur qu'ils inspiraient aux populations, enfin sur ce régime sacerdotal que les chrétiens eux-mêmes qualifiaient de pharaonique, et dont en effet il fallait aller chercher l’origine dans le gouvernement des pharaons. |