‹ Nestorius et EutychèsChapitre 220 sur 279 · LIVRE VIIT · texte numérisé non relu

LIVRE VIIT

Carosius, Dorothée, Maxime et tous les partisans de Dioscore réclament en faveur de l’ancien patriarche d'Alexandrie. — Curieux détails sur quelquesuns des signataires de la requête. — La demande de réhabilitation de Dioscore soulève de nouvelles scènes de désordre dans le concile, — Les requérants refusent de signer la lettre du pape Léon. — Anatolius présente un projet de définition de l’Incarnation : les Orientaux ne veulent pas l’accepter. — L'Empereur demande de nommer , une commission pour trancher le différend. — Séance du Hariyrium. — La définition est acceptée. — Marcien préside une séance impériale. — Réhabilitation de la mémoire de Flavien et rétablissement dans leurs siéges de Théodoret et d’Eusèbe. — Histoire de Bassianus, évêque d'Éphèse : sa vie, sa charité, sa lutte contre Memnon. — Le prêtre Étienne fait emprisonner Bassianus et se fait ordonner évêque à sa place. — Bassianus demande réparation au concile. — Interrogatoires d’Étienne et de Bassianus. — Les magistrats décident qu'il y a lieu de nommer un troisième évêque d'Éphèse.

La lettre du pape Léon était devenue au concile de Chalcédoine le sujet de tous les débats : on eût dit qu’elle absorbaït le concile tout entier. L'importance n’en était pas moins grande au dehors, et l'obligation de la souscrire ne se borna pas seulement aux évêques. Par une exagération de zèle destinée probablement à masquer son origine égyptienne et les circonstances de sa récente fortune, l’ancien apocrisiaire d’Alexandrie, la créature de Dioscore, élevé par lui sur le

trône de Constantinople lorsque le cadavre du martyr Flavien était à peine refroidi, Anatolius en un mot, imagina de la faire souscrire aux monastères de la ville impériale. Or on a vu combien les monastères en général, et ceux de Constantinople en particulier, étaient attachés à l’erreur d’Eutychès. Vainement ce sectaire avait été chassé de son couvent par l’autorité de l'Empereur, vainement l'archevêque l'avait remplacé par un archimandrite catholique; ses moines lui restaient fidèles, et son crédit ne s'était guère amoindri dans les autres couvents. Lui-même, banni à peu de distance de la ville, n’en était pas moins puissant, et bien des yeux restaient fixés sur lui. Son sort pourtant ne laissait pas d'intimider les archimandrites, jadis ses amis; beaucoup fléchirent sous les injonctions d’Anatolius, mais plusieurs aussi résistèrent, — et à leur tête trois hommes d’un caractère ferme et d'une conviction ardente, Carosius, Dorothée et un certain Maxime, que l’on prétendait avoir été le maître ou du moins linspirateur d’Eutychès !.

Dans les couvents de la ville, un grand nombre de moines, plus encore au dehors, parmi ces bandes arrivées d'Égypte, de Palestine et de Syrie, leur prétaient un appui tantôt ouvertement déclaré, tantôt occulte: larmi ces derniers figurait l’archimandrite Barsumas avec sa milice redoutée de moines assommeurs. Tous ces gens, amoureux d'opposition et de troubles, incitaient Carosius et ses compagnons à se séparer de

1. Maximus archimandrita est, magister Eutychis. Concil., IV, p. 518.

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