‹ Nestorius et EutychèsChapitre 22 sur 279 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

effraye un enfant : cela vient de son manque de savoir, car, se voyant naturellement disert, il a voulu paraître encore érudit lorsqu'il n’était au fond qu’un ignorant. Il n’avait jamais daigné lire les anciens commentateurs, se mettant bien au-dessus de tout le monde. S'il avait connu les livres saints, il aurait su que l’apôtre Jean a écrit dans son épîire catholique que « tout esprit qui sépare Jésus de Dieu n'est pas de Dieu ‘ ». Si ces mots ne se trouvent pas dans certains exemplaires, c'est qu'ils en ont été retranchés par des hérétiques qui ne voulaient pas confesser l’unité des deux natures en Jésus-Christ. Voilà ce que Nestorius aurait dû savoir. Il aurait dû savoir aussi, lui qui repousse le titre de mère de Dieu comme une nouveauté, que ce mot se trouve dans les anciens Pères, particulièrement dans Origène et dans Eusèbe, qui nous dit à propos de Constantin que la mère de cet empereur, la très-révérée Hélène, construisit sur la sainte caverne de Bethléem une basilique à la glorification de la Vierge mère de Dieu°. » Les appréciations étaient, comme on le voit, très-diverses; mais les haines se prononçaient avec acharnement, et l’idée de mettre en accusation l'archevêque fit son chemin dans beaucoup de têtes. Lui cependant faisait face fièrement aux attaques : l'esprit de système l'avait rendu intolérant, la lutte le rendit cruel.

4. Primum igitur ignoravit, in catholica Joannis epistola ita scriptum esse in antiquis exemplaribus : « Omnis spiritus qui Jesum a Deo separat, non est ex Deo. » Socr., VII, 32.

2. Idcirco Deo carissima Helena Augusta Deiparæ virginis partum

Réunissant autour de lui quelques évêques de passage à Constantinople, il en forma un conciliabule dont les décisions le couvrirent quand il voulait sévir contre tel.ou tel de ses prêtres. Il suspendit ou chassa de cette façon les plus ardents, sans oser pourtant toucher à Proclus, que le respect public protégeait. Les prêtres qui ne voulaient pas baisser honteusement la tête sous ce rude bâton pastoral choisissaient des églises modestes et des chapelles où, loin de la surveillance de l'évêché, ils endoctrinaient les fidèles tout autrement que ne l’eûtsouhaité Nestorius. Celui-ci, ayant découvert qu'un de ces rassemblements avait lieu dans une petite église située près de la mer, obtint du préfet qu’on y envoyât des soldats pour chàtier les séditieux. Les soldats vinrent, semparèrent des prêtres, et chassèrent les fidèles à coups d'épée. Cette expédition épiscopale ne fut guère du goût du peuple de Constantinople, qui criait pendant que les soldats frappaient : « Nous avons un empereur, nous n'avons pas un évêque ! ‘»

Le palais impérial n était pas resté exempt des agitations qui troublaient la ville, et la paix s’en retirait peu à peu. Dans la partie réservée à l’empereur, à la cour, au gouvernement, Nestoïius triomphait; nul n'aurait osé y. soutenir Marie théotocos. Théodose

eximiis monumentis ornavit, sacram illam speluncam omni cultus genere illustrans. Socr., VH, 32. — Voir mes Récits de l’Histoire romaine : Saint Jérôme; — la Société chrétienne en Occident, V, 3.

4. Imperatorem habemus, episcopum non habemus. Concil., D], p. 427.

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