‹ Nestorius et EutychèsChapitre 231 sur 279 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

chèrent en outre que, parmi les pièces annexées à la définition comme pièces canoniques ou quasi canoniques, on ne glissât la troisième lettre de Cyrille à Nestorius, laquelle contenait les anathématismes. La proposition venait d’évêques eutychiens ou semi-eutychiens, mais la commission la rejeta sagement; c'eût été rallumer les torches de la guerre au milieu d'un travail de pacification. Enfin on s’accorda sur un projet que nous donnerons tout à l'heure. Quand tout fut convenu, les magistrats, suivis des évêques, allèrent reprendre leurs places dans l'assemblée, et la séance recommença. Ce n’était pas précisément, ainsi que l'Empereur avait paru le désirer, une formule brève et concise définissant le mystère de l’Incarnation, comme le symbole de Nicée avait défini celui de la Trinité, c'était une exposition assez longue dont une portion pouvait servir à l’usage qu’en voulait faire Marcien. Les magistrats s’en contentèrent prudemment, et le projet fut présenté au concile comme voté par l’unanimité de la commission.

Quand tout le monde fut assis, le chef des magistrats prononça ces paroles : « Plaise au saint synode d'écouter en silence ce que les très-saints évêques réunis à l’oratoire viennent de décréter sur la foi, nous présents '. »

L’archidiacre Aétius, prenant alors la minute de la

4. Dignetur sancta Synodus fidem continens, cum taciturnitate audire quæ decreta sunt in præsentia nostra a congregatis sanctissi-

mis Patribus, qui et definitionem fidei interpretati sunt. Concil., IV, p. 561.

définition dressée au nom du concile, en donna lecture au milieu d’une profonde attention. Elle commençait par une transcription du symbole de Nicée et de celui de Constantinople, servant pour ainsi dire de préambule. « Ces deux symboles, y disait-on ensuite, avaient suffi longtemps à la connaissance de la foi: mais tout récemment les ennemis de la vérité avaient inventé de nouvelles expressions pour anéantir le dogme de l’Inearnation, les uns en refusant à la Vierge Marie le titre de mère de Dieu (théotocos), les autres en introduisant dans la personne de Jésus une confusion et un mélange des deux natures, et forgeant cette opinion insensée et monstrueuse, qu'il n'y a qu’une nature de la chair et de la divinité et que la nature divine du fils de Dieu est sujette à la souffrance comme sa nature humaine. C’est pourquoi le saint concile œcuménique, voulant mettre à néant ces entreprises sacriléges et montrer que la doctrine de l’Église est inébranlable, arrête la définition suivante! :

« Que l’on doit confesser un seul et même Jésus- Christ notre seigneur, le même parfait dans la divinité et parfait dans l'humanité, vraiment Dieu et vraiment homme, le même composé d’une âme raisonnable et d’un corps, — consubstantiel au Père selon la divinité et consubstantiel à nous selon l'humanité, — en tout semblable à nous, hormis le péché ?, — engen-

4. Propter hoc illis omnem machinationem contra veritatem volens claudere præsens nunc sancta et universalis Synodus, prædicationem hanc ab initio immobilem docens decrevit. Concil., IV, p. 565

2. Per omnia nobis similem absque peccato. Concil., IV, p. 568.

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