‹ Nestorius et EutychèsChapitre 232 sur 279 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

dré du Père avant les siècles selon la divinité, et dans les derniers temps né de la Vierge Marie, mère de Dieu selon l'humanité, pour nous et pour notre salut; un seul et même Jésus-Christ fils unique, seigneur en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation, sans que l’union ôte la différence des natures ! : au contraire la propriété de chacune est conservée, et concourt en une seule personne et une seule hypostase, en sorte qu’il n’est pas divisé ou séparé en deux personnes, mais que c'est un seul et même fils unique, Dieu Verbe notre seigneur Jésus-Christ ?. Le concile défend à qui que ce soit d'enseigner ou penser autrement, sous peine aux évêques et aux clercs d’être déposés, aux moines et aux laïques d’être anathématisés. »

Après la lecture de cette exposition de foi, tous les évêques s’écrièrent : « C’est la foi des Pères; que les métropolitains souscrivent à l'instant même, qu'ils souscrivent en présence des magistrats : ce qui a été bien défini n’admet point de délai. C’est la foi des apôtres ; nous Ja’ suivons tous. » Les magistrats dirent alors : « Ce que les évêques ont établi, et qui leur convient à tous, sera communiqué à l'Empereur *. » La cinquième Action finit ainsi.

4. Unum eumdemque Christum, filium, dominum, unigenitum, in duabus naturis inconfuse, immutabiliter, indivise, inseparabiliter agnoscendum. Concil., 1V, p. 568.

2. Non in duas personas partitum aut divisum, sed unum eumdemque filium et unigenitum Deum Verbum, dominum Jesum Christum. Concil., IV, p. 568.

3. Quæ a sanctis Patribus statuta sunt, et omnibus placuerunt manifesta fient sacro vertici. Concil., VI, p. 568.

La séance du Martyrium resta célèbre dans l’antiquité, et la légende s’en empara bientôt. Elle raconta que les évêques réunis autour du tombeau d’'Euphémie, ne pouvant s’accorder sur la rédaction d’un projet, convinrent de s’en remettre au jugement de la sainte. Chaque parti, hérétiques d’un côté, catholiques de l’autre, formula sa proposition sur deux rouleaux de papier séparés qui vers le soir furent déposés à l'extrémité du cercueil, fermé ensuite à clé et scellé soigneusement. Puis l’assemblée se mit à supplier la sainte de l’éclairer par une révélation, et suivant le récit légendaire, la commune prière aurait duré toute la nuit. Le lendemain matin, les évêques enlevèrent les sceaux et ouvrirent la châsse, et alors un spectacle étrange frappa leurs regards. La sainte tenait un des rouleaux dans sa main; l'autre était jeté sous ses pieds avec l'apparence du mépris : celui qu’elle tenait était naturellement le symbole catholique *.

Une variante de la légende porte que, l'Empereur et l'archevêque de Constantinople ayant été appelés pour contempler le prodige, Euphémie, levant le bras, leur tendit le rouleau qui contenait la profession de foi orthodoxe. Cette fable, recueillie dans les temps postérieurs par des historiens peu scrupuleux sur la vraisemblance, devint tellement populaire qu’on ne peignit plus la patronne de Chalcédoine qu’un rouleau de papier à la main *, comme une sibylle qui gui-

4, Nam orthodoxorum sentientium libellus tenaciter victricis illius martyris manibus continebatur : alter autem ad pedes illius

projectus jacebat. Niceph., XV, 5.

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