‹ Nestorius et EutychèsChapitre 233 sur 279 · ILE · texte numérisé non relu

ILE

Le concile avaitenfin donné son symbole du mystère de l’Incarnation. Marcien voulut inaugurer lui-même l'achèvement de cette œuvre si péniblement enfantée, et le 25 octobre, trois jours après l'acceptation synodique de la définition, se tint la séance impériale. Pendant toute la durée du concile, ce fut la première et la dernière à laquelle l'Empereur présida en personne. Pulchérie Augusta était à ses côtés, et derrière eux marchaient, par ordre de dignité, les plus hauts officiers de l’Empire et des sénateurs au nombre de 1irentequatre. Arrivés en grande pompe à l’église de Saintc- Euphémie, l'Empereur, l’'Impératrice et leur cortége prirent place aux siéges réservés à la présidence, ayant à dos la balustrade du chœur, et à droite et à gauche, dans les travées, les évêques rangés suivant leur importance. L'assemblée était plus nombreuse qu’on ne l'avait encore vue, et l'appareil de grandeur dont les souverains s'étaient environnés ajoutait encore à la majesté de la réunion.

La séance fut ouverte par un discours de Marcien prononcé en latin, idiome officiel du gouvernement romain, répété ensuite par lui-même en langue

grecque ‘ avec certains développements. Le prince y disait que, depuis le jour où un jugement de Dieu l'avait élevé à la direction des affaires, son plus ardent désir avait été de remédier aux maux qui déchiraient la foi. Faire cesser dans l’Église les divisions provoquées par les mauvaises passions des uns, par l’avarice des autres — il faisait allusion à leunuque Chrysaphius — était devenu l'objet de ses constantes préoccupations. Aussi, non content de convoquer ce saint concile universel, il avait voulu y assister lui-même, pour appuyer les résolutions des évêques et non pour les dominer, suivant en cela l’exemple du religieux empereur Constantin. Affligé de voir la vérité de la foi obscurcie par les erreurs et les dissensions d'hommes corrompus, il cherchait aujourd'hui à dissiper ces obscurités et à replacer la foi dans son unité: c’était donc aux évêques à l’expliquer sincèrement et telle qu'ils l'avaient reçue de la tradition.

« De même qu'à Nicée, ajoutait-il en terminant, la foi a été manifestée par l’œuvre des trois cent dixhuit Pères, ainsi par vos travaux des erreurs récentes seront dissipées, et l'orthodoxie fondée à tout jamais. La Providence divine fera le reste, elle rendra inébran lable l'ouvrage que j'ai toujours tant souhaité voir debout, et que vos mains ont élevé pour le bien de la religion *. » Quand il eut fini, les évêques firent

4. Allocutus est primum latine et postmodum græce. Concil., IV p. 9,7.

2. Erit autem hoc divinæ providentiæ, ut id quod pio proposito fieri curamus, semper ad utilitatem, quæ per vos orta est, firmiter conservetur. Concil., IV, p. 580.

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