‹ Nestorius et EutychèsChapitre 234 sur 279 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

entendre les acclamations d'usage : « longues années à l'Empereur, longues années à l’Impératrice, longues années aux princes orthodoxes! » On y joignit celles-ci : « à Marcien, nouveau Constantin! à Pulchérie, nouvelle Hélène! »

Aétius dit alors qu'il avait entre les mains la défnition faite par le concile. Marcien lui commanda de la lire. Elle était suivie de trois cent cinquante-six souscriptions, y compris celles des légats dont les noms figuraient les premiers. Diogène, métropolitain de Cyzique, avait souscrit tant pour lui que pour six évéques, ses suffragants, absents : ainsi avaient fait Théodore de Tarse et douze autres métropolitains. La lecture finie, l'Empereur demanda si tous étaient d’accord sur cette confession de foi; l'assistance répondit d'une commune voix : « Tous nous croyons ainsi, tous nous avons souscrit volontairement, tous nous sommes orthodoxes; » puis les acclamations recommencèrent en l'honneur de Marcien Auguste et de Pulchérie Augusta. On leur donnait les noms de lumières de la foi et de flambeaux de l'univers. « Vous êtes la paix de l’Empire, leur disait-on encore, puisse votre foi vous conserver à jamais! ? »

Quand le bruit des acclamations eut cessé, l'Empereur reprit la parole en ces termes : « La foi catho-

4. Imperatori multos annos! Augustæ orthodoxæ multos ennos! Marciano novo Constantino, Augustæ novæ Helenæ multos annosf Concil., IV, p. 580.

9. Vos lumina orthodoxæ fidei, propter hæc ubique pax est. Luminaria mundi domine tu custodi..…… Custodem fidei Deus custodiat. Concil., IV, p. 608.

380 NESTORIUS ET EUTYCHEÈS.

lique ayant été déclarée, nous estimons juste et utile d’ôter à l'avenir tout prétexte de divisions. En conséquence, quiconque suscitera des troubles en public à propos de la foi, soit par des rassemblements, soit par des discours, sera sévèrement châtié; si c’est un particulier, on le chassera de la ville impériale ; si ç’est un officier, il sera cassé ; si c’est un clerc, il encourra la déposition, nonobstant d’autres peines civiles t, » Ces paroles, qui étaient la sanction du décret du concile, furent accueillies avec enthousiasme. On cria : « Anathème à Nestorius; anathème à Eutychès ; anathème à Dioscore! C’est la Trinité qui les a condamnés; c’est la Trinité qui les a chassés ? : » les évêques faisaient allusion au nombre trois de ces hérétiques, qui semblaient aussi former une trinité de mensonge et de blasphème.

La séance continua sous la présidence des Augustes. « Il existe, dit Marcien, quelques articles de discipline que nous vous avons respectueusement réservés, jugeant convenable qu'ils soient prescrits canoniquement par le concile plutôt que commandés par nos lois », et sur l’ordre du prince le secrétaire Béronicien en donna lecture. Il y en avait trois; le premier s’'exprimait ainsi : « Nous estimons dignes d'honneur ceux qui embrassent sincèrement la vie monastique; cepen-

1. Si idiota sit, ab urbe rcgia expelletur : militaris vero et clericus gradus sui periculum sustinebunt et pœnis aliis subjacebunt. Concil., IV, p. C08.

2. Nestorio, et Eutychi, et Dioscoro anathema. Trinitas eos tres damnavit. Trinitas eos tres cjecit. Concil., IV, p. 609.

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