Concil., IV, p
30 NESTORIUS ET EUTYCHEÉS.
Nestorius s'était cru assez fort dans l'esprit de l’empereur pour lutter de front contre Augusta elle-même. Intrigant et indiscret, il n'avait pas manqué d’observer dans les relations de la famille impériale certaines choses qui lui donnaient prise sur elle. Il avait constaté d’abord que Théodose nourrissait une secrète jalousie contre cette sœur qui l'avait élevé, et avait fait fleurir son gouvernement alors qu'il n’était lui-même qu’un enfant. Ces services semblaient lui peser; la considération dont l’ancienne régente continuait à être entourée le gênait comme une diminution de la sienne, et il y avait assez de gens pour lui répéter que le peuple voulait un souverain et non le pupille d’une femme. Que Nestorius fût des premiers à se servir de ce honteux moyen pour annuler le pouvoir d’Augusta, la suite des faits ne laisse aucun doute à cet égard. Le patriarche avait aussi remarqué la préoccupation constante de Pulchérie pour Paulinus, l'ami de son frère et celui de l'impératrice*. On y voyait l'indice d’une passion secrète que la chaste fille comprimait le plus qu'elle pouvait, mais qui éclatait néanmoins malgré elle. La malignité publique commençait à s'exercer déjà sur le sort de cette jeune femme, qui s'était jugée assez forte à l'âge où l'on ignore le monde pour s'engager sans regret dans la vie religieuse. Le regret paraissait lui être aujourd'hui venu, quoiqu'elle le combatttt vaillamment. Les chuchotements de la médisance et
4. J'ai raconté la première partie de la vie de Pulchérie dans le
volume de mes Récits de l'Histoire romaine, intitulé : Placidie et Pulchérie. — Le Démembrement de l'Empire.