‹ Nestorius et EutychèsChapitre 244 sur 279 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

déposé par l'autorité de l'empereur Théodose, du pape Léon et de l'archevêque Flavien. » Plusieurs fois ce dernier nom avait été invoqué par lui dans Pintérêt de sa cause, sur quoi Cécropius de Sébastopolis, indigné, — çar l’évêque d'Éphèse était un de ceux qui avaient condamné Flavien au concile du Brigandage, — l'interrompit en disant : « Seigneur Étienne, que Flavien est puissant, même après sa mort! » Ce mot et le souvenir qu’il réveillait produisirent une émotion générale. Les évêques et les clercs de Constantinople s’écrièrent : « Éternelle mémoire à Flavien! Voilà la vengeance, voilà la vérité! Flavien vit après sa mort; le martyr prie pour nous?! »

Étienne objectait à son adversaire les canons seizième et dix-septième d’Antioche, dont le premier défend à un évêque vacant de s’ingérer à une autre Église vacante, quand même il prétendrait y être forcé, et le second frappe d’excommunication l’évêque qui pe se rend pas à l’Église pour laquelle il est ordonné. Or Bassianus, de toute évidence, tombait sous l’application de l’un ou de l’autre canon; néanmoins les évêques d'Asie penchaïent généralement pour lui, et leur prédilection se fondait sur d’assez fortes raisons. En effet, si Bassianus était un usurpateur — et comment se füt-on persuadé qu'il ne l'était pas? — il avait usurpé un siége vacant. Étienne au contraire s'était

4. Domine Stephane, cognosce quantum potest Flaviauus beatæ memoriæ etiam post mortem. Concil., IV, p. 697.

2. Ecce ultio, ecce veritas. Flavianus post mortem vivit : martyr pro nobis orct. Concil., IV, p. 697.

intrus violemment sur un siége occupé par un autre. Or entre ces deux actes la différence était grande, et plus d’un évêque, en songeant à lui-même, pouvait trouver le premier crime un péché véniel comparativement au second. Cependant l’interrogatoire se continuait au milieu des démentis mutuels, et les adversaires montraient une aigreur croissante. Le système de Bassianus consistait à représenter son élection comme ayant été parfaitement calme et son ordination comme fort régulière. A la déposition de l’évêque Olympius, son unique ordonnateur, qui démontrait précisément le contraire, il ne put se contenir et s’écria : « Il ment'! » Étienne n’était pas plus maître de lui-même, et, quelqu'un ayant dit que Bassianus était resté évêque d’Éphèse pendant quatre ans : « Dites tyran d’Éphèsel! » interrompit-il avec colère.

Au milieu du désordre, deux évêques d’Asie, s’avançant en face des magistrats, prononcèrent ces paroles tant en leur nom qu'en celui des autres suffragants de la province : « La justice et les canons ont été violés dans l’expulsion de Bassianus; c’est lui que nous reconnaissons pour évêque d’Éphèse. » Leur déclaration décida l'assemblée, et de toutes parts on entendit crier: « C’est juste, les canons le veulent: nous pensons tous ainsi. »

La cause de Bassianus était gagnée dans le concile, Elle ne l'était pas pour les magistrats: cette décision leur parut mauvaise, et pourtant ils ne s’intéressaient

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