‹ Nestorius et EutychèsChapitre 261 sur 279 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

qui se conduisaient en maîtres dans la ville. Cela posé, les requérants se mettaient à disserter sur les dogmes, disant que l'expression de deux natures en la personne de Jésus-Christ les avait troublés et épouvantés, et qu'il fallait bien se défendre de parler de la nature de Dieu. Quant à eux, ajoulaient-ils, jamais ils ne reconnaitraient un concile qui obligeait de croire à deux Christs, deux fils, deux personnes du Verbe divin, et tout en accusant le concile ils jetaient des soupçons d’hérésie sur la croyance des deux Augustes‘.

Irrité de l’inconvenance de la requête, Marcien voulait en châtier exemplairement les auteurs; Juvénal s’entremit pour l’apaiser, sachant que la disposition des esprits en Palestine exigeait, dans l'intérêt de la paix, plus de ménagement que de rigueur. L’Empereur finit par comprendre et céda; mais il écrivit à ces moines une grande lettre que nous avons encore, où la douceur du fond est suffisamment compensée par la sévérité du langage. « Il voulait bien leur pardonner, disait-il, à la condition qu'ils se tiendraient renfermés désormais chez eux, livrés à la prière et soumis aux évêques, et renonceraient à l'avenir à toute discussion sur les doctrines ?. »

Quant aux crimes dont les requérants prétendent se justifier, il leur répond qu'il a été informé de tout

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