LIVRE IX
écrivirent de Ravenne à la sollicitation de leur tante; mais elle n’osa jamais s'adresser directement à elle. Prières, supplications, conseils, Athénaïs rejeta tout, ne voulant pas se donner le rôle d’une criminelle repentante devant cet Empire qu'elle avait gouverné pendant vingt ans. Le malheur seul pouvait courber sous sa verge de. fer l’orgueilleuse fille de Léontius. Pulchérie mourut l’année suivante, 152. Sa mort ne fut marquée par aucune circonstance extraordinaire ; elle s’éteignit paisiblement à Constantinople dans la cinquante-quatrième année de son âge, et son corps alla rejoindre ceux de sa famille dans la basilique des Apôtres®?. Elle laissa de longs regrets après elle, quoique sa tâche principale fût depuis longtemps achevée. Souveraine politique, elle avait dirigé l'Empire avec sagesse; souveraine religieuse, elle avait combattu et triomphé pour l’orthodoxie. Placée par sa rare fortune en face des deux adversaires les plus redoutables qu’'eût rencontrés la foi depuis Arius, adversaires opposés entre eux, mais unis pour ébranler l'édifice de la Rédemption dans sa double assise, l'humanité du Christ et sa divinité, elle les avait tous les deux attaqués et terrassés tous les deux. C’est la gloire que lui attribua la chrétienté dans sa représentation la plus élevée, et l'on peut dire que cette petite-fille de Théodose eut pour flatteurs et des conciles et des papes. L'Église, après avoir glorifié sa vie, honora sa mémoire : le nom
4, Chron. Alexand., p. 740. — Idat., Caron.