Socr., VII
drie et d’Antioche une rivalité qui remontait presque au berceau du christianisme. Douées d'avantages et de mérites différents, elles se jalousaient l’une l’autre, et chacune aspirait à la primauté dans la chrétienté orientale, le premier rang entre toutes appartenant d'un commun accord à l’Église de Rome. Antioche faisait valoir en sa faveur sa double fondation apostolique par les deux princes de la prédication chrétienne, Pierre et Paul, son importance comme métropole ecclésiastique du vaste diocèse de Syrie, et aussi son rang dans l'ordre civil. Alexandrie opposait d’autres droits et d’autres prétentions aux prétentions et aux droits de sa rivale : la gloire de ses écoles où s'était créée l’exégèse chrétienne, l’éminence de ses docteurs admirés du monde entier‘, enfin le rôle de ses patriarches, qui était toujours de trancher les questions de doctrine dans les controverses religieuses. Le débat de primauté avait été, il est vrai, jugé en faveur d’Alexandrie par le concile de Nicée, dans le classement fait par lui des siéges épiscopaux; mais d’autres causes de jalousie avaient surgi depuis, et apportaient à l’ancienne rivalité un redoublement d’aigreur. L'Église d’Antioche avait pris depuis un siècle le plus noble essor par ses écoles d’éloquence; les grands orateurs, les grands écrivains chrétiens, les Basile, les deux Grégoire, Chrysostome et enfin Nestorius sortaient du diocèse de Syrie. Cette province pouvait se vanter aux 1v° et v* siècles d’avoir fourni les évêques les plus célèbres et
4. Voir mes Récits de l'Histoire Romaine : Saint Jérôme, VI, 1.