‹ Nestorius et EutychèsChapitre 31 sur 279 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

sujet, et qui n’ont pas été inutiles, car plusieurs se sont corrigés et ont appris de nous que l'enfant doit être consubstantiel à sa mère, qu'il n’y a aucun mélange du Dieu-Verbe avec l’homme, mais qu’il y a une union de la créature et de l’humanité du Seigneur jointe à Dieu et tirée de la Vierge par le Saint-Esprit. Que si quelqu'un emploie le mot de théotocos en vue de la nativité temporelle du fils de Dieu, nous disons que ce mot ne convient pas à Marie, car une vraie mère doit être de la même nature que ce qui est né d'elle. On peut néanmoins permettre l'emploi de ce terme en ce sens que le temple du Verbe, inséparable de lui, est tiré d'elle; mais qu'elle soit la mère du Verbe, cela ne se peut, car on n’enfante pas ce qui est plus ancien que soit. »

Cette distinction est souvent reproduite par les nestoriens dans le cours de la dispute. Cyrille avait écrit : « Qu'il dise comme nous Marie théotocos, et je lui ouvre les bras en frère?. » Nestorius finit en effet par le dire, mais en spécifiant bien qu'il entendait par là que Marie était mère de Dieu par cette raison que le Verbe divin s'était incarné dans celui qui était né de son sein, et non autrement. « Le corps de Jésus-Christ, ajoutait Nestorius, fut assurément le temple de la divinité; mais on ne peut

1. Ferri tamen potest hoc vocabulum propter ipsam considerationem, ct quod solum nominetur de virgine hoc verbum, propter inseparabile templum Dei Verbi ex ipsa; non quia ipsa mater sit Dei Verbi : nemo enim antiquiorem se parit. Concil., III, p. 351.

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