LIVRE PREMIER
anathématisée par les conciles soit en Orient, soit en Occident ‘. Au 1v° siècle, Apollinaire de Laodicée, se plaçant à un point de vue diamétralement opposé, prétendit que Jésus-Christ était Dieu, mais non pas homme, le Verbe divin ayant pris dans le sein de Marie une chair créée d’autres éléments que ceux de la nature humaine, dont il n’avait que l'apparence ?, Cette doctrine ne détruisait pas moins que la première la réalité de la rédemption, puisqu'il fallait un homme en même temps qu'un Dieu pour racheter le crime d'Adam, et plusieurs conciles la condamnèrent comme hérétique. Ce furent les deux barrières posées par l'Église aux limites où les doctrines cessaient d’être chrétiennes. Entre ces deux points extrêmes régnait l’opiriion traditionnelle avec une grande latitude d’interprétation, puisque rien n’avait été défini des questions secondaires qui s’y trouvaient renfermées. Aussi voyait-on se produire, vers l’époque dont nous nous occupons, beaucoup d’opinions diverses soit dans l’enseignement des évêques à leur troupeau, soit dans la rédaction d'expositions de foi ou de symboles qui circulaient de main en main sous des noms pour la plupart respectés, et où l’on essayait de résoudre les questions qui tourmentaient les esprits. Il était évident pour des spectateurs attentifs que l’Église chrétienne était dans un travail d'enfantement pareil à celui