‹ Nestorius et EutychèsChapitre 70 sur 279 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

publiques; mais en particulier il insinuait toute autre chose à ses partisans. « Les Orientanux, disait-il, arrivent pour absoudre Nestorius, dont Jean est Fami et le disciple; son enseignement n'est-il pas l’enseignement de l’Église d'Antioche ? Attendre plus longtemps, c’est vouloir assurer dans le concile le triomphe de l'hérésie. » Ces raisons de parti prévalurent; on se compta, et les cyrilliens s'étant trouvés au nombre de 198, Cyrille résolut de tenter l’aveniure.

Le soir de ce jour, l'invitation fut envoyée à tous les évêques, en son nom et en celui de Juvénal de Jérusalem comme vice-président, de se réunir le 22 au point du jour dans « l'église de Marie », pour procéder à l'ouverture du concile. En même temps quatre évêques se présentèrent chez Nestorius et lui remirent une sommation par écrit de comparaître comme accusé. Nestorius répondit qu’il verrait ce qu'il aurait à faire quand le concile serait assemblé juridiquement, et il avertit le comte Candidien de ce qui se tramait. Ce représentant de l'Empereur, surpris comme tout le monde, employa la journée du lendemain 21, qui était un dimanche, à visiter les membres de la majorité et à leur faire comprendre qu’ils rompaient violemment avec les instructions de Théodose ; les évêques n'étaient pas réunis en nombre suffisant ; voulait-on l’obliger, lui, le représentant du prince, à frapper de nullité tout ce qui serait fait en dehors des’ Orientaux!? Cet avertissement fut de plus signifié par écrit à Cyrille et

4, Concil., III, p. 453. — Evagr., I, 4.

104 NESTORIUS ET EUTYCHÉES.

à Juvénal, signataires de la lettre d'appel; mais Candidien n’eut pas de réponse.

Dans cette même journée du dimanche, les évêques du parti indépendant, auxquels se joignirent plusieurs des nestoriens, rédigèrent une protestation contre le coup préparé par Cyrille; ils réclamaient :

19 Qu'on attendit les Orientaux, sans lesquels on ne pouvait se constituer, et qui étaient sur le point d'arriver;

29 Qu'avant de procéder à toute constitution de l'assemblée, on fit l’épuration de ses membres en expulsant nombre d'évêques inconnus ou indignes, gens déposés, suspendus, excommuniés ou venant siéger sans mandat.

Ils déclaraient que, s'il n’était fait droit à leur requête, ils poursuivraient, suivant la rigueur des lois canoniques, les auteurs et fauteurs de toute mesure contraire aux règles de l'Église. Soixante-huit évêques, dont quarante-huit métropolitains, signèrent cette protestation qui fut signifiée le jour même à Cyrille : elle ne reçut pas plus de réponse que celle du comte Candidien*.

Le lundi 22 au point du jour, les cent quatre-vingtdix-huit évêques du parti de Cyrille prenaient place dans l’église de Marie. Cyrille occupait le siége de la présidence, ses assesseurs étaient près de lui, et les notaires chacun à son poste. On avait placé au milieu,

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