‹ Nestorius et EutychèsChapitre 73 sur 279 · À sancta ct magna hac synodo ad religiosissimi Nestorii · texte numérisé non relu

À sancta ct magna hac synodo ad religiosissimi Nestorii

domum venimus, et videntes multitudinem militum cum fustibus, nostrum adventum ei indicari rogavimus. Concil., III, p. 456.

Une seconde citation fut faite, cette fois, sans que les évêques pussent même approcher de la maison. C'étaient, avec la citation faite le 20, les trois qu’exigeaient les canons, et l’assemblée déclara qu'elle jugerait sur pièces. On lut d’abord le symbole de Nicée, comme la véritable règle de la foi, et ensuite la seconde lettre de Cyrille à Nestorius, sur laquelle le président pria les pères de vouloir bien dire leur sentiment : tous l’approuvèrent, et l'approbation fut mentionnée au procès-verbal. On lut ensuite la réponse de Nestorius, qui excita de violents murmures dans l'assemblée. « Nous anathématisons tous cette lettre, crièrent les évêques, nous anathématisons l’hérétique Nestorius, et quiconque ne l’anathématisera pas, qu’il soit anathème‘! » La lettre du pape Célestin fut. lue ensuite, et on lui donna de grands éloges; puis vint la dernière de Cyrille, qui finissait par les douze anathématismes. Personne n’éleva la voix pour l’expliquer, la soutenir ou la combattre : elle fut écoutée sans approbation ni désapprobation; cependant le fait seul qu'elle avait été admise entraînait une approbation tacite. Après plusieurs autres pièces de moindre importance, on passa aux témoignages oraux, et alors se produisit une scène attendrissante qui jette quelque intérêt sur ces débats passionnés.

On vit se lever de son siége un homme vénérable, qui, la voix entrecoupée de sanglots et les yeux baignés

1. Omnes Nestorii epistolam et dogmata anathematizamus. Omnes hæreticum Nestorium anathematizamus. Quicumque hunc non ana- ‘hematizat, anathema sit. Concil., III, p. 501.

4110 NESTORIUS ET EUTYCHÉÈS.

de larmes, fit la déposition suivante. — C'était Acacius de Mélytène. — « Je le sais bien, toute affection privée doit céder quand il s’agit de la foi et de la piété envers Dieu. J'ai aimé le seigneur Nestorius plus que personne en ce monde, et j'aurais désiré le sauver‘; mais puisque la néeessité m’oblige à dire ce que je sais de lui, je le dirai en toute vérité, car la damnation de mon âme en dépend. Lors de mon arrivée dans cette ville d’Éphèse, j'ai vu Nestorius, et, ne le trouvant pas dans la droite voie, je me suis donné pour tâche de l’y ramener. je crus y réussir et je fus heureux; lui-même, par ses paroles, m’y faisait croire. Rempli d'espérance, j'étais venu, après douze jours d'intervalle, reprendre notre comwersation; mais je le trouvai tout changé. Il cherchait, par des questions insidieuses ou absurdes, tantôt à me faire nier l'Incarnation de la Divinité dans la personne du Sauveur, tantôt — ce qui n'était pas moins impie — à prétendre que la divinité du Père et du Saint-Esprit s'était faite chair en même temps que le Verbe divin. Je repoussais ces perverses témérités quand un certain évêque de sa compagnie assura qu’il fallait distinguer le fils de Dieu selon l'hypostase de la Trinité du fils de Dieu qui avait subi la mort sur la croix. Hors d'état de supporter de tels blasphèmes, je pris congé d’eux, et je partis?. »

4. Quamobrem licet dominum Nestorium præ ceteris ardenti quodam amore prosecutus sim, cumque omnino scrvare studuerim. Concil., HI, p. 505.

2, Quam blasphemiam amplius ferre non valens, omnibus consalutatis abivi, Concil.. INT, p. 505.

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