LIVRE III
sentes on avait besoin de son secours contre Nestorius, contre Jean d’Antioche, enfin contre l'Empereur lui-même. |
Cette première affaire ainsi terminée à son gré, Cyrille en aborda une autre qui ne lui tenait pas moins à cœur, celle de Jean d’Antioche et des Orientaux. Pour donner à l’action qui allait s'ouvrir une plus grande solennité, il transporta l’assemblée de la maison épiscopale dans l’église de Marie‘. Déjà, comme on l’a vu, un décret de déposition avait été lancé sur eux par l’assemblée de Cyrille le jour même de leur arrivée; mais le décret, rendu tumultuairement dans un moment de colère, sans citation ni procédure contradictoire, pouvait étre attaqué pour violation des règles canoniques : Cyrille l'avait craint et s'était décidé à reprendre laffaire à nouveau dans la forme régulière. Il voulait d’ailleurs que la condamnation de Jean et des Syriens reçcût de la signature des légats la même attestation de canonicité que celle de Nestorius. Il introduisit donc devant le concile une plainte où les derniers événements étaient présentés favorablement pour son parti, défavorablement pour les Orientaux ; Memnon en fit autant avec force expressions violentes et injures. On cita par trois fois Jean d’Antioche à comparaître, et par trois fois Jean refusa, disant qu’il ne communiquait pas avec des excommuniés ?.
4. In eadem illa ecclesia, quæ vocatur Maria. Concil., II, p. 635. 2. Nos hominibus per nos depositis et excommunicatis responsum aullum damus. Concil., III, p. 642.
La condamnation suivit. Jean fut retranché de la communion ecclésiastique !, et ses complices menacés de la même peine, s'ils ne venaient à résipiscence. Les légats approuvèrent l'arrêt et v souscrivirent.
Cyrille avait terrassé Nestorius ; mais sa victoire ne lui suffisait pas: il lui fallait poursuivre encore le vaincu jusque dans la personne de son maître, Théodore de Mopsueste. Cyrille haïssait cet évêque, dont la réputation l’offusquait. Il eût voulu le prendre corps à corps, et tenir sous sa main, dans un concile qu'il eût dominé, cette idole des Orientaux pour la briser à son tour sur les ruines de Nestorius; toutefois il n’osa point. Le respect dont l’évêque de Mopsueste était environné mettait entre ses agresseurs et lui une barrière que Cyrille ne franchit que plus tard, se bornant pour le présent à une attaque indirecte dont l’occasion s’offrit à propos.
Un prêtre de Cilicie déposé par son évêque, et qui avait demandé son rétablissement dans le sacerdoce, prétendait ne lavoir obtenu de l’évêque qu'à la condition de souscrire certain symbole de foi dont il produisait une copie. « Je m'y suis refusé, disait-il, attendu que ledit symbole m'a paru suspect; aussi mon évêque m'ayant renvoyé non réconcilié, je m'adresse au saint concile pour obtenir justice et merci ?. » Le déposé méritait bien son sort, à ce qu’il paraît, car l’assemblée le laissa comme
4. Ab ecclesiastica communione alieni sint. Concil., I p. 654. 2, Concil., III, p. 675. — Mercator., II, p. 33.