‹ Nestorius et EutychèsChapitre 96 sur 279 · Concil., III, p. 781 et sq · texte numérisé non relu

Concil., III, p. 781 et sq

dictions; on le jugeait digne de tous les supplices : la déposition ne suffisait pas, son bannissement seul pouvait garantir désormais la tranquillité du prince. Les témoignages contemporains nous apprennent, il est vrai, que la tranquillité de l'Empereur ne fut pas le seul mobile de cetté aversion si subitement déclarée, et Théodoret nous assure qu’un certain Paul, neveu de Cyrille, répandait l'or à pleines mains sur toutes les avenues du palais. Il n’était pas absolument besoin de ces « flèches d’or » pour faire tourner des courtisans qui voyaient leur maître changé; mais elles n’y nuisirent pas au fond. L’eunuque Scolastique, l’ancien protecteur, l'ami de Nestorius, lui écrivit des lettres d’une froideur calculée‘. Le préfet du prétoire Antiochus, sur qui le patriarche comptait le plus et à qui il ouvrit son cœur sans réserve, se montra plus glacial encore.

Nestorius comprit tout, et, comme il était naturellement hautain, il feignit d'accepter avec une sorte de contentement une disgrâce qui n'existait pas encore. « Je ne veux être un embarras pour personne, répondit-il à Scolastique ; je n’ai jamais eu d’ambition, et mon plus ardent désir serait de me retirer dans un monastère où je pourrais vaquer à l’étude qui a fait de tout temps le charme de ma vie *. » Son langage avec Antiochus fut à peu près le même. Ces faux amis abusèrent de ces lettres pour persuader à Théodose que

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