‹ Nestorius et EutychèsChapitre 97 sur 279 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

l’ancien favori ne souhaitait plus que les loisirs d’un exil : ils levèrent par là les derniers scrupules que le monarque pouvait encore éprouver.

IT

La décision impériale notifiée aux évêques par le comte Jean, qui n'avait point encore quitté Éphèse, remplit de joie les deux partis. L'Empereur statuait que chacune des assemblées lui enverrait huit députés pour débattre leurs griefs devant lui en présence de son conseil consistorialt. Cette égalité de représentation.pour des assemblées si dissemblables en nombre parut de bon augure aux Orientaux ; les cyrilliens ne murmurèrent pas trop; bien informés de ce quise passait à Constantinople, ils savaient que ce désavantage apparent serait compensé par des influences puissantes qui travaillaient déjà pour eux. On se mit à l’œuvre aussitôt dans les deux camps pour le choix des députations.

Les cyrilliens, toujours empressés de compromettre l’évêque de Rome dans leur cause, nommèrent parmi leurs députés deux des légats du pape sur trois, savoir, le prêtre romain Philippe et l’évêque Arcadius ; Juvénal de Jérusalem, vice-président de leur concile, y remplaça leur chef emprisonné et emmena

4. Quoniam vero juxta piissimi Imperatoris mandatum octo tantum in civitatem Constantinopolitanam venimus. Concil., III, p. 742.

avec lui l’évêque Flavien, Firmus de Césarée, Théodote d’Ancyre, Acacius de Mélytène et Evotius de Ptolémaïs !. La députation des Orientaux se composa de leurs plus forts docteurs, Jean d’Antioche et Théodoret en tête : ils se flattaient d'avoir une lutte théologique à soutenir.

Les mandats donnés par les deux assemblées à leurs députés sont curieux en ce qu'ils nous font voir que, d’un côté surtout, les choses étaient combinées de manière à prévenir toute entente amiable. Celui des cyrilliens portait défense aux mandataires de communiquer en aucune facon avec Jean d’Antioche et les siens. Si l'Empereur, ajoutaient les instructions, l’exigeait absolument, les députés ne lui obéiraient qu’à ces trois conditions : |

4° Que leurs adversaires souscriraient à la déposition de Nestorius et anathématiseraient sa doctrine;

2° Qu'ils demanderaient pardon par écrit au saint concile œcuménique — leur assemblée — de l’injure faite par eux à son président ;

3° Qu'ils se joindraient aux démarches de leurs adversaires pour obtenir la liberté des saints évêques Cyrille et Memnon *.

4. Arcadium, Juvenalem, Flavianum, Firmum, Theodotum, Acacium, Evoptium, sanctissimos piissimosque episcopos, et Philippum romanæ Ecclesiæ presbyterum Cœælestini sanctissimi Deoque dilectissimi apostolicæ sedis magnæ Romæ locum tenentem selegimus. Concil., IT, p. 783.

2. Et in primis anathematizare Nestorii dogmata. Concil., II, p. 782. ”

3. Elaborare tandem una nobiscum, ut sanctissimi episcopi Cyrillus et Memnon nobis restituantur. Concil., HI, p. 782.

Page 1