‹ Nestorius et la controverse nestorienneChapitre 100 sur 197 · Voir plus haut, p. 104 sq · texte numérisé non relu

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2, P. ἃ. ibid., cOk. 1220 C,

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siste en ceci : Il affirme que Dieu le Verbe, ayant prévu que le fils de la Sainte Vierge serait saint et grand, le choisit spécialement, lui prépara une naissance virginale, lui accorda d'être appelé des mêmes noms que lui-même, et le ressuscita. De sorte que, quand on dit que le Verbe, Fils unique de Dieu, s’est fait homme, cela signifie qu'il fut toujours avec le fils de la Vierge comme avec un homme saint. Tout comme il fut avec les prophètes, ainsi, dit-il, il fut avec celui-ci, mais par une adhésion plus grande, χατὰ μείζονα συνάφειαν. Aussi (Nestorius) évite-t-il toujours d'employer le mot « union », ἕνωσις ; il ne parle que d'adhésion, συνάφεια, c'est-àdire d’une union par le dehors !, semblable à celle dont fut gratifié Josué : « Comme j'étais avec Moïse, ainsi je serai avec toi » (Josué, 1, 5). Mais pour cacher son impiété, il dit que le Verbe fut avec le fils de Marie, dès le sein maternel?.

» Ainsi, il affirme que (le fils de la Vierge) n'est pas Dieu véritable, mais qu'il a reçu cette appellation, par la bienveillance divine. Il en est de même du titre de Seigneur : d’après lui, c’est Dieu le Verbe qui lui a accordé d'être appelé ainsi.

» Il ne dit pas avec nous que le Fils de Dieu est mort pour nous et qu'il est ressuscité ὃ; c’est l’homme qui est mort, l’homme qui est ressuscité, et Dieu le Verbe n'a rien à voir en tout cela. | * » Pour nous, nous confessons que le Verbe de Dieu est immortel et qu'il est la vie; mais nous croyons qu'il est devenu chair, c'est-à-dire qu'il s’est uni la chair, ἑνώσας ἑχυτῷ τὴν σάρχα, avec une âme raisonnable, qu'il ἃ souffert par la chair, selon les Écritures. Et parce que son corps a souffert, lui est ditavoir souffert, bien qu'il soitimpassible par nature ; et parce que son corps est ressuscité — sa chair en effet ἃ échappé à la corruption, — on dit que lui-même est ressus-

1. ὥσπερ ἐστίν ὃς ἔξωθεν, c’est-à-dire que le fils de la Vierge est en dehors de l’individualité de Dieu le Verbe.

2, Le point obscur du système nestorien est bien en effet cette union dès le sein maternel.

3. Nestorius ne refusait pas de dire que le Fils de Dieu est mort, à cause du sens spécial attribué au mot « Fils ». Saint Cyrille le savait; mais il n’a pas cru nécessaire d'expliquer au Pape les subtilités de l’hérétique. Il n’ignorait pas que

pour Célestin comme pour lui, Cyrille, « Fils de Dieu » était synonyme de « Dieu le Verbe ».

cité pour les morts. Nestorius, lui, n’est pas de cet avis, il dit que la passion et la résurrection ont été le fait de l’homme, que dans les saints mystères c’est le corps de l’homme qui est offert !, »

Rien dans ces affirmations qu’on ne puisse justifier par quelque passage des écrits de Nestorius. Les liens de la συνάφεια paraissent sans doute relâchés plus que de juste ; mais au fond Cyrille a raison : du moment que le fils de la Vierge constitue un sujet à part, distinct de Dieu le Verbe, son union avec la divinité est du même ordre que celle qui existe entre les saints et Dieu par la grâce ; elle est seulement plus étroite. Jésus dès lors n’est qu’un homme théophore, un Dieu par grâce, par relation, par participation, par égalité d'honneur, de dignité et de pouvoir, selon les expressions familières à l’évêque d'Alexandrie. Diviser le Christ en deux sujets : le Verbe à part et l'homme à part : tel est le grief capital, et pour ainsi dire unique, que Cyrille formule sans cesse contre la christologie nestorienne. On sait s’il est

fondé.

δ ΤΙ. — La terminologie cyrillienne comparée à la terminologie nestorienne.

Ce que nous venons de dire dans les pages précédentes suffit à donner une idée suffisamment nette de l'opposition qui existe entre la conception cyrillienne et la conception nestorienne de l’union des deux natures. Il ne sera pas inutile maintenant de rechercher si et en quoi les deux christologies diffèrent au point de vue de la terminologie.

Tout d’abord, Nestorius et saint Cyrille s’entendent-ils sur la signification des termes φύσις, ὑπόστασις, πρόσωπόν" Nous connaissons bien le sens que l’hérésiarque attache à ces mots. Φύσις et ὑπόστασις sont synonymes, et désignent l'être concret, l'individu jouissant d’une existence propre et indépendante. Le terme πρόσωπόν s’identifie souvent avec φύσις et ὑπόστασις, EN Ce sens que toute nature et toute hypostase est

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