P.G.;, t. LXXVII, col. 85 sq
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LA TERMINOLOGIE CYRILLIENNE 17>
un prosépon, une personne; mais ce mot est aussi employé pour désigner l'espèce d’unificalion morale qui résulte de l'adhésion, συνάφεια, de l’homme Jésus au Verbe divin. C'est le prosôpon de l'union.
Il va sans dire que l'évêque d'Alexandrie ignore ce dernier prosôpon. Quand il affirme qu'il n'y ἃ dans le Christ qu’un seul prosôpon, il entend parler d'une seule personne véritable, d'un individu unique, sujet de tout ce qui arrive à la nature humaine comme à la nature divine. Ceci mis à part, est-ce que pour lui comme pour Nestorius, toute φύσις, toute ὑπέστατις est aussi une personne, πρόσωπον ? S'il faut en croire M. J. Lebon, c’est par un oui catégorique qu'on doit répondre à celte question. Cet auteur déclare avec insistance que le langage christologique de saint Cyrille reste absolument constant, que ce Père « n'attribue qu’une seule οἱ invariable signification aux trois termes φύσις, bmésrasxs οἱ roécwrs. [ls marquent tous trois le concret, l'existant, l’individuel, et n'ont jamais la valeur de οὐτίχ, réservé pour signifier l'essence spécifique. » Celle-ci est encore indiquée en langage cyrillien, d'après le même auteur, par les formules : ὁ λέγος τοῦ πῶς εἶναι et ποιότης φυσική 5. Saint Cyrille ne donne jamais à l'humanité du Christ le nom d’hypostase ; il ne l'appelle jamais non plus une nalure, une nalure humaine.
Ces affirmations contredisent l'opinion communément reçue jusqu'ici chez les historiens du dogme. Les anciens eux-mêmes avaient reconnu que le langage de l’évêque d'Alexandrie était un peu flottant *. Monophysites et Ortho-
1. J. Lesow, Le monophysisme sévérien, Ὁ. 356. M. Lebon est tellement convaincu qu'il est dans le vrai, qu'il répète son affirmation au moins une dizaine de fois. Voir pp. 250-251, 252-253, 278-279, 280, 292, 382-383, 4oo, 4og, 411. Tout récemment, Revue d'histoire ecclésiastique, t. ΧΠῚ (1911), p. 521, il écrivait encore : « C’est une erreur évidente, à mon avis, de considérer la terminologie christologique employée par saint Cyrille comme obscure et flottante. »