I1bid., Ὁ. 4xr
3. M. Lebon entend cependant excepter les cas d'emploi des formules δύο φύσεις ἐν θεωρία ou ἐχ δύο φύσεων, qui constituent des concessions faites aux Orientaux unis,
ἡ. Le Père spirituel de Cyrille, saint Isidore de Péluse, trouvait déjà certaines contradictions apparentes dans ses écrits et lui en faisait des remontrances sévères, qui nous semblent fortement exagérées : Χρὴ σὲ, θαυμάσιε, ἄτρεπτον μένειν
doxes avaient pu trouver chez lui des formules favorables à leur doctrine respective. On avait remarqué en particulier des variations de sens dans le terme φύσις. Parmi les modernes, le P. Petau, qui a écrit, comme on sait, un livre entier de son De Incarnalione pour défendre saint Cyrille contre les attaques du calviniste Bruguier, trouve que l’évêque d’Alexandrie ἃ employé les mots φύσις et ὑπόστασις en des sens assez divergents. On peut résumer ainsi ses conclusions :
19 φύσις οἱ ὑπόστασις sont parfois, chez Cyrille, synonymes de πρόσωπον, et désignent l'individu subsistant en lui-même.
20 φύσις et ὑπόστασις ont souvent un sens distinct de πρόσωπον ; ils signifient la nature concrète considérée comme réalilé, abstraction faite du mode de subsistence.
3° φύσις n’a pas toujours le sens de ὑπόστασις. Il est quelquefois synonyme de οὐσία, essence spécifique !.
M. Loofs est aussi d’avis que chez saint Cyrille les mots φύσις et ὑπόστασις ne se prennent pas toujours l’un pour l’autre. Cela n'arrive que lorsque ce Père parle d’une φύσις ὑφεστῶσα par opposition avec les δύο φύσεις -des Antiochiens, ou de la φύσις du Verbe. La nature humaine n'est pas une hypostase; elle est ἀνυπόστατος, bien qu’elle reçoive le nom de φύσις, et désigne la nature humaine en général sans individualisation ?.
M. Rehrmann, à qui l’on doit une longue étude sur la christologie de saint Cyrille, déclare que si Nestorius joint au mot φύσις l’idée de personne, Cyrille joint au mot ὑπόστασ!ς l'idée de nature et ne maintient pas toujours la différence déjà reçue de son temps entre φύσις et ὑπόστασις ὃ.
Quant à Mgr Duchesne, qui a décidément pris saint Cyrille en grippe, il accentue très fort la dualité de terminologie qu’il a découverte dans « l’Égyptien » : ἀεὶ... οὔτε σεαυτῷ ἐναντίον φαινόμενον. ΕΠ γὰρ τὰ νῦν γεγραμμένα σοι τοῖς προτέροις «ἀντεξετάσειας, ἢ χολαχείας φανήση ὑπεύθυνος, ἢ εὐχερείας διάχονος. Epistol. lib.T; Epistol. GCCXXIV, ». α-, t. LXXVIIL col. 869 C.
1. De Incarnatione, lib. VI, cap. 1, τι, vx, et tout le livre VI.
2. Loors, Leontius von Byzanz, dans Texte und Untersuchungen, t. III, 1887,
p. 43, 46, 48. Cf. l’article Christologie du même dans Realencycl. für protest
Theologie, t. IV, p. 50.
3. Die Christologie des hl. Cyrillus von Alexandrien systematisch dargestellt.
Hildesheim, 1902, p. 289, 318 sq.
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LA TERMINOLOGIE CYRILLIENNE , 177
« Il yavait deux Cyrilles, le Cyrille intime, naturel, celui de
l'unique nature, et c'est celui dont Eutychès se réclamait, tout
en le dépassant; etle Cyrille diplomate, celui des précautions el des concessions forcées, et c’est celui que retenait Flavien. Le premier était représenté par les Anathématismes, ainsi que par les lettres à Acace de Mélilène et à Successus ; l’autre, par la lettre dogmatique à Neslorius ([Καταφλυχροῦσι) et par celle où il accepte le symbole d'union !. Il faut insister sur cette distinction. À Rome aussi on la faisait ; pendant près de cent ans, elle y régla l'opinion sur la doctrine du célèbre évèque d'Alexandrie et sur l'usage à faire de ses écrits ?, »
Nous croyons que, de tous les auteurs que nous venons de nommer, le P. Petau a le mieux débrouillé la question présente. En tout cas, la lecture des écrits christologiques de saint Cyrille nous ἃ suggéré des conclusions à peu près identiques aux siennes. Nous avons remarqué tout d'abord que l'évêque d'Alexandrie n'avait varié en aucune manière dans sa doctrine, depuis le commencement de la controverse nestorienne jusqu'à la fin de sa vie, que cette doctrine était très nette et très claire et qu’elle consistait à affirmer et à établir par l'Écriture, la Tradition et la comparaison tirée de l'union de l'âme et du corps, l'unité de sujet, d’individu dans le Christ, contre les négations de Nestorius, sans préjudice de la distinction et de la non-confusion de la divinité et de l'humanité, après comme avant l'union. Écarter toute idée d'existence séparée et indépendante pour la nature humaine du Christ, voilà la grande préoccupation de l’évêque d'Alexandrie, celle que l'on'retrouve dans tous ses écrits
1 On ne peut s’'empècher α priori de voir un peu de fantaisie dans ce partage entre le Cyrille naturel et le Cyrille diplomate. Il se trouve en effet que le Cyrille diplomate se manifeste avant le Cyrille naturel. Pourquoi Cyrille faisait-il de la Ciplomatie en écrivant sa seconde lettre à Nestorius (Καταφλυαροῦσι) et pourquoi n'en faisait-il pas dans la troisième au mème ou Lettre des Anathématismes ? Qui empèchait l'Alexandrin de se montrer au naturel, alors que la controverse était à ses débuts, que Rome n’était pas encore intervenue? S'il avait voulu une rupture avec Nestorius pour le plaisir de l’avoir, devait-il commencer par lui faire des concessions sur la terminologie? Mgr Duchesne a-t-il remarqué d'ailleurs que la fameuse formule ἕνωσις χαθῇ ὑπόστασιν, qui souleva tant de tempêtes, se trouve aussi bien dans la lettre « Καταφλυχροῦσι » que dans Ja lettre des Anathématismes, et que Rome n’y trouva rien à redire ?
2, Histoire ancienne de l'Eglise, t. If, p. 405.
antinestoriens et qui en est l’âme, la seule qui lui ἃ fait inventer quelques expressions et formules nouvelles pour mieux réfuter l’hérésie. Il a déclaré à plusieurs reprises que la pointe de ses fameux chapilres ou Anathématismes n’était dirigée que contre Nestorius !. Qu'on lui accorde que l'humanité du Christ n’a pas une existence séparée de l’hypostase ou personne du Verbe, que le Verbe incarné est le sujet aussi bien des attributs humains que des attributs divins, et on le trouvera fort accommodant pour toutes les formules, pourvu que celles-ci ne cachent aucun piège nestorien.
Cyrille en effet ne tient qu'aux idées et nullement aux mots. Sous ce rapport, sa conduite est toute différente de celle des monophysites sévériens. Les questions de terminologie n'occupent guère son attention. Les deux natures des Orientaux ne l’effarouchent nullement, et lui-même a dit : « deux natures après l’union, » avant d'entrer en controverse avec eux. Avec beaucoup de souplesse et de finesse d’esprit, il sait se mettre au point de vue de ceux à qui il a affaire et adopter leur langage. Trouve-t-il dans un écrit qu'il croit être de saint Athanase l'expression : μία φύσις τοῦ Θεοῦ Λόγου σετχρχωμένη, il sait l'expliquer d’une manière orthodoxe et l’accepte d'autant plus facilement qu’elle contredit directement Nestorius, pour qui φύσις est synonyme d’être concret subsistant en lui-même d’une existence indépendante. Est-il en présence de Théodoret, qui identifie φύσις et ὑπέστασις et désigne par ces mots la divinité et l'humanité considérées comme natures concrètes individuelles, comme réalités, il ne fait pas difficulté de dire avec lui :
«Nous n'’affirmons pas que la forme de Dieu et celle de l’esclave ont été unies sans les hyposlases?. »
11 reconnaît comme parfaitement orthodoxe et irrépro-
1. Capitulorum vero virtus contra sola Nestorii dogmata scripta est. Quae enimille non recte dixit ac scripsit ipsa ejiciunt. Qui vero anathematizant atque negant ejus vesaniam, cessabunt haec quae a nobis scripta sunt increpare. Videbunt enim capitulorum sensa solis illius contraire blasphemiis. Epistol. XX XIII ad Acacium Ber., p. ἃ.» t. LXX VII, col. 157 A. Mème déclartaion dans l'Apologeticus contra Theodoretum pro XII capitibus. P. &@., t. LXX VI, col. Δοοτήοι.
ἃ. Οὐχοῦν οὔτε δίχα τῶν ὑποστάσεων δούλου τε χαὶ Θεοῦ μορφὴν ἡνῶσθαί φαμεν. Ibid., col. 4ot A.
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chable la phrase suivante de son adversaire, qui parle cependant d'une nature humaine après l'union :
Du moment qu'on ne sépare pas les deux natures dars leur existence physique et qu'on maintient une unité réelle de sujet, Cyrille est satisfait. Aussi a-t-il signé le symbole d'union, parce que ce document écarte suffisamment la διχίρεσις nestorienne. $ il ne veut pas de la formule : « δύο φύσεις ὑφεστῶσχ! ἀξιχιοέτως,» c'est parce qu'elle est équivoque et pourrait abriter la pensée nestorienne 3
Cyrille a poussé très loin la condescendance sur la terminologie. Se plaçant au point de vue de Nestorius, il a fait un véritable tour de prestidigitation intellectuelle, en admettant une division, xs, des natures après l'union. On pourra dire en style nestorien «24 φύσεις » après l'union, pourvu qu'on restreigne au seul ordre logique et idéal la division que dans le cas la formule suppose. Dans cette hypothèse irréelle, l'esprit fait pour un moment abstraction de l'union, ξγωσις, et considère l'humanité et la divinité comme natures séparées, c'est-à-dire comme personnes subsistantes. Par le même procédé, on pourra dire aussi « δύο 9525» avant l'union, bien qu’à aucun moment réel la nature humaine n'ait été une 457: au sens nestorien.
C’est dire que la thèse de M. Lebon affirmant une fixité absolue de sens etla synonymie des trois termes φύσις. ὑπόστασις,
πρότωπον dans la christologie cyrillienne, nous paraît tout à
fait fausse et contredite par des textes très probants, Trop préoccupé de montrer que les monophysites sévériens ont été les disciples fidèles de saint Cyrille, M. Lebon n'a pas aperçu suffisamment que l’évêque d'Alexandrie se désintéressait, au fond, de la terminologie pour ne s'attacher qu’aux idées. Si les premiers monophysites avaient eu un peu de la
1. Ibid , col. 393 C. Cyrille dit de ce passage ; Πλὴν ἐχεῖνο τέως ἐπισημήνασθαι χρή ἡ - ἰδοὺ γὰρ ἐνθάδε χαὶ μάλα σαφῶς διερμηνεήων αὐτὸς τὴν ἕνωσιν, φύσεως ἀνθρωπίνης οὐ χεχω «σθαι φησὶ τὸν Θεόν. Ibid., col. 397 D.
. Voir la deuxième lettre ἃ Succensus, Ρ. 6.. t. LXXVIL, col. 245.
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condescendance de celui qu’ils réclamaient pour maître, ils n'auraient pas refusé d'être dyophysites avec lui. Il n’y ἃ qu'un Cyrille, le Cyrille naturel, l'adversaire de Nestorius partout et toujours, mais ce Cyrille n'aime point les logomachies. Qu'on lui exprime bien clairement qu'on n’est pas nestorien ; il vous recevra à sa communion avec n'importe quelle formule et se chargera même de montrer l'usage orthodoxe qu’on peut faire de chacune, avec une dextérité digne du scolastique le plus délié.
Quelques textes bien précis montreront la valeur de nos affirmations. Examinons d’abord le terme φύσις.
Le terme φύσις appliqué à la nature humaine du Christ.
M. Lebon prétend que saint Cyrille ne dit jamais: nature humaine, φύσις ἀνθρωπίνη, en parlant de l'humanité du Christ, excepté lorsqu'il rapporte les formules de ses adversaires. Or voici ce qu'on lit dans le De recla fide ad Augustas :
« Οὐχοῦν ἐμφανίζεται νυνὶ ξένως τῷ προσώπῳ τοῦ Θεοῦ, οὐχέτι γυμνὸς nat ἄσαρχος Λόγος, καθάπερ ἀμέλει nat ἐν ἀρχαῖς ἦν, ἀλλ᾿ ἐν μόρφῇ τε χαὶ φύσει τῇ χαθ᾿ ἡμᾶς * φαμὲν γὰρ οὕτως αὐτόν ἐμφανισθῆναι νυνὶ, nai οἷον ἐπ ὄψει τοῦ Θεοῦ χαὶ Πατρὸς τοῦ ἀνθρώπου φύσιν ἀγαγεῖν, καίτοι γενόμένην ἐν ἀποστροφὴ διὰ τὴν ἐν ᾿Αδὰμ, παράβασιν. »
Le Verbe fait chair apparaît donc maintenant à la face de son Père avec la nature qui est la nôtre ; il amène sous les yeux du Père la nature de l'homme. Dans ce passage, Cyrille ne s'exprime-t-il pas comme nous actuellement, quand nous disons que le Verbe ἃ pris une nature humaine? Voici d'’ailleurs d’autres exemples:
« Comme la nature de l’homme était incapable de détruire
la mort, le Verbe de Dieu, source de vie, s’est revêtu de la .
nature humaine soumise à la mort, c’est-à-dire de notre nature, de la nalure humaine, τὴν θχνάτῳ χάτοχον ἠμπέσχετο φύσιν, τουτέστι τὴν χαθ ἡμᾶς, ἤγουν τὴν ἀνθρωπίνην 2. » « Celui qui s’est anéanti attend l’appel du Père qui l'in- 1. De recta fide ad Augustas, 46. p. α., t. LXXXI, col. 1400 Β Ὁ.
2. Ibid., col. 1376 AB. Un peu plus loin, col. 1409 B, Cyrillo écrit : ἐπειδὴ δὲ τῷ θατάτῳ χάτοχον ἠμπέσχετο σῶμα.
LA TERMINOLOGIE CYRILLIENNE 181
vestit du sacerdoce, dignité qui ne convient pas à sa nature mais bien à la nôtre, c'est-à-dire à la nalure humaine, τουτέστι τῇ ἀνθρωπίνη, dont il est devenu participant!. »
Il a subi la mort selon la loi de la chair et dans notre nalure, φύσει τῇ 420 ἡμᾶς τεθνηχώς ?. »
« Ta Perfection a parlé de la passion du Sauveur avec beaucoup de justesse et d'intelligence, lorsqu'elle a affirmé que le Fils unique de Dieu n'a pas souffert dans sa propre nature, en tant que Dieu, les douleurs du corps, mais qu'il les ἃ endurées par sa nalure lerrestre, τὴ ysixñ φύσει. »
Puisque l'Écriture inspirée déclare que le Ghrist a souffert par la chair, il est préférable de s'en tenir à ce langage plutôt que de dire qu'il a souffert par la nature de l'humanité, τῇ φύσε: τῆς ἀνθρωπέτητος. Celle façon de parler toutefois serait inoffensive, si certains n'en travestissaient pas la significalion ἡ. »
Le mot 25: dans la christologie cyrillienne est donc appliqué assez souvent à la nature humaine du Christ. Il est alors synonyme de οὐσίχ.
Les expressions : ὁ τοῦ πῶς εἶναι λόγος el ποιότης φυσική ne sont pas les seules qu'emploie Cyrille pour indiquer l'essence spécifique. Le mot ούσις a fréquemment la même significalion. Cyrille dit aussi bien et plus souvent : ἕτεροῖχ 272 τὴν ούσιν θεότης τε nat 0425 5 » que : ἕτερα κατὰ τὸν τοῦ πῶς « ἐν ποιότητι φυσιχῇ. »]] dit aussi : μὴ φύσις ἡ αὐτ
εἶνα! λόγον ὃ ou ἡ σαρχός TE χαὶ θεότητός
Il n’est pas élonnant dès lors que l'évêque d'Alexandrie