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LA TERMINOLOGIE CYRILLIENNE 153
le premier — c'est la nécessité de combattre une erreur subtile qui l'y a contraint !.
Signification du mot ὑπόστασις Union hypostatique et union personnelle.
On se tromperait d’ailleurs si l’on croyait avec M. Loofs que d’après le docteur alexandrin le Verbe ne s’est uni que la nature humaine en général et non une nature concrète et bien individualisée, La φύσις que le Verbe ἃ prise n’est pas une forme abstraite, sans consistance ; c’est une nature bien réelle, bien concrète, une hypostase, ὑπέστατις, car le sens de ce dernier mot dans saint Cyrille est loin d'être toujours identique à celui de πρόσωπον. Comme l’a très bien remarqué Petau, il signifie directement une réalilé, une chose existante, par opposition à de pures abstraclions ou à des apparences, mais sans déterminer le mode d'existence. « Ce qui n'a pas d'hypostase équivaut au néant, n'est absolument rien?. » Aussi la nature humaine du Christest-elle une hypostase avant comme après l'union. Théodoret disait indifféremment deux natures ou deux hyposlases pour désigner les deux natures du Christ, car l'une et l’autre sont des réalités concrètes ὃ. En défendant contre lui ses Anathématismes, l’évêque d'Alexandrie adopte cette terminologie. C’est ainsi qu'il déclare, comme nous l’avons déjà vu, que la forme de Dieu et celle de l'esclave n'ont pas été unies sans les hypostases ‘, » c’est-à-dire sans ce qui en constitue la réalité. IT interpelle Théodoret en ces termes :
« Puisqu'il affirme que la forme de l’esclave a été prise par la forme de Dieu, qu'il vienne nous dire si ce sont les
1, On sait que les Scholies sur l’Incarnation passent pour être le premier ouvrage composé par Cyrille, après l'ouverture de la controverse nestorienne.
2. To μὴ ὑφεστὼς, ἐν ἴσῳ τῷ μηδενὶ, μᾶλλον δὲ παντελῶς οὐδέν. De recta fide ad Theodosium, 13. Ῥ»- G., t. LXXVI, col. 1153 B. Comme on le voit par le contexte, τὸ un ὑφεστώς est synonyme de τὸ μὴ ὑπάρχον. Cyrille vient de dire en effet . εἴπερ γεγέννηχε τὸ μὴ ὑφεστὼς μηδὲ ὑπάρχον ὅλως, τὸ γεννηθὲν ἔσται τὸ μηδέν. Ce passage, que nous n’avons vu signaler par aucun auteur, est capital pour saisir le sens de ὑπόστασις dans la christologie cyrillienne.
3. Δύο δὲ τὰς ἑνωθείσας ὑποστάσεις, εἴτουν φύσεις, λέγειν οὐχ ἄτοπον ἀλλὰ χατ᾿ αἰτίαν ἀχόλουθον. P.G., t. LXXVI, col. 404 Β.
h. Apologeticus contra Theodoretum pro XII capitibus. ν. 6., t. LXXVI, col. οι A.
formes seules considérées en elles-mêmes qui se sont unies sans les hyposlases. Mais, à mon avis, il va se combattre ici lui-même. Ce ne sont pas en effet de simples simulacres sans , Consistance, ἀνυπόστατοι, (de pures idées), des formes, qui se sont rencontrées pour former l'union de l'Incarnation, 220 Evwsty οἰχονομιγὴν, mais il y a eu concours de réalilés, c’est-àdire d'hyposlases, ἀλλὰ πρχγυάτων ἤγουν ὑποττάσεων véyers σύνοδος, comme l'exige la foi en la réalité de l’Incarnation !. » I! est évident que dans ce passage ὑπόστασις ne saurait avoir le sens de πρόσωπον. Cyrille ne pouvait pas dire : ἐμὰν γέγονε σύνοδος » comme il dit : « ὑποστάσεων ἢ φύσεων σύνο lui qe reproche à Nestorius l’union des prosôpons, ἕνωσις προσώπων. Le terme ὑπόστατις signifie donc ici une réalité, comme l'indique du reste le mot « πραγμάτων », donné comme synonyme de « ὑπόστάσεων ».
On constate ainsi que l’évêque d'Alexandrie a appliqué à la nature humaine du Christ ron seulement le terme de φύσις, mais encore celui de ὑπόστασις. M. Loofs fait donc erreur lorsqu'il attribue à saint Cyrille l’idée d’une nature humaine anhypostalique, φύσις ἀνυπέστατος 5. Le saint docteur rejette expressément cette hypothèse
« Je voudrais bien savoir, dit-il, si Théodoret enseigne une union véritable du Verbe avec l'humanité... ou si lui aussi partage l'opinion de certains autres, qui parlent d'adhésion par relation d'une forme d’'esclave sans hypostase (sans consistance) à une forme divine enhypostatique#. »
Une nature anhypostlatique, au sens où Cyrille entend ce mot dans le cas présent, serait une nature irréelle, inexistante, une pure abstraction. Ce ne serait point une nature individuelle privée de subsistance propre et de personnalité.
1, διδασχέτω παρελθὼν εἰ δίχα τῶν ὑποστάσεων μόναι χοὶ καθ᾿ ἑαυτὰς αἵ μορφαὶ συνῖλθον ἀλλήλαις. Αλλ᾽,οἶμαι, καταβαλεῖ χαὶ αὐτὸς ἑαυτὸν αὐτόθεν - οὐ γὰρ ὁμοιότητες ἁπλῶς ἀννπόστατοι χαὶ μορφαὶ συνέβησαν ἀλλήλαις χαθ᾿ ἕνωσιν οἰχονομικὴν, ἀλλὰ πραγμάτων ἤγουν ὑποστάσεων γέγονε σύνοδος, {ὑϊὰ., col. 396 C.
2. On dira plus tard chez les Grecs que la nature humaine du Christ est « ἐγυπόστατος » c’est-à-dire qu’elle existe dans l’hypostase ou personne du Verbe.
ST. MICHAEL'S ἃ À