Plus tard le pape saint Léon
2. Cassien écrit avant le concile romain du mois d’août 430. Il ignore le dosβίου envoyé à Rome par Cyrille, vers le printemps de 430, ainsi que les homélies transmises au pape par Nestorius lui-mème. Nous ne saurions être de l'avis de Mgr Duchesne, qui croit que l'ouvrage de Cassien « a dû être de grand poids dans les appréciations romaines », Histoire ancienne de l’Eglise, II, p. 336, note 3. Même si l'on suppose que le De Incarnatione est arrivé à Rome avant le mois d’août 430, il est évident que Célestin a dû juger Nestorius avant tout d'après ses propres écrits. Le pape déclare du reste en propres termes qu'il en a agi ainsi. Voir plus haut, p. 39.
3. Les deux homélies sont les nos IX et XVI des Nestoriana. Peut-être faut-il y joindre le n° VIII. Loors, p. 156-157.
ad caelesle regnum suo lantum homines nisu (ul aiunl) valeant pervenire!. »
Nous montrerons plus loin que Nestorius ἃ repoussé très clairement les doctrines pélagiennes et que les déduclions de Cassien sont purement subjectives. Il n'est pas vrai non plus que l’hérésiarque ait fait du fils de Marie un pur homme, homo solilarius, qui par sa conduite exemplaire mérita, longtemps après sa naissance, d’être uni a Dieu le Verbe. Nous avons vu au contraire que le condamné d'Éphèse ἃ enseigné explicitement que l'union des deux natures eut licu dès l’instant de la conception ?. Cassien lui fait nier la divinité de Jésus-Christ d’une manière tout à fait brutale :
» Diximus haeresim illam Pelagianae haereseos discipulam atque imitalricem, id omnibus modis tentasse altque pugnasse ut Dei Filius Dominus Jesus Christus, natus ex Virgine, homo tuntummodo solitarius crederetur, et arrepla postmodum virtulis via id eum pie religioseque vivendo obtinuisse ut dignus per hanc vitae sanctimoniam fieret cui se majestas divina sociaret : ac sic exclusa ab co penilus sacrae originis dignitate sola ei tuntummodo meritorum relinqueretur electioÿ. »
» Sed dicas forsitan gratiam hanc Domini nostri Jesu Christi, de qua Apostolus scribit, non cum ipso natam, sed postea ei illapsu divinitatis infusam ; quia et homo ipse a te Dominus noster Jesus Christus, quem solitarium dicis, ñon cum Deo nalus, sed postea a Deo dicatur assumplus *. »
D'un passage assez inoffensif où Nestorius opposele Christ
1. De Incarnatione Christi, lib. 1, cap. 11. Ρ. L. tt. L, col. 23. Le reproche de pélagianisme revient souvent dans l’ouvrage. Voir en particulier lib. V, cap. 1 et πὶ, col. 98-101.
5. Voir plus haut, p. 104. Dans le IX contre-anathème, Nestorius écrit : « Si quis formam servi consubstantialem esse dixerit Spiritui sanclo et non potius per illius mediationem eam quae est ad Deum Verbum, ex ipsa conceptione habuisse dixerit copulationem seu conjunctionem,. anathema sit». Loors, p. 215. Voir aussi le Commonilorium de Cyrille, ci-dessus, p. 173.