Voir p. 156 sq
« Les pauliniens disent que le Christ n’est pas Dieu, mais seulement homme, à cause de sa naissance et de sa mort; ils lui attribuent des prodiges comme à l'un des saints !, »
Mais il éprouve le besoin d'étudier de plus près une doctrine qui a tant d’aflinité avec la sienne. Certains ne l'ont-ils pas accusé d’être paulinien, dès le début de la controverse sur le θεοτόχος 2 9 Paul de Samosate a erré à la fois sur la Trinité et sur l'Incarnation. D'après ce qui nous reste de ses écrits et d’après les renseignements fournis par les Pères du 1ve siècle, surtout par saint Épiphane, il n’admettait qu'une seule personne en Dieu, πρόσωπον ἕν. Il distinguait sans doute un Logos et une Sagesse correspondant au Fils et au Saint-Esprit, mais ce n'étaient là que des abstractions, des attributs sans subsistence propre 8. Nestorius n’insiste pas sur la doctrine trinitaire des Pauliniens, mais le peu qu'il en dit donne l'impression que leur orthodoxie est irréprochable, ce qui est assez surprenant. Contrairement aux Sabelliens, «ils confessent en effet que Dieu le Verbe est une nature ou une hypostase, comme le Père et le Saint-Esprit *. » Ils déclarent que Dieu le Verbe est consubstantiel au Père. Cela ferait croire que les disciples du Samosaténien ont corrigé l’enseignement primitif de leur maitre, dont la pensée d’ailleurs n’est pas très claire.
Sur l'Incarnation, les pauliniens enseignent la doctrine suivante :
«Ils se rapprochent de ceux qui disent que 15 Christ ne
2. L'avocat Eusèbe, qui fut plus tard évêque de Dorylée, accusa publiquement Nestorius d’enseigner l’erreur de Paul de Samosate, dans un placard qui fut affiché sur les murs de l’église. Marius Mercator écrivit aussi une leltre pour montrer que la doctrine de Nestorius était à peu près identique à celle de Paul. P. L.,t. ΧΙΥ͂ΠΙ, col. 743-774. Voir plus haut, p. 32.
3. Sur la doctrine de Paul de Samosate, voir TixERONT, Histoire des dogmes, t. 1, p. 429-431 et Garnier, Disserlatio 1 de haeresi et libris Nestorii, IV, 3. p. L., t. XLVIIL, col. 1128-1136.
k. Le Livre d’'Héraclide, p. 4x.
5. Ibid,, p. 48. On sait que les Pères du concile d’Antioche de 268 condamnèrent dans Paul de Samosate l'expression « ὁμοούσιος τῷ Ilarpi », parce que l’hérésiarque l’entendait dans un sens inacceptable pour la foi.
ΠΡ ΩΝ ΝΎ de ΨΥ τ dr À : thus » ν