JÉSUS MODÈLE
C'est à tort que Jean Cassien, dans son traité De Incaraalione Chrisli, lui a prêté le sentiment des Pélagiens, pour qui la Rédemption n'était qu'un bon exemple ". Comme nous allons le prouver tout à l’heure, Nestorius a admis l'existence du péché originel, et il a eu la notion de la salisfactio vicaria ou satisfaction par substitution d'un innocent aux coupables. Voici deux passages empruntés au Livre d'Héraclide où le Sauveur est présenté comme nous enseignant par sa conduite la pratique de la vertu :
« Après qu'il eut remporté une victoire complète (sur le démon au désert) et qu'il eut entendu la voix d’en haut : Celuict est mon Fils bien-aimé, il entreprit d'autres combats pour nous... Il se comporta avec une obéissance parfaite dans toutes les choses humaines, vivant dans l'humilité, sans puissance et sans gloire. Il était persécuté, il était frappé, 1] craignait de la crainte qui trouble tout homme; il n'avait même pas comme les oiseaux et comme les bêtes une place pour y reposer sa tête ; il allait d'un lieu dans un autre; il avait à souffrir de toute manière. C'élail pour nous enseigner l'obéissance. Personne ne le forçait à agir ainsi... 1 supporlail loules les lentalions dans le but de nous instruire ?. »
« Dans la grandeur de sa condescendance envers l'homme pécheur, (Dieu) est venu dans le déshonneur, l’abaissement et la faiblesse, et il n'a pas rougi de cet abaissement, à cause de l'avantage (qui devait en résulter)... L'obéissance parfaite de l'humanité (du Christ homme), cette obéissance qui se sacrifie pour Dieu, devait être (pour nous) une leçon d'humilité..…. Par sa mort, le Christ a obtenu deux résultats : il ἃ vaincu Satan, et il a enlevé à l’homme le désir de désobéir ?. »
1. Advertit novus nunc jam, non novae haereseos auctor, qui Dominum Salvaloremque nostrum solitarium hominem natum esse contendit, idem se omnino dicere quod Pelagianistae ante dixerunt : et consequens errori suo cesse ut qui utique sine peccato solitarium hominem Jesum Christum vixisse asserit, omnes quoque per se homines sine peccato posse esse blasphemet, nec nec:ssariam qgnoque exemplo illius dicant redemptionem Domini fuisse, cum ad caeleste regnum suo tantum homines nisu, ut aiunt, valeant pervenire. D: Incarnatione Chrisü, lib. I, cap. 11. Mixe, pP. L., t. L. col. 23. Cf. lib. V, cap. 1, col, 95 sq.