Ibid., p
Eh +
ob peccatum esse monstrabat; solvit omnia quaecumque adversum nos diabolus allegabat et causae hujus victoriam praedicabat dicens : « Nunc judicium est mundi hujus (Joan. XI, S1) ; in me, inquit, judicatur hic mundus, de mea incarnatione superatur: nunc, inquit, judicium est hujus mundi et princeps hujus mundi mittelur foras, tanquam de judicio improbus calumniator exsolutum chirographum proferens et in non debentes infestus insiliens !. »
Le Christ d’ailleurs ne prend que la défense des siens, c'est-à-dire de ceux qui par le bain salutaire du baptème sont devenus ses frères. Les catéchumènes restent encore sous la domination de Satan, et lorsqu'ils meurent, celui-ci n'oublie pas de réclamer leurs âmes aux bons anges :
« Hoc beneficium omnibus confert lavacri salutaris necessarium sacramentum; qui enim ablutus est baptismo, fit illius domesticus et concorporatus et familiaris qui illud chirographum solvit, et eum ipso coelorum efficitur incola : {δὲ enim ego, inquit, illic et minister meus est (Joan. xrr, 26). Manet autem debitor catechumenus, tanquam ejus, qui evacuavit chirographum, alienus ; cujus anima, cum de carne migraverit, angelis perductoribus animarum se interponens diabolus : « hanc, inquit, meam exstantem cur eripitis animam? meum jus, meam invaditis possessionem, meos invaditis debitores..… Illi eis in terris ecclesiarum januas claudunt?, vos autem ad eorum susceptionem de coelis occurritis. Juri meo, o angeli, vim inferre conamini; quid enim vobis cum catechumenis videtur esse commune ? Non sunt renati ex aqua et Spiritu, ut perducantur a vobis ad regna coelorum ; haereditati, quae obnoxia mihi est, non renuntiaverunt ; evectionem regiam non habentes cursu regali iter quo pacto conficient ? »
Ce passage est intéressant, non seulement parce qu'il montre clairement en quoi consistent les droits du démon,
1. Homélie sur Adam. Loors, p. 348-349. Traduction de Marius Mercator.
2. Allusion an renvoi des catéchumènes avant la messe des fidèles,
3. Loors, p. 349-350. Ce conflit entre Satan et les bons anges rappelle la description du jugement particulier donnée par certains théologiens orientaux de nos jours sous le nom de télonies (douanes). Cf. MacaïRE, Théologie dogmatique orthodoxe, traduite par un Russe, Paris, 1860, t. II, p. 630 et suiv.
mais encore parce qu'il fait vivement ressortir la nécessité du
baptême et en indique les principaux effets.
Cette manière d'envisager les droits du démon devait être familière aux théologiens d’Antioche. Saint Jean Chrysostome ébauche dans une de ses homélies l’allégorie dn procès si bien développée par Nestorius!. Au lieu de deux avocats plaidant chacun leur cause devant le juge, Théodoret nous présente en Jésus-Christ et en Satan deux combattants ; mais si la métaphore change, l’idée est la même. Voici un extrait du discours que ns de Cyr place dans la bouche du Christ vainqueur à l’adresse de son rival:
«Te voilà pris, méchant, saisi dans tes propres filets. »
« La loi divine condamnait à mort les pécheurs : toi, tu as livré à la mort celui qui ne connaissait même pas le péché. Ton avidité insatiable a été la cause de cette cruauté suprême. Mais puisque tu t'es emparé injustement d’un seul, tu seras dépouillé justement de tous les autres. Tu as mangé une nourriture défendue, tu rendras toute celle que tu avais déjà avalée. Tu apprendras ainsi à tous à se contenter de ce qui leur revient, en s’abstenant de ce qui ne leur appartient pas. Puis donc que, ayant reçu pouvoir sur les pécheurs, tu as attaqué un corps exempt de péché, abandonne ton pouvoir, lâche ta tyrannie. Je les délivrerai tous de la mort, et non pas par simple miséricorde, mais par une miséricorde juste; non pas par un pouvoir despotique, mais par un pouvoir juste. J’ai payé la dette du genre humain 3.»
Bien que dépouillé par la satisfaction du Christ de tous ses droits sur nous, Satan continue cependant à nous faire la guerre; mais son pouvoir est diminué. Ses injustes agressions, Dieu les permet pour rendre plus évidente sa malice, plus honteuse sa défaite et plus éclatante la victoire des fidèles disciples du Christ :
« Satan continue à séduire, afin de rendre manifeste sa
1, « Mais comment le monde est-il jugé en moi? — c’est le Christ qui parl —. On réunira comme un tribunal et on dira au diable : Soit ! Tu as mis à mort tous les hommes, parce que tu les as trouvés dans Te péché. Mais le Christ, pourquoi le tuer ἢ N’est-ce pas une injustice flagrante ὃ » In Joan. homil. LX VIEIL, p. G., t. LIX, col. 372. Cf. RIVIÈRE, op. cil., p. 396-397.
; De Providentia. sermo X, ν». @., t. LXXXII, col. 757-760. Rivière, p. big-430:
propre condamnation et celle de ceux qui lui obéissent, parce qu'il n’a plus la mème force pour induire les hommes en erreur. C’est aussi afin de rendre plus éclatante la victoire de ceux qui ne lui obéissent pas : Personne en effet ne sera couronné s'il n'a pas comballu légilimement (11 Timoth. πα, 5)... Ceux qui sont dans le Christ doivent lui ressembler non seulement par la grâce de la résurrection, mais encore par leurs œuvres et leurs actions individuelles ; celle-là est universelle ; celles-ci sont individuelles !, De peur qu'on ne pensât que la nature du Christ a été formée d’une manière tout à fait spéciale et unique qui lui rendait le péché impossible, et que c'est pour cela qu'elle a remporté la victoire, (Dieu) a fait en sorte que Satan fût vaincu par de nombreuses myriades, dans notre nature, de la même manière que par le Christ: à savoir par ceux qui observent exactement les commandements. Ceux-là se conduisent dans le corps à peu près comme les incorporels (les anges). Au milieu des difficultés, de l'angoisse et de toute sorte d'’infirmités, ils supportent les sollicitations de la nature et ses mouvements (désordonnés), ainsi que les attaques du dehors. Ils restent vainqueurs sur tous les points, et la défaite de Satan augmente en proportion des efforts qu'exige l'observation des commandements, tandis que lui pensait que la chute des hommes serait rendue beaucoup plus facile dans une pareille conduite ?. »
La personne du Rédempteur.
Cette conception du rôle de Satan dans l’économie de la Rédemption est devenue classique en théologie. Ici encore, nous pouvons saluer en Nestorius un interprète fidèle de la pensée catholique. Là où il s’égare, c’est lorsque, conformément à son système christologique, il enseigne que le Rédempteur n’est pas Dieu le Verbe, mais le Christ uni au Verbe :
« Haec suscepti hominis occasio, ut homo per carnem dis-
1. Nestorius veut dire que le bienfait de la résurrection regarde la nature, tandis que les bonnes œuvres sont le fait de chaque individu, 2. Le Livre d’Héraclide, p. 71-72.
solveret, quae per carnem orta est corruptio ; hujus hominis,
non deitatis, tertii diei sepultura est; hujus pedes detenti sunt clavis ; hunc Spiritus sanctus in utero figuravit ; de hac carne Dominus ad Judaeos : Solvile, inquit, hoc templum, et in triduo suscitabo illud (Joan. 11, 19). Numquid ego duplicem Christum solus appello? Nonne semetipsum et templum solubile et Deum nuncupat suscitantem ? Si autem Deus erat qui solvebatur — quae in caput Arii blasphemia convertatur —, dixisset Dominus : Solvite deum istum et in triduo suscitabitur ? Si mortuus est Deus, sepulturae mandatus, est inane illud in Evangelio dictum : Quid me quaerilis occidere hominem qui vera locutus sum vobis (Joan. vu, 4o)!. »
Le Christ d’ailleurs n’est pas un pur homme, ὃ sycophante, mais il est à la fois Dieu et homme. S'il était seulement Dieu, il aurait fallut dire, ὃ Apollinaire : Pourquoi cherchez-vous à me luer, moi un Dieu, qui vous ai dit la vérilé Ὁ Mais voici qu'il dit : Pourquoi cherchez-vous à me luer, moi un homme ? C’est celui-là qui a été couronné d’épines. C'est celui-là qui a dit : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? C'est celui-là qui ἃ subi une mort de trois jours. Celui-là, je l'adore avec la divinité comme le témoin de la divine Majesté... Je le vénère comme l'instrument de la miséricorde du Seigneur?. »
Ne te glorifie pas, ὃ Juif : ce n'est pas un Dieu que tu as crucifié ?
« Si quelqu'un en reconnaissant les souffrances de la chair, les attribue aussi au Logos de Dieu, de même qu'à la chair dans laquelle il a paru, sans discerner la dignité des natures, qu'il soit anathème‘. »
. Loors, p. 259.
2. ᾿Αλλ᾽ οὐ Ψιλὸς ἄνθρωπος ὁ Χριστὺς, συχοφάντα, ἀλλ᾽ ἄνθρωπος ὁμοῦ ua Θεός. Εἰ δὲ μόνον ὑπῆρχε θεὸς, ἐχρῆν, ᾿Απολλινάριε, εἰπεῖν " τί με ζητεῖτε ἀποχτεῖναι, θεὸν, ὃς τὴν ἀλήθειαν À ὑμῖν λελάληχα; nunc autem dicit : Quid me rise occidere hominem ἢ Οὗτος ὁ τὸν ἀχάνθινον περιθέμενος στέφανον.. y οὗτος ὁ τριήμερον τελευτὴν ὑπομείνας - προσχυνὼ δὲ σὺν τῇ θεότητι τοῦτον ὡς τῆς θείας συνήγορον αὐθεντίας- Loors, p: 259-260. Saint Cyrille ne sait trop comment expliquer la dernière expression : τῆς θείας συνήγορον αὐθεντίας. Adversus Neslorium, lib. Lure: G. t. LXXVI, col. 97-100.
3. Mn χαυχῶ, ᾿ἸΙουδαῖςε, θεὸν οὐκ ἐσταύρωσας. Loors, p. 360. Cf. p. 6o.
4. XIIe contre-anathème contre Cyrille. Loors, p. 217. Nestorius semble parfois
Inutile de multiplier les citations et de répéter ce que nous avons déjà dit en parlant de la communication des idiomes. Ce qu'il importe de remarquer, c’est l’ingénieux parti que Nestorius a su tirer de la théorie des droits du démon en faveur de sa christologie. Cette théorie, telle qu'il l’expose, paraît, au premier abord, inoffensive. Mais à y regarder de près, elle présente un réel danger pour la doctrine orthodoxe et cadre merveilleusement avec le nestorianisme. Voici comment :
Le point de départ de la théorie est celui-ci : Dans l’œuvre du relèvement de l'humanité, Dieu n’a pas voulu user seulement de miséricorde ; il lui a plu de manifester aussi sa justice et sa sagesse. Au lieu d'accorder aux coupables un pardon pur et simple et de les arracher d'autorité à la domination de Satan, il a voulu qu'un homme fût cause de notre salut comme un homme avait été la cause de notre perte; que Satan, qui avait triomphé du premier homme, fût vaincu par un nouvel Adam semblable au premier. Ce raisonnement, les Pères les plus orthodoxes le font souvent. Saint Cyrille d'Alexandrie, par exemple. s'en sert pour réfuter Apollinaire et lui montrer que si Jésus-Christ n'avait pas pris la nature humaine dans son intégrité, le démon aurait de quoi se glorifier et s'enorgueillir d’avoir eu Dieu pour antagoniste et d’avoir été vaincu par lui; car ce serait pour lui un grand honneur d'avoir été vaincu par Dieu.
Mais l’évêque d'Alexandrie songeait-il que Nestorius pouvait se prévaloir de cette idée pour attaquer l’union hypostatique ? En effet, dans le cas de l’union hypostatique, qui a vaincu Satan ? Est-ce un homme? N'est-ce pas Dieu le Verbe en personne, non sans doute par sa nature divine, mais par sa nature humaine ? Celle-ci, n'étant pas une personne, une hypostase, ne s’appartient pas; elle est un instrument entre les mains de Dieu le Verbe, et c’est à Dieu le Verbe qu'il faut attribuer la victoire. Il y a dès lors une disproportion
attribuer la rédemption à Dieu lui-même, mais sa véritable pensée ne tarde pas à se trahir. Voir, par exemple, le Livre d’Héraclide, p. 70.
1, CyriLL. ALEx., De Incarnatione Domini. ». ο., t. LXXV, col. 1444. Rivière» ΟΡ. cit., p. 428-429.
immense entre l’'Adam du paradis terrestre et le Crucifié du Golgotha. Le premier n'était qu'un homme; le second est une personne divine unie à la nature humaine. Dès lors, l'équilibre exigé par la justice est rompu. En fait, Satan n’a pas été vaincu par une personne humaine, mais par une personne divine.
Le logicien rigoureux qu'était saint Grégoire de Nysse s’était aperçu de ce vice de forme. Obligé de reconnaître que c'était Dieu qui avait vaincu le démon, mais Dieu dissimulé sous le vêtement de la chair pour tromper l'ennemi !, il légilimait cette supercherie en disant que Dieu avait justement trompé le démon, parce que celui-ci avait trompé l'homme. « Car il faut appliquer à chacun les principes qu'il a posés, de même qu'on ne tire de récolte d’un champ que suivant la semence qu'on y a mise. C’est ainsi que le diable a recueilli justement les principes qu'il avait semés. Il avait trompé l’homme par l’appât du plaisir; il est trompé par l’apparence humaine du Sauveur, Il y a cependant une différence, mais qui est tout à l'avantage de Dieu. Le diable avait usé de fraude pour perdre les hommes ; Dieu en use pour les sauver ὦ. »
Nestorius ne pouvait envisager la question sous cet angle. Admettant dans le Christ deux personnes, la personne divine et la personne humaine, il ne pouvait voir dans la solution de saint Grégoire de Nysse qu’une vaine échappatoire. Lui seul, avec son dualisme hypostatique, était à même d’accorder au démon une justice complète et de le faire vaincre par upe personne humaine. Iln'a pas manqué de tirer avantage de sa position et d'attaquer à la fois, au nom des droits du démon, la christologie arienne, la christologie apollinariste et la cyrillienne :
« Ni ceux qui disent, comme les Ariens, que la chair a été
1. « Dieus’est caché sous le \oile de notre nature : le diable, comme un poisson vorace, en se précipitant sur l’appât de l'humanité, s’est pris à l’hamecon de la divinité. — 11 pensait le tenir dans la mort comme un homme. Mais le Christ a agi suivant sa nature : lumière, il a dissipé les ténèbres; vie,il a détruit la mort ». Greg. Nyss., Oratio catech. magna, 26. Ῥ. 6., t. XLV, col. 68- 69. RIVIÈRE, p. 385-386.
2, RIviÈRE, p. 386.
unie à Dieu le Verbe par une composition naturelle et qu'il souffrait dans sa nature, ni ceux non plus qui disent que l'union ἃ eu lieu avec une chair animale, ni ceux qui disent qu'elle eut lieu avec l'âme raisonnable et la chair, en sorte qu'il souffrait par une sensibilité naturelle les souffrances du corps et de l'âme sensilive {, ne laissent subsister vraiment la notion de l’'Incarnation. N'avouent-ils pas ainsi que c'est par tromperie que Salan a élé vaincu par celui qui avait élé vaincu ; celui-ci ne l'ayant pas vaincu par sa propre force, mais ayant eu besoin d'un défensenr, c'est-à-dire de Dieu son créaleur, qui combaltait ou bien ouvertement, ou bien d'une façon cachée ? Dès là que Satan, sans avoir allaqué Dieu, a élé vaincu par lui, c'est Salan qui a vaincu, parce qu'il a prouvé que l'amour de Dieu envers l'homme est inique et que l’exallation de l'humanilé a lourné en quelque sorte à la honte de lous et à l'humble adoration de toute autorité et de loule puissance. Si Dieu voulait en agir ainsi avec l'homme, il était inutile de recourir à cette ruse et à cette tromperie, car il fait tout ce qu'il veut. Ce subterfuge d’ailleurs ne pouvait couvrir (sa réputation) ; car celui qui cherche à se cacher est à lui-même son propre accusateur. Ils en arrivent ainsi à dire le contraire de ce qu'ils veulent; ils compromettent Dieu et plaident la cause du démon ?. »
En vérité, il faut reconnaître que Nestorius a raison et que la logique est de son côté. Poussée jusqu'au bout, la théorie des droits du démon, même sous la forme mitigée de l’abus de pouvoir, conduit au nestorianisme, voire à la négation radicale de la divinité du Rédempteur. 1] s’en faut du reste que les Pères l’aient prise avec cette rigueur. C'était pour eux une fiction poétique plutôt pu’une doctrine arrêtée, une sorte de rhétorique théologique destinée à dramatiser la défaite du démon. Comme le dit M. Rivière, qui a étudié la question de près, « on peut mettre en fait, sans crainte d’être démenti, que pour exprimer l’œuvre rédemptrice du Sauveur, pas un seul des Pères ne s’en est jamais contenté; et que,
1. Allusion à la doctrine cyrillienne, telle que Nestorius affecte continuelle-
ment de la comprendre.
be pop, »
chez ceux-là même qui l'ont le plus complètement adoptée, elle reste à un rang secondaire, d’où bientôt une meilleure théologie ne devait pas tarder à la bannir! ». Quelque habileté qu’ait déployée Nestorius en l'exploitant à son profit, chez lui aussi, nous l’avons vu, elle est reléguée au second plan. Ce que nous allons dire de sa doctrine sur le sarcerdoce de Jésus-Christ achèvera de le montrer.
$ ΠΙ. — Jésus prêtre.
C'est dans l’Epître aux Hébreux que Nestorius trouvait les textes les plus favorables en apparence à sa christologie ?, et comme cette épitre traite spécialement du sacerdoce de Jésus- Christ, il a été amené à parler incidemment du Sauveur considéré comme le grand-prêtre de la Nouvelle Alliance. Il affirme d’abord que ce n’est pas Dieu le Verbe qui est prêtre, mais la personne humaine du Christ :
« Si quelqu'un dit que le Verbe qui existait au commencement est devenu le pontife et l’apôtre de notre foi et s’est offert lui-même pour nous, au lieu de dire que cet apostolat est propre à l’'Emmanuel; s’il attribue le sacrifice de la même manière à l’auteur de l’union et à celui qui a été uni pour ne former qu’un seul Fils, refusant ainsi de donner à Dieu ce qui vient de Dieu et à l’homme ce qui revient à l'homme, qu'il soit anatthème3. »
« Considérez, (dit saint Paul), l’apôtreet le grand-prêtre de votre foi, Jésus-Christ, qui a élé fidèle à celui qui l’a élabli, comme le fut Moïse dans toute sa maison (Hebr. 111, 1)... Entendant le nom d’apôtre, ils songent aussitôt que Dieu le Verbe est cet apôtre ; lisant le titre de grand-prêtre ils s’imaginent que le grand-prêtre, c’est la divinité : idée étrange et insensée. Comment en effet ne pas voir que cette appellation
1. RIVIÈRE, ΟΡ. cit., p. 486. Parlant de la théorie de l’abus de pouvoir, M. Rivière écrit, p. 414 : « Nous sommes bien en présence d’une théorie nouvelle, indépendante de la première (la théorie de la rançon) et, à tout prendre, inoffensive, sinon tout à fait satisfaisante. » Nestorius vient de nous prouver qu’elle n’était pas si inoffensive que cela.
2. Voir la table des citations dressée par Loofs, p. 394, et celle de Nau pour le Livre d’'Héraclide, p. 394.